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EEMNI - 26.07.2007   Retour à l'aperçu

CIMADE : de nombreuses arrestations d'étrangers à leur domicile ont eu lieu ces derniers jours à Montpellier

[Credits] Voici un communiqué émanant d’un collectif associatif engagé dans la défense des immigrants, dont la Cimade, association oecuménique.

Un jeune qui avait été suivi par RESF a été interpellé hier matin à 6h40 chez lui par la police. C'est sa mère malade et française qui a ouvert la porte à plusieurs policiers vociférants au petit matin.
Lorsqu'ils ont été à l'intérieur ils ont arrêté le jeune et transféré au centre de rétention de Sète.

Ce jeune était rentré à 13 ans et quelques mois. Scolarité parfaite projet de BTS à Bédarieux avec les encouragements du proviseur.
Le juge a annulé la reconduite.

Mamadou S. est marié avec une ressortissante française qui attend une enfant de lui. Il participe depuis deux ans à l'éducation des deux premiers enfants de sa femme âgé de 10 et 14 ans. Lundi 23 juillet, la police est venue arrêter Mamadou au petit matin à son domicile alors que sa femme était au travail. L'arrestation a eu lieu devant les enfants qui ont été laissés seuls par la police dans l'appartement. Mamadou a été conduit au centre rétention de Sète en vue de son éloignement. Libéré par le juge des Libertés et de la Détention jeudi 25 juillet, Mamadou attend maintenant que le Tribunal administratif se prononce sur la décision d'éloignement.

Fatna. B., âgée de 53 ans et mariée à un français depuis près de trois ans a été arrêtée par la police à son domicile de Montpellier lundi 16 juillet à 10 h 30. Quatre heures de garde à vue au cours desquelles les policiers l'accusent de mariage blanc, la harcèlent de questions inadmissibles («quelle est la date du premier acte sexuel avec votre mari ? », «comment s'est passé cet acte sexuel ? », etc...) et lui font de commentaires insultants (« ce n'est pas possible à votre âge d'avoir un coup de foudre »...). Fatna a finallement été relâchée, traumatisée, vers 15 h 30.

Samira B. est mariée avec un français dont elle attend un enfant. En fin d'après midi mardi 17 juillet, des gendarmes viennent taper à la porte de son domicile à Pignan (Hérault) alors que son époux est absent. Samira qui est sous la douche enfile un peignoir et va ouvrir. Les gendarmes lui intiment l'ordre de s'habiller rapidement et de les suivre et refusent qu'elle se rince les cheveux plein de shampoing. Deux heures de garde à vue s'écoulent pendant lesquelles questions intimes et accusation de mariage blanc se succèdent. De retour à son domicile, Samira informe en larme son époux de ce qui vient de se passer. Dans la soirée, elle souffrait douleurs de ventre et de seignements provoqués par le stress subit.

Conjoints de français, enfants de français, jeunes scolarisés depuis des années, étudiants, ect... depuis plusieurs jours, sur indications précises émanant de la Préfecture, les services de police se rendent chez les étrangers pour interpellation avant expulsion...

Les organisations et associations signataires s'indignent de voir la police aller interpeller des étrangers chez eux. Ces mêmes organisations rappellent que si la présence irrégulière en France constitue une infraction pénale, elle n’est pas un cas de délinquance majeure.

Ces arrestations par les services de police judiciaire, interviennent sur demande de la Préfecture, qui ne dispose pas elle-même de ce pouvoir. Ce type d’interpellation est , en fait, un véritable détournement de procédure

Ces organisations rappellent que la police ne peut venir chez les gens procéder à une arrestation que dans le cadre de la garantie des libertés individuelles par le juge judiciaire, en application de l’article 66 de la Constitution. Toute autre façon, comme celle dénoncée présentement est une atteinte dangereuse à nos libertés.


Source: Syndicat des Avocats de France - Ligue des Droits de l’Homme - CIMADE - RESF - Sud Education - Sud Etudiants – Attac - Amoureux au ban public

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