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EEMNI - 30.04.2013   Retour à l'aperçu

Pakistan : la situation des chrétiens toujours encore précaire

[Credits] Lahore: Un groupe d'extrémistes musulmans a attaqué le 9 mars 2013 une enclave chrétienne à Badami Bhag Lahore et incendié plus de 200 maisons de chrétiens après une petite dispute entre jeunes chrétiens et musulmans dans un jeu de billard à proximité de l’enclave Joseph.

Selon le Pakistan Christian Post, de jeunes chrétiens et musulmans en train de jouer au billard ont eu des mots durs les uns avec les autres : de jeunes musulmans ont accusé un jeune chrétien Sawan Masih d’avoir profané le nom du Prophète Mohammed au cours des plaidoiries.

Le différend entre les jeunes chrétiens et musulmans a été réglé par quelques anciens mais un garçon musulman s’est approché du quartier de la mosquée et a signalé les commentaires blasphématoires du garçon chrétien.

L’annonce a été faite par haut-parleur à partir de la mosquée, après quoi plus de deux mille musulmans réunis autour de l’enclave Joseph et demandaient aux chrétiens de quitter leur foyer à moins que tout le monde ne meure dans l’incendie qu’ils déclencheraient.

Après les menaces de la foule musulmane, des centaines de familles chrétiennes ont fui l’enclave Joseph au soir du 8 Mars 2013.

La foule musulmane a attaqué de nombreux chrétiens âgés, des femmes et des enfants et les ont torturés pour qu’ils ne quittent pas la zone.

Pendant ce temps, la police de Bagh Badami s’est approchée des lieux et a arrêté Sawan Masih au nom de l’article 295 C PPC de la loi sur le blasphème.

Le 9 mars, plus de trois mille extrémistes musulmans ont attaqué l’enclave Joseph et ont fait sortir les motos et les autres meubles des maisons de chrétiens avant de les incendier. La foule de musulmans après mis le feu aux affaires ont aussi commencé à brûler les maisons avec des produits chimiques qu’ils avaient apportés avec eux. Plus de 200 maisons de chrétiens ont été incendiées tandis que des policiers se tenaient silencieux et n’ont pas cherché à arrêter la foule.

Lahore est la capitale de la province du Pendjab et le quartier général des Rangers, siège de la police, mais personne n’a été envoyé pour stopper la violence dirigée contre les chrétiens, alors que le ministre en chef du Punjab a son secrétariat dans cette ville.

Punjab est le refuge d’une organisation terroriste interdite mais protégée par le groupe au pouvoir Nawaz de la Ligue musulmane du Pakistan auquel ils sont alliés.

Le ministre en chef du Punjab s’est contenté de transférer à Lahore l'agent de police responsable de ne pas avoir protégé les chrétiens de cette ville du Pendjab Gojr au lieu au lieu de le poursuivre devant la justice : dans cette ville, une foule de musulmans a mis le feu à plus de 60 maisons et 7 enfants vivants, femmes et personnes âgées chrétiens ont péri dans le feu.

L'attaque de la foule musulmane sur le village de Korian et Kasur s'est produite quand le PML (N) était au pouvoir au Pendjab.

On estime à 18 millions le nombre de chrétiens au Pendjab, juste en seconde position après les musulmans.

Dr Nazir S Bhatti, président du Pakistan Christian Congress PCC, a fermement condamné l’attaque des propriétés chrétiennes de l’enclave Joseph à Lahore et exigé l'arrestation des coupables.

«Le gouvernement du Pendjab a failli à sa mission d’assurer la sécurité des personnes et des biens à 18 millions de chrétiens du Pendjab et le temps est venu pour les chrétiens puisse prendre les bonnes mesures», a déclaré Nazir Bhatti

Selon l’évêque méthodiste Asher Kamran, président du Mouvement de toutes les minorités au Pakistan (All Pakistan Minorities Movement) joint par internet, «170 maisons chrétiennes ont été brûlées par les Musulmans. Les gens manquent à ce jour de nourriture, ne disposent pas de toit ni de lit. La somme modeste que le gouvernement leur fournit en guise de dédommagement est loin de suffire à répondre à leurs besoins. Son mouvement vise le retrait de la loi sur le blasphème et un regain de compassion du monde entier pour le Pakistan.» Il lance un appel à la prière pour les victimes de ces violences.

Ses interventions auprès de la police locale pour obtenir l’arrestation des auteurs de ces violences sont restées jusqu’ici sans suite tout comme ses appels réitérés au Premier ministre et Président. Devant l’inertie du pouvoir et la persistance des discriminations, son mouvement envisage une manifestation géante non-violente, ce qu’il appelle une marche des minorités dans les rues de Lahore à la manière de Gandhi jusqu’à ce qu’elles obtiennent gain de cause.

Son parti «All Pakistan Mouvement Minorities» proteste contre la loi sur le blasphème, dite C-295. L’APMM a pris la décision de prendre part en toute indépendance aux élections à venir (mai 2013) tout en ayant pas assez de ressources financières. Ce parti entend se battre en toute indépendance en faveur des droits des minorités pakistanaises, sur la loi sur le blasphème dite C-295 et pour la sécurité des églises, la sécurité des villages chrétiens et qu’il soit mis fin au chômage des minorités au Pakistan.

En attendant, ce parti travaille dans le domaine de la santé et de l’éducation. Il gère quatre hôpitaux dans quatre districts de la province du Pendjab, pour venir en aide aux minorités.

Adresses à toutes fins utiles

Bishop Asher Kamran: Head office:Christ Church near commissioner office Multan Punjab Pakistan.
Methodist Mission hospital, christian village no 13/MR Purana Dunia pur road Multan Pakistan.
Christian village no 13/MR purana Dunia pur road Multan.
Methodist mission hospital near reaza abad station Multan Pakistan
branch no 3.Methodist nission hospital near railway station shorkot district Jhang.
branch no 4.Methodist mission hospital 8 kasi highway road district khanewal
Facebook: Methodist Church in Pakistan

Complément tiré de La Vie

Au Pakistan, les candidats des minorités religieuses menacés

AYMERIC CHRISTENSEN


Le 11 mai prochain, les électeurs du Pakistan sont appelés à renouveler leur Assemblée nationale, ainsi que quatre assemblées régionales. Mais dans ce pays à forte majorité musulmane, les candidats ne se présentant pas pour le compte d'un parti islamique seraient menacés et risqueraient leur vie en se maintenant. Certains d'entre eux, face aux dangers encourus, se sont déjà retirés de la campagne et de la vie politique.

Lors d’une conférence de presse le 23 avril, la présidente du Christian Progressive Movement (CPM), Naila J. Dayal, a exposé les graves difficultés auxquelles sa formation politique se heurtait, à l'instar des candidats des partis laïques. Selon elle, les candidats du CPM, l’une des trois formations qui tentent de fédérer les suffrages de la minorité chrétienne du Pakistan (1,5 % de la population) subissent une « double pression ».

Aux assassinats et attentats qui ont lieu régulièrement, s'ajoutent les tentatives d'intimidation. Naila J. Dayal raconte par exemple avoir reçu un appel d’un de ses opposants qui lui affirmait qu’il suffirait de « seulement quelques sacs de farine » pour acheter les votes de ses électeurs.

Selon un décompte des médias pakistanais, 13 incidents liés à des violences électorales auraient déjà coûté la vie à 23 personnes et fait 54 blessés.

LA VIE


Source: Pakistanchristianpost.com / eemni

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