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EEMNI - 16.10.2007   Retour à l'aperçu

Italie, Torre Pellice : Synode de l'Union des Églises méthodiste et vaudoise d'Italie du 26-31 août 2007

[Credits] Être Église ensemble

Lors de son synode qui s'est tenu du 26 au 31 août dernier, à Torre Pellice, l'Union des Églises méthodiste et vaudoise a abordé notamment la question de l'immigration et de ses conséquences pour les Églises protestantes en Italie. Le débat synodal a mis en évidence les points forts et les difficultés d'un processus que les protestants vivant en Italie veulent irréversible: «Être Église ensemble ».

Les débats sur la présence immigrée dans nos églises et à côté d'elles ont fait, semble-t-il, un petit pas en avant et à la fois indiqué un point d'arrêt. La phase de simple accueil, de surprise, de séduction est dans beaucoup de cas arrivée à son terme.

C'est vrai, désormais, dans beaucoup de nos communautés, la présence des personnes migrantes n'est plus une nouveauté. Nous avons découvert et nous nous sommes laissé interpeller par leur apport. Il est nécessaire de faire un pas de plus.

Le débat a utilisé la métaphore, non adoptée par tous cependant, du passage de la poésie à la prose. « Le choix métissé est fait. On ne revient pas en arrière. Nous voulons, a-t-il été dit, risquer le scandale de marcher ensemble, en combattant la tentation facile de l'apartheid. » La foi ne peut être témoignée, Jésus-Christ ne peut pas être annoncé dans un système à compartiments étanches.

Pourtant, dans la salle du synode, il n'y avait que deux délégués d'origine africaine, accompagnés d'une maigre poignée de soeurs et de frères d'origine orientale et latines. Une représentation qui n'est pas à la mesure de la réalité vécue dans les églises. Le synode a eu le mérite, une fois de plus, d'expliciter les tous premiers problèmes à affronter. Nous devons soutenir la campagne pour l'apprentissage de la langue italienne, non pour « coloniser» mais par souci de davantage d'équilibre et puis il faut affronter sérieusement la question épineuse du partage du pouvoir et des responsabilités, discours valable pour toute l'Église, au-delà des questions linguistiques et culturelles. Nous devons parler de la façon dont se forment les personnes dans les églises, de la façon dont nous pouvons et nous devons reconnaître les ministères déjà reconnus dans les Églises d'origine des frères et des soeurs migrants. Nous devons renforcer les relations avec les Églises d'origine (à quand la concrétisation de cette ancienne proposition d'accueillir un invité des Églises du Sud pour un an ?).

Nous devrons, ensuite, intégrer tout cela dans la discipline de notre Église. Maria Bonafede, qui préside la Table vaudoise, a rappelé une autre étape, certes évidente: « Si nous voulons être ensemble, nous devons construire ensemble. » « Ensemble» signifie prendre du temps, ne pas se hâter de faire une intégration de façade, cela signifie investir encore plus sur les nouvelles générations et sur ceux qui arrivent des églises du Sud avec une formation. Cela signifie réorganiser la formation: de la Faculté de théologie aux cours pour les prédicateurs et pour les moniteurs. Cela signifie aussi faire l'inventaire des expériences de méthodistes et de vaudois italiens déracinés et partis, par force ou par idéal, travailler dans d'autres milieux et d'autres cultures.

Plusieurs propositions ont été faites: pourquoi ne pas penser à des équipes interculturelles d'animation (chose par ailleurs prévue dans le projet Mezzano-Parma et Nord-Est) ? Pourquoi ne pas mettre en place une formation de médiation culturelle à offrir aux personnes migrantes? Investissons-nous assez de temps, d'énergie dans la formation pour apprendre le dialogue, gérer les conflits, travailler en équipe sur des projets spécifiques ?

D'autre part, les soeurs et les frères dont nous parlons dans ces débats ne sont pas suffisamment présents dans les organes décisionnels. « Être église ensemble» devrait, petit à petit, devenir le terrain sur lequel nous travaillons et non le sujet dont nous parlons. Nous voudrions pouvoir discuter avec « eux ». Non sur « eux ». Autrement, nous continuerons à parler d'une église faite, justement de « nous» et « d'eux ». Quelques pas sur le chemin de la« version en prose »ont été faits...

Texte tiré d'un article d'Elisabetta Ribet, paru dans Riforma 143/35, 14 septembre 2007, et traduit par Gisèle Tron.


Source: Riforma/BIP

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