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EEMNI - 01.07.2013   Retour à l'aperçu

CA 2013: publication de la Conférence du professeur Stephan Marks «Honte et infamie»

[Credits] La conférence du professeur Stephan Marks «Honte et infamie» présentée au cours de la Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord (du 6 au 9 juin à Berne) est à présent accessible sur le net parmi les documents de la Conférence. En voici le début.

Une interprétation littéraire de la honte est donnée par Salman Rushdie, dans son livre "LA HONTE".

Représentez-vous la honte comme un liquide, disons comme une boisson sucrée sortant d'un automate. Vous appuyez sur le bon bouton, un gobelet tombe et recueille le flux de liquide souhaité.

Je voudrais aborder cette notion de "Dignité" humaine et la concrétiser sous un angle psychologique.

En revenant au livre de Salman Rushdie, l'auteur relate comment la honte des parents se déverse dans l'âme de l'enfant. Pour situer le cadre : une naissance, le père, patriarche militant, réagit avec colère à l'annonce de la naissance de son premier-né ; ce n'est qu'une fille ! Cela amena le bébé à rougir. Dès sa naissance, elle avait honte. La petite fille grandit, handicapée dans son esprit et devint finalement une meurtrière.

Dans cette scène, plusieurs aspects importants de la honte sont mentionnés :

- son développement commence très tôt ; en effet dès le premier contact avec les parents
- la signification se reflète dans le regard, dans les yeux
- la qualité du regard est déterminante, à savoir si l'on regarde l'enfant avec amour ou dédain
- la honte se rattache aussi aux valeurs et aux attentes des parents, voire de la société ; ici c'est le régime patriarcal et l'attente que l'enfant premier-né soit bien évidemment un garçon.
- la honte est souvent dirigée du haut vers le bas, des plus forts vers les plus faibles
- cette transmission de honte s'opère de manière transgénérationnelle ; elle peut se transmettre sur beaucoup de générations, sur des centaines d'années.

- à cette transmission de honte se rattache souvent toute une culture ; depuis l'éducation dès la plus petite enfance jusqu'à l'école, la formation adulte et militaire, les médias.

Jusqu'ici une description littéraire de la honte que je voudrais à présent compléter -le plus courtement possible- avec une information de base du point de vue psychologique, sociologique et de recherche de la pensée. Je me réfère avant tout à Léon Wurmser, Micha Hilgers, Michael Lewis, Donal Nathanson et Allan Schore.

Petit rappel : qu'est-ce que la honte ? La honte est universelle. Toute personne connaît la honte ; elle fait partie de l'être humain
- même si elle se manifeste différemment selon chaque individu
- et différemment en fonction du sexe, de l'appartenance culturelle.

La honte est un sentiment gênant, difficile à exprimer par des mots.
Elle se manifeste souvent par une réaction corporelle, lorsqu'on pique un fard.

Celui qui a honte se retire, se réfugie en lui-même, voudrait disparaître sous terre.

Le langage corporel montre que la personne qui a honte s'enroule sur elle-même. (cf. le hérisson).

La honte rend narcissique, la honte isole, elle sépare les gens, en tout cas aussi longtemps qu'elle est inconsciente.

La honte peut être de durée variable - elle peut être une affection passagère ou devenir un trait de caractère chronique.

Elle peut varier en intensité - d'une légère gêne jusqu'à la perte totale de confiance en soi et au sentiment dégradant de n'être qu'un bon à rien.

La honte peut se manifester dans chaque rencontre entre des humains. Voilà pourquoi, pour les personnes qui travaillent avec d'autres, il est important de reconnaître la honte, de la comprendre et de réagir de manière compétente.

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