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EEMNI - 23.12.2007   Retour à l'aperçu

Tchad : Betty et les enfants de l'Arche

[Credits] Aux lendemains de l’ouverture du procès des membres de l’Arche de Zoé à N'Djamena, Tchad, les DNA de samedi 21 et dimanche 22 évoquent le rôle que joue l’orphelinat d’Abéché choisi par le gouvernement tchadien pour accueillir les 103 enfants que l’Arche de Zoé destinaient à des familles françaises et plus précisément le rôle que joue Betty Fritsch à la tête de cette mission protestante.

Une infirmière de Breitenbach au dispensaire d'Abéché


Après l'échec de l'évacuation par L'Arche de Zoé vers la France, le 25 octobre, les 103 enfants ont été placés à l'orphelinat Bakam Assalam (« Havre de paix ») d'Abéché, géré par la Mission protestante franco-suisse du Tchad, courant de l'église évangélique méthodiste *1). Betty Fritsch, une infirmière de Breitenbach dans la vallée de Munster, est responsable du dispensaire. Elle y travaille depuis janvier 2006.

Les enfants ont été confiés à cette mission chrétienne, présente depuis plus de 50 ans au Tchad, le temps de l'enquête et dans l'attente des décisions de justice. « C'était une expérience à laquelle nous n'étions pas préparés, confie Betty Fritsch. Mais on est arrivé à gérer la situation grâce à des soutiens et à l'aide de Dieu ».

L'orphelinat a fait le choix de la discrétion. « Tout ce que je peux dire, c'est qu'ils se portent à merveille », souligne Betty Fritsch. La Mission protestante franco-suisse relève que le choix par le gouvernement tchadien de cette mission chrétienne dans un pays essentiellement musulman constitue une reconnaissance de son travail.

Le procès de l'Arche de Zoé s'est ouvert hier à N'Djamena. La Cour criminelle va juger pendant une semaine six Français, trois Tchadiens et un Soudanais qui avaient tenté d'évacuer 103 enfants vers la France, le 25 octobre dernier, pour raison sanitaire. Ces enfants ont été placés dès le lendemain à l'orphelinat Bakam Assalam (« Havre de paix ») d'Abéché, géré par la Mission protestante franco-suisse du Tchad, un courant de l'église évangélique méthodiste (1*).

Betty Fritsch, 30 ans, travaille depuis janvier 2006 dans ce dispensaire à l'est du pays, dans une région en ébullition toute proche du Darfour. Les enfants ont été confiés à cette mission chrétienne, présente depuis plus de 50 ans au Tchad, le temps de l'enquête et dans l'attente des décisions de justice. « C'était une expérience à laquelle nous n'étions pas préparés, confie-t-elle cette semaine au téléphone. Mais on est arrivé à gérer la situation grâce à des soutiens et à l'aide de Dieu ».
« Ils se portent à merveille »
 Depuis deux mois, Betty Fritsch a vu défiler les journalistes du monde entier, les politiques aussi. « On a vu quelques ministres ; il y a même eu la visite de la femme du président tchadien (Ndlr : Idriss Déby) ». L'orphelinat a fait le choix de la discrétion sur cette affaire sensible. Un attaché de presse a répondu pendant quelque temps en son nom. Betty Fritsch, elle, se refuse toujours à évoquer en détail la présence des enfants. « Tout ce que je peux dire, c'est qu'ils se portent à merveille ».

 Le secrétaire général de la Mission protestante franco-suisse en dit un peu plus dans une lettre d'information. « Notre volonté est de permettre aux enfants de sortir de cette affaire dans les conditions les moins traumatisantes possibles ». Ils ont été chargés de les loger mais prennent aussi en charge l'organisation de leurs journées. Il relève que le choix par le gouvernement tchadien de cette mission chrétienne (*) dans un pays essentiellement musulman était une vraie reconnaissance de son travail.
« Sans la mère, l'enfant meurt »
 En temps ordinaire, l'orphelinat d'Abéché accueille des enfants jusqu'à l'âge de deux ans, la plupart orphelins de mère. « La mère, au Tchad, c'est une mère nourricière. Sans elle, l'enfant meurt », note Betty Fritsch. « On leur fournit du lait, des vêtements, des conseils de santé, alimentaires, d'hygiène. On accueille entre 150 et 200 orphelins par an ». On y trouve encore un centre périscolaire, une bibliothèque, une pouponnière. L'infirmière de Breitenbach s'occupe plus spécialement des prématurés, des malnutris, des nouveaux nés.

