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EEMNI - 02.05.2013   Retour à l'aperçu

FAUT-IL FAIRE UNE PLACE À LA FEMME ?

[Credits] PAR BERTRAND RYCHEN, ÉGLISE MENNONITE DE LA RUCHE, SAINT-LOUIS, MEMBRE DU COMITÉ DE RÉDACTION DE CHRIST SEUL

La disparition récente du résistant Stéphane Hessel rappelle la nécessité de s’indigner. Pour des causes justes. La place de la femme en société en est-elle ? Questionnement des extrémités du monde à notre rez-de-jardin par Bertrand Rychen dans le cadre de la chronique Actu commune à Christ Seul et à En route.

Du Yémen aux Femen


Contraste saisissant à l’échelle de la planète : c’est le cliché d’une femme en niqab au chevet d’un blessé, comme icône des « printemps arabes », qui a été récompensée par le prix international du World Press 2011 (Samuel Aranda, World Press Photo of 2011).

Contraste yéménite quand les femmes se battent pour la dignité humaine dans un petit pays si pauvre, où l’idée de religion aboutit à une relégation sociale de la place qui leur est faite.

Le phénomène plus récent des Femen interroge : ce mouvement de contestation né en Ukraine, dont le but est de défendre les droits des femmes mais aussi la démocratie, a organisé plusieurs manifestations de femmes défilant seins nus. Faut-il que l’intimité féminine soit ainsi jetée en pâture aux yeux du monde pour que soit reconnue une cause juste ?

(In)décence et publicité

Plus près de nous, le corps de la femme est devenu un produit d’appel utilisé à tout va, quand il s’agit d’attirer le consommateur occidental, dont nous sommes. Incrustation érotisée du corps dans les médias de masse en France, en témoigne de récentes publicités grandeur nature censées (r)amener les hommes au gymnase pour y assister à des rencontres de handball féminin : ce sont des attributs féminins à connotation sexuelle qui ont été affichés, loin d’une quelconque idée d’intérêt sportif… Ou quand la recherche d’une prétendue vertu, la mise en valeur du sport féminin, a recours au vice : pédagogie erronée à but lucratif avéré.

Regard de Jésus

La condition de la femme accuse-t-elle un retard tel sur celle de l’homme que cela justifie pareil machisme ?

Jésus a considéré la femme rejetée (une Samaritaine) et pardonné une pécheresse (la femme adultère), signe de son profond respect pour la nature humaine ; pas de sublimation de la féminité chez le Fils de Dieu, mais un regard plein d’amour et un plaidoyer pour la dignité, comme envers l’homme. Dans l’exemple du parfum déversé par une femme pourtant décriée, Jésus a loué le mérite et la prise d’initiative (Mt 26.6-13).

Ailleurs, il a valorisé la foi du centenier romain (Lc 7.1-10), sans jamais accentuer le genre de la personne : seule compte la réalité d’actes justes.

Inégale parité !

François Dubet, sociologue français, a posé trois critères qui aident l’individu, au travail, à juger si ce qu’il subit et fait, est juste ou non : l’égalité, le mérite et l’autonomie. La notion très en vogue aujourd’hui de parité insiste presqu’exclusivement sur la valeur « égalité ». Mais c’est une vue très partielle de la question des rapports homme-femme.

Nous avons, tous, besoin de savoir si ce que nous mettons en œuvre – au sein de la famille, de l’entreprise ou de l’Église – est reconnu. L’être humain s’épanouit davantage lorsqu’il a le loisir d’organiser — au moins en partie — son activité comme il le souhaite et qu’il peut ainsi s’exprimer.

Notre regard

Aujourd’hui, nous autres hommes avons à militer pour un traitement à égalité des compétences, à reconnaître le mérite et la prise d’initiative de la femme ; mais aussi à éviter toute condescendance, qui souligne la prétendue faiblesse de celle-ci, là où la différence des sexes ne doit pas signifier supériorité du mâle.
Cette interrogation quant à la place de la femme en société révèle en réalité un abus de la pensée : l’alliance conclue avec Abraham, dans laquelle Dieu s’était engagé il y a très longtemps à réconcilier l’humanité, s’est réalisée en Christ. Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Christ Jésus (Ga 3.28).
Que l’Esprit du Seigneur nous inspire des regards d’amour et de respect mutuel entre êtres créés à son image!


Source: En route

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