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EEMNI - 07.12.2013   Retour à l'aperçu

Graça Machel, épouse de Nelson Mandela, reçoit un doctorat honorifique lors de la célébration du 10e anniversaire de l’Université de l’Afrique. Une photo de 2002 fournie gracieusement par l’Université de l’Afrique.[Credits] La mort de l’ancien président sud-africain et lauréat du Prix Nobel de la paix, Nelson Mandela, a causé une grande peine dans les églises. Il est mort le 5 décembre à l’âge de 95 ans à Johannesburg. Celui qui a lutté contre l’apartheid a été emprisonné 27 ans en Afrique du Sud. De 1994 à 1999, le méthodiste a servi son pays comme président.

Ses liens avec le méthodisme


Tout au long de sa vie, Nelson Mandela avait établi de nombreux liens avec le méthodisme.

Diplômé d’une école méthodiste où des dirigeants africains ont été formés en grand nombre, le champion de la lutte contre l’apartheid a été encadré par des prédicateurs et des éducateurs méthodistes et en prison il s’est lié avec un aumônier méthodiste.

En tant que président de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela a travaillé avec les dirigeants de l’Église dans l’élaboration d’une nouvelle nation et finalement il s’est marié avec Graça Machel, une méthodiste unie, veuve de l’ancien président du Mozambique et défenseur des femmes et des droits des enfants.

Lorsque ce couple a fait une apparition surprise au Conseil Méthodiste Uni des évêques lors d’une réunion en novembre 2006 à Maputo, au Mozambique, l’évêque Janice Huie, alors présidente du conseil, a déclaré que le groupe avait été "béni" par leur présence. « Nous avons été en compagnie de saints et nous le savons, et nous en sommes reconnaissants », dit-elle.

Le Conseil méthodiste mondial a reconnu Mandela comme un « symbole de la liberté, de la justice et de la paix »" quand il lui a remis son Prix de la paix en l’an 2000.

« En tant que leader national et mondial, son nom est synonyme de réconciliation », a déclaré Frances Alguire, président du conseil, à l’annonce du prix. « En tant que personne, Mandela est remarquablement exempt d’amertume. Sa vie reflète les qualités du Prix mondial, méthodiste de la paix ».

Ses anciennes racines méthodistes

Mandela est né le 18 juillet 1918, à Mvezo dans l’Eastern Cape et diplômé de Healdtown, un pensionnat créé par des missionnaires méthodistes en 1845. Le révérend Seth Mokitimi était l’aumônier de l’école. Prédicateur et éducateur méthodiste reconnu qui a été en 1964 le premier Noir à se faire élire à la tête d’une dénomination majeure en Afrique du Sud a exercé une grande influence sur Mandela.

Un nouveau séminaire méthodiste s’est ouvert en 2009 au sein de l’Université de KwaZulu-Natal, près de Durban, qui porte le nom de Mokitimi, décédé en 1971.

En tant que leader impliqué dans la lutte contre le système de l’apartheid, Mandela a été condamné à la prison à vie à Robben Island en 1963. Le révérend Peter Storey, pasteur méthodiste, a servi comme aumônier de Mandela et d’autres prisonniers.
Storey, ancien président de l’Église méthodiste d’Afrique australe, est également devenu un proche collaborateur de l’archevêque anglican Desmond Tutu dans la lutte que l’Église a menée contre l’apartheid.

Libéré de prison le 11 février 1990, Mandela a été élu président de l’Afrique du Sud en 1994. Il a chargé Storey de constituer la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud. Créée en 1995, cette commission a attiré l’attention du monde entier et servi de modèle dans le règlement des conflits par la voie de la réconciliation et du pardon.

« Nous savions que nous avions besoin de vérité pour construire une nouvelle nation », a déclaré Storey en 2005 quand il a été professeur à la Duke Divinity School. « Sans vérité, point de guérison. Sans pardon, point d’avenir».

L’Église face à un défi

Après l’élection de Mandela, les dirigeants méthodistes ont reconnu le « rôle essentiel » de l’Église dans la création d’une nouvelle Afrique du Sud. « Le plus grand défi pour l’Église, c’est d’apprendre à travailler avec un gouvernement qui est légitime », a alors déclaré l’évêque H. Mvume Dandala lors d’une interview en 1998 à l’UMNS à New York.

Mais on pouvait aussi lui reprocher sa réticence à la critique. « Nous sommes toujours encore dans l’euphorie d’avoir notre propre gouvernement et il n’est pas toujours facile d’attirer l’attention sur ce qui pourrait être mauvais », a expliqué Dandala. Les Églises devraient également aider à poursuivre le processus de guérison entamé par la Commission Vérité et Réconciliation, a-t-il dit.
Mandela a pris sa retraite en tant que président de l’Afrique du Sud en 1999 au terme de son mandat, mais il a continué à avoir une influence à la fois globale et locale sur le continent africain. Le 18 juillet 2009, son anniversaire a été déclaré Journée internationale Nelson Mandela et est devenu un événement annuel au service de la communauté.

L’Église Méthodiste en Afrique du Sud a été lancée en 1836 par les méthodistes britanniques et est devenue autonome en 1883. Aujourd’hui, elle est composée de six pays d’Afrique australe, et 2,5 millions de personnes se rattachent à la dénomination.

Hommages multiples
En Grande Bretagne


La pasteure Ruth Gee, présidente de la Conférence méthodiste, a déclaré : « Nelson Mandela est considéré comme l’un des pères de l’Afrique. Sa façon persistante de se lever pour la justice a inspiré les Africains et le monde entier. En tant que leader, une de ses qualités les plus impressionnantes était l’accent qu’il a mis sur la paix et la réconciliation dans le régime post-apartheid.

