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EEMNI - 16.02.2008   Retour à l'aperçu

Algérie : rencontre avec le président de l’Eglise protestante d’Algérie ) - Intervention auprès du Quai d’Orsay

[Credits] Le pasteur Mustapha Krim, président de l’Église protestante d’Algérie (EPA), a rencontré son homologue français, le pasteur Claude Baty, président de la Fédération Protestante de France (FPF). Il répond aux questions du Service information-communication de la FPF.
 
Comment est organisé le protestantisme en Algérie ?


Plusieurs communautés sont rattachées à l’Église protestante d’Algérie fondée en 1972. Le protestantisme en Algérie était au départ méthodiste et réformé. Aujourd’hui, il est en majeure partie de sensibilité évangélique. Les protestants en Algérie sont minoritaires mais toutefois plus nombreux que les catholiques.

Combien comptent de communautés l’EPA ?

Aujourd’hui 32, une vingtaine d’autres sont en instance d’adhésion. Les Églises sont pleines, avec chacune en moyenne 100 à 150 paroissiens, pour certaines le double. Les locaux sont pour beaucoup exigus. En dépit des nouvelles lois de 2006 qui régissent l’organisation des lieux de culte, les autorités ne donnent pas d’autorisation pour la création ou l’aménagement de nouveaux lieux de culte conformes à la législation.

Est-ce que l’EPA est en croissance ?
Oui, cela correspond à un développement normal mais ne peut être qualifié de « nouveau » tel que les médias et les autorités le prétendent. L’EPA ne comprend pas que les 32 petites églises qui la composent fassent trembler les 35000 mosquées, dont une bonne partie est installée en Kabylie ! Alors que les communautés chrétiennes veulent vivre en paix, les médias ont tendance à exagérer ou caricaturer la présence et le nombre de chrétiens protestants. L’EPA se garde bien d’entrer dans le débat et de participer ainsi à la diversion.

Comment se forment les pasteurs ?
Certains ont été étudiants des facultés de théologie de Vaux sur Seine, d’Aix en Provence, ou encore de l’Institut protestant de Paris. D’autres se sont formés sur le terrain. La plupart des pasteurs ont en plus de leur ministère une activité professionnelle leur permettant de gagner leur vie. L’EPA a le souci de mettre en place un lieu de formation en Algérie, des sessions sont déjà organisées.

Quelle est la situation des relations interreligieuses ?

Il y en a peu avec les catholiques et relèvent plus souvent de l’initiative des protestants. Nous n’avons pas de débats particuliers avec les musulmans mais cependant se vivent parfois des rencontres informelles.

Qu’attendez-vous des relations avec les protestants de France ?
Leur solidarité et fraternité chrétienne et leurs prières. Nous comptons sur vous pour nous aider à faire appliquer en Algérie l’article 18 de la Déclaration des droits de l’homme qui garantit la liberté de pensée, de conscience et de religion et donc le droit d’exercer le culte de son choix.

Qu’est-ce qui pour vous est aujourd’hui source d’espoir dans le vécu de votre foi ?
Le champ médiatique dépasse largement les frontières et permet d’exprimer ce qui n’était pas possible de dire à une époque encore récente. Tout le monde a accès à l’info, chacun peut alors se faire son idée. La télévision par satellite joue un rôle essentiel dans la diffusion des idées, y compris dans le domaine religieux.

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Le Service information-communication de la FPF rend compte de l’intervention des présidents Mustapha Krim (EPA) et Claude Baty (FPF) auprès du Ministère des Affaires étrangères en faveur des chrétiens algériens

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), s’est rendu au ministère des Affaires étrangères avec le pasteur Mustapha Krim, président de l’Église protestante d’Algérie (EPA), le 6 février dernier. Ce rendez-vous avait pour objectif de faire part aux membres du cabinet ministériel de la situation de l’EPA. Claude Baty a signalé que les conditions de liberté de culte des chrétiens d’Algérie sont difficiles au regard des conventions pourtant ratifiées par l’Algérie et de l'ordonnance adoptée en 2006 par le pays. Les membres du cabinet se sont montrés intéressés et attentifs aux préoccupations exprimées respectivement par les deux pasteurs.
Des informations parvenues depuis à la FPF renforcent ce sentiment d’inquiétude à l’égard de la situation des chrétiens d’Algérie. Trois Algériens ont été condamnés chacun à trois ans de prison ferme et 500000 dinars (5000 euros) d’amende pour « atteinte à la religion et à la personne du prophète ».
L’application extrêmement rigoureuse des lois régissant les lieux de culte place bon nombre de communautés dans des situations d’exercice du culte particulièrement difficiles, voir impossibles. D’autre part, les chrétiens sont régulièrement stigmatisés dans des médias, ils y sont aussi accusés d’un prosélytisme qui est même assimilé à du terrorisme.

le 15 Février 2008


Source: Service information-communication de la FPF

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