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EEMNI - 08.12.2014   Retour à l'aperçu

Le CPDH participe à la campagne contre l'euthanasie - Position des AFC

[Credits] SOULAGER MAIS PAS TUER

Vendredi 28 novembre 2014, le Collectif « Soulager mais pas tuer » a lancé une première campagne de mobilisation dans 60 villes françaises « contre l'euthanasie, sous toutes ses formes, et contre le suicide médicalement assisté ». Parrainé par Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique dont le témoignage a inspiré le film « Intouchables », ce collectif rassemble plusieurs associations dont Soigner dans la dignité, Convergence soignants soignés, Alliance Vita, l'Institut Européen de Bioéthique, 100% vivants et le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine (CPDH)..

Les députés Alain Claeys et Jean Leonetti doivent très prochainement remettre le rapport de la mission sur la fin de vie qui leur a été confiée. Le CPDH avec tout le collectif « soulager mais pas tuer » lance un appel à un engagement sans compromission dans la voie de l’accompagnement des personnes malades, dépendantes ou en fin de vie dans le respect de leur dignité. Le CPDH s’inquiète notamment d’une des propositions évoquées : celle de la sédation terminale et rappelle la position des protestants de France :

« La loi Léonetti de 2005 permet de prendre en compte les droits du malade en fin de vie. Il apparaît qu’elle est méconnue et parfois même dénigrée par les soignants. Nous avons la conviction que les soins palliatifs doivent être développés ; or ce développement se heurte au « faible degré de sensibilisation du grand public aux réalités et aux enjeux de la fin de vie […], c’est bien le manque d’information (notamment sur l’offre disponible) qui induit une inégalité d’accès aux soins palliatifs. Au-delà de la question de l’offre de soins et d’accompagnement, c’est bien le défi de la diffusion d’une “culture palliative” partagée par l’ensemble des professionnels de santé qui doit être relevé.»

AGIR :

Alors que le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone vient de prendre position pour l'euthanasie et le suicide assisté et qu’une proposition de loi (Europe Ecologie Les Verts) sera discutée le 29 janvier 2015, réaffirmons ensemble «l'interdit de tuer» comme fondement de la confiance entre soignants et soignés et de notre pacte social.

Défendons ensemble les soins palliatifs et la protection des personnes âgées, dépendantes ou en fin de vie contre tout basculement vers l'euthanasie.

Mercredi 10 décembre, qui est la Journée Internationale des Droits de l'Homme, des rassemblements citoyens auront lieu à Paris, Antibes et Poitiers..
Nous vous invitons à ces rassemblement citoyens pour dénoncer la menace de l'euthanasie en France, et notamment celle de l'euthanasie masquée par "sédation terminale". Ces rassemblements ont vocation à mobiliser un grand nombre de personnes dans des lieux symboliques :

- sur le Parvis des droits de l'homme (esplanade du Trocadéro) à Paris à partir de18h30

- devant les mairies des villes d'Antibes (16h) et de Poitiers, dont les maires sont respectivement Jean Leonetti et Alain Claeys.
Lors de ces rassemblements, des discours seront prononcés par différents porte-paroles du mouvement Soulager mais pas tuer (comme lors des conférences de presse du 28 novembre.

PRIER :

- Prions pour les porte-paroles du collectif « Soulager mais pas tuer » qui doivent s’exprimer publiquement.

- Prions pour Jean Léonetti et Alain Claeys afin qu’ils referment la porte à toute tentative de démantèlement de l’actuelle loi sur la fin de vie.

- Prions pour les personnels soignants de notre pays afin que Dieu renouvèle leur zèle et exprimons notre reconnaissance à ceux que nous côtoyons et connaissons.

LA POSITION DES ASSOCIATIONS FAMILIALES CATHOLIQUES SUR LA QUESTION DE L'EUTHANASIE

Le rapport Leonetti-Claeys ouvre-t-il une porte à un droit à mourir ?

Le rapport CLAEYS-LEONETTI sur la fin de vie a été remis ce matin au Président de la République. Il est le point d’orgue d’une série d’avis demandés par le chef de l’Etat qui s’était engagé, lors de sa campagne, à « introduire la possibilité de bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité, dans des conditions précises et strictes ».

Que dit réellement le projet ?

Ce rapport a la volonté de créer de « nouveaux droits en faveur des malades et personnes en fin de vie » à partir de deux demandes qui, selon les auteurs, imprègnent l’ensemble du débat actuel :

- voir ses volontés respectées,
- être accompagné jusqu’à une mort apaisée.

Le projet propose une évolution de la loi existante :

- les directives anticipées deviennent contraignantes, sauf exception dont le médecin devra se justifier,
- un nouveau droit est donné au patient, le droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès, quand la souffrance est réfractaire, dans le cas d’un arrêt de traitement, lorsque le malade est en phase terminale de la vie, c’est-à-dire celle où le pronostic vital est engagé à court terme.
De plus le texte identifie la nutrition et l’hydratation artificielle comme un traitement, elles seront donc concernées par ces nouvelles mesures.

Un projet dans l’esprit de la loi Léonetti bien que plus contraignant

Nous apprécions que le texte affiche la volonté de faire des propositions sur l’accompagnement et la souffrance en fin de vie. Il rappelle l’importance du développement des soins palliatifs par la formation des médecins et le décloisonnement entre soins curatifs et soins palliatifs. Des points que les AFC soutiennent entièrement.

Les AFC déplorent cependant que le rapport, en instaurant de nouveaux droits pour le patient, créé également l’obligation, pour le corps médical, dans le cas d’un arrêt de traitements en phase terminale (dont l’hydratation et la nutrition), d’administrer au patient une sédation profonde et continue jusqu’à la mort, ne laissant aucune place à une objection de conscience.

Une mort qui n’est pas provoquée mais…

Cette sédation terminale provoque l’altération totale de la conscience jusqu’au décès, afin de soulager la souffrance et d’abréger la période ultime de la vie.

Cette sédation profonde et continue jusqu’à la mort, si elle n’est pas, comme l’avaient annoncé certains, une aide à mourir, va néanmoins plus loin que le seul soulagement des souffrances du patient. Si ce projet devient loi, cette zone ténue entre « donner la mort » et « soulager jusqu’à la mort » s’atténuera encore plus, au risque de préparer les esprits à un basculement vers un droit à mourir.

AFC


Source: CPDH Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine

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