Il arrive aussi que des ONG (organisations non gouvernementales) lui amènent en consultation des enfants de camps de réfugiés du Darfour. Lors de son retour dans la vallée de Munster en mars dernier pour un court séjour, Betty Fritsch soulignait que « le respect des traditions et des valeurs du pays était essentiel pour se faire accepter », notamment pour ses activités de missionnaire (visite des femmes en prison, clubs des filles, animations pour les jeunes...). L'apprentissage de l'arabe fait partie de ces efforts de proximité.
Retour dans la vallée début 2008
 Le retour de Betty Fritsch dans la vallée interviendra au début de l'année prochaine. Membre de l'Eglise évangélique méthodiste de Munster, elle était partie en 2006 relever des défis personnels. Il y a deux mois, elle indiquait avoir avancé d'un point de vue spirituel ou professionnel. « On apprend à vivre avec peu dans l'essentiel plus que dans le futile ». Elle ajoutait. « Et il y a tous ces sourires d'enfants ». C'était quelques semaines à peine avant l'arrivée des enfants de l'Arche.

Ph.Vigneron


Éditions du Sam 22 déc. et Dim. 23 décembre 2007


*1 EEMNI : La Mission Protestante Franco-Suisse du Tchad d’inspiration évangélique est à caractère interdénominationnel et collabore avec les instances du DEFAP (département missionnaire des Eglises protestantes francophones), comme le précise le communiqué de la Fédération protestante de France :

Mise au point sur l’orphelinat protestant d’Abéché qui a recueilli les 103 enfants (Affaire Arche de Zoé) 
Communiqué de la Fédération protestante de France - 12 novembre 2007

L’orphelinat Bakan Assalam [« Lieu de paix »], d’Abéché, avait, jusqu’à présent, fait le choix de la discrétion afin de pas ajouter à la confusion et de préserver la tranquillité des 103 enfants concernés par l’opération de l’Arche de Zoé.

Face à des interprétations erronées, il est cependant nécessaire d’apporter des clarifications sur l’orphelinat lui-même et les circonstances de l’accueil de ces enfants :
• L’orphelinat a été fondé par la Mission protestante franco-suisse du Tchad (MPFST) en 1954. Depuis cette date, il est géré par la MPFST et placé sous la responsabilité de l’Église évangélique du Tchad. Il accueille des enfants dont la plupart sont orphelins de mère en vue de les replacer dans leur famille et leur milieu d’origine. Il confie aux services sociaux tchadiens les enfants qui n’ont plus de parenté en vue d’une adoption.
• Le 26 octobre dernier, à la demande du gouvernement tchadien, l’orphelinat a recueilli les 103 enfants rassemblés par l’Arche de Zoé ; ceci dans l’attente des décisions de justice statuant sur le devenir de ces enfants, après l’enquête qui est en cours.
L’orphelinat Bakan Assalam n’a d’autre volonté, aujourd’hui, en étroite collaboration avec les autorités tchadiennes, que celle de prendre soin de ces enfants et d’atténuer autant que possible leur traumatisme dans cette affaire dont ils sont les premières victimes.
Précision : La MPFST n’est pas une organisation non gouvernementale. Elle fait partie des associations portées par le Défap, le service des missions de cinq Églises membres de la Fédération protestante de France, qui est sous contrat avec le Ministère des affaires étrangères pour l’envoi des volontaires de la solidarité internationale. A l’heure actuelle, une volontaire travaille comme infirmière dans l’orphelinat d’Abéché.

Article des DNA : http://www.dna.fr/monde/20071223_DNA009566.html
Communiqué de la Fédération protestante de France : http://www.protestants.org/docpro/doc/1870.htm


Source: dna/protestants.org/eemni

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