« Nelson Mandela a fréquenté les écoles de la Mission méthodiste au cours de ses années de formation. Sa compréhension des valeurs chrétiennes s’est reflétée dans sa passion pour la justice sociale. Les représentants de l’Église méthodiste de Grande-Bretagne qui ont eu la chance de rencontrer Mandela ont parlé de lui avec admiration : il était un leader accueillant, aimable et charismatique d’une capacité exceptionnelle qui n’a pas conservé de ressentiment pour ce qui lui était arrivé. Pendant ses années de prison à Robben Island, Mandela avait été visité par un aumônier méthodiste. Il restera toujours aimé et honoré dans nos cœurs ».

Roy Crowder était le secrétaire du département de l’Afrique de l’Église méthodiste de Grande-Bretagne de 1999 à 2009. Il a vécu à Cape Town de 1983 à 1999, où il a travaillé comme chargé de cours à l’Université du Cap occidental, et a rencontré Nelson Mandela à trois reprises.

Il a dit : « Alors que la crise en Afrique du Sud s’aggravait à la fin des années quatre-vingt, il est devenu clair que le gouvernement était en négociation avec l’ANC. Les journaux ne pouvaient toujours pas imprimer la photo de Nelson Mandela, mais ils discutaient intensément de son futur rôle. Personne n’aurait pu être à la hauteur des attentes exprimées au cours de cette période frénétique. Mais miraculeusement, Mandela a été l’homme de la situation ! Il a grandi pour être le leader politique mondial sans pieds d’argile, il a été exactement ce que ses partisans avaient prévu lors de la campagne : Libérez Mandela. Il a même risqué d’aliéner ses supporters en enfilant le maillot de rugby des Springboks et en prenant le thé avec Betsie Verwoerd, la veuve de l’homme qui l’a emprisonné. Ces actions emblématiques ont inculqué un esprit d’unité dans la politique d’un pays tragiquement divisé ».

L’héritage de Mandela
Pour le COE

Désignant Nelson Mandela comme un leader rempli de sagesse et de maturité sans équivalence à notre époque, Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE), a remercié Dieu pour la vie de Mandela, qu’il a décrite comme un cadeau pour l’Afrique du Sud et le monde entier.

Le Conseil œcuménique des Églises a salué l’autorité et la sagesse morales de Mandela. Après des siècles de colonialisme, d’oppression et de discrimination, il a rendu aux Africains une grande part de leur dignité comme « libérateur par la force de sa remarquable personnalité », a déclaré le Secrétaire Olav Fykse Tveit (Genève).

Tveit a rappelé la visite de Mandela dans les bureaux du COE à Genève en 1990, peu après sa sortie de prison. Mandela a alors exprimé sa gratitude pour le soutien des Églises dans la lutte contre l’apartheid.

En tant que président d’Afrique du Sud, Nelson Mandela a pris la parole lors de la 8e Assemblée du COE à Harare, au Zimbabwe en 1998. Il a loué les efforts des Églises contre l’apartheid en Afrique du Sud, ainsi que l’effort des missionnaires pour relever le niveau de l’éducation en Afrique, effort dont il a été bénéficiaire comme enfant.

Mandela a dit : «… Il faut avoir été dans une prison de l’apartheid en Afrique du Sud pour apprécier l’importance de l’Église. On a essayé de nous isoler complètement de l’extérieur. Nos parents ne pouvaient nous voir seulement une fois tous les six mois. Nous avions des liens avec des organisations religieuses, chrétiennes, musulmanes, hindoues et juives. Ils étaient les fidèles qui nous ont inspirés ».

Dans sa réaction à la mort de Mandela, le Dr Agnes Abuom, modératrice du Comité central du COE, a déclaré : « Nous remercions Dieu de nous avoir donné Mandela pendant 95 ans. Par sa vie et ses œuvres, il est devenu une icône de la dignité et de la liberté pour tous les êtres humains ».

« Nous nous souviendrons de Mandela pour le pardon qu’il a accordé à ses ennemis ainsi qu’aux praticiens de l’apartheid, une qualité très rare chez les dirigeants du monde d’aujourd’hui ».

La Fédération luthérienne mondiale

La Fédération luthérienne mondiale (FLM/Genève) a salué Mandela comme l’« une des personnalités les plus inspirantes » de notre temps ». « Il représente la fidélité aux principes, il a lutté pour la justice et a mis en Œuvre la paix », a déclaré le président de la FLM, Munib A. Younan (Jérusalem), et le Secrétaire général Martin Young.

L’Église protestante d’Allemagne (EKD)

Le Président du Conseil de l’EKD, Nikolaus Schneider (Berlin), a qualifié la mort de Mandela comme une perte douloureuse. Il a été un remarquable « ambassadeur de la conscience, et de la bonne espérance », écrit Schneider à l’ambassadeur de la République d’Afrique du Sud. Le monde vient de « perdre un de ses dirigeants les plus remarquables et en même temps les plus humbles ».
Le président de l’Église protestante de la Hesse-Nassau, Volker Jung (Darmstadt), trouve impressionnant le fait que Mandela n’ait pas songé à se venger malgré près de trois décennies de détention : « Mandela a montré que l’on peut faire une grande politique, quand on croit en la puissance du pardon ». Le Prix Nobel de la paix a refusé d’être vénéré comme un saint. Dans une interview à la chaine de TV ARD, il avait déclaré : « Non, je ne suis pas un saint. Je suis un pécheur qui cherche sans arrêt à s’amender ».

7 décembre 2013

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Source: idea/umns/COE/Eglise méthodiste de Grande Bretagne/eemni

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