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EEMNI - 24.08.2007   Retour à l'aperçu

Egypte : les musulmans convertis au christianisme sous la menace d’une ”fatwa”

[Credits] Un homme traqué mais courageux

Le quotidien français Le Figaro a rapporté dans son édition du 17 août les déboires de Mohamed Hegazi, un Egyptien de 25 ans, né musulman et converti au christianisme il y a 9 ans (EEMNI s’en était déjà fait l’écho: http://eemnews.umc-europe.org/2007/aout/18-01.php). Récemment, ce jeune homme avait voulu faire inscrire sur ses papiers d’identité la mention de sa nouvelle religion. « Je pense que c'est mon droit de vouloir embrasser la religion en laquelle je crois. Je ne veux pas avoir une double personnalité. Je veux que mon enfant naisse avec des papiers chrétiens.»

Mohammed Hegazy n'a pas obtenu de pouvoir changer de religion sur ses papiers d'identité. Il a donc décidé de porter plainte contre le ministre de l'Intérieur, une première en Egypte. En faisant cela, il prend un grand risque. Beaucoup veulent sa mort. D'autant que Mohammed refuse de se taire : dans une interview, il a demandé au gouvernement de reconnaître les convertis de l'islam et d'enlever toute mention religieuse de la carte d'identité. «Je préfère souffrir le martyre plutôt que d'être jeté en prison par une autorité aussi radicale et fondamentaliste.»

Son message ne passant pas dans les médias égyptiens, il a décidé de créer son blog sur internet où il peut se défendre contre les attaques répétées de la presse contre lui. «Je pense qu'il y a des milliers de convertis qui se taisent. Je leur demande de sortir de leur ghetto, de mettre sur pied des associations pour défendre leurs droits. La réponse n'est pas de se cacher ou de quitter le pays. Mais de rester pour faire valoir nos droits. »

Ses interventions successives suscitent la plus vive indignation en Egypte. Perçu comme apostat, Mohamed Hegazi est contraint aujourd’hui de se cacher et ne cesse de recevoir des menaces de mort sur son téléphone portable.

A ces menaces verbales s’ajoutent maintenant une fatwa lancée par le recteur de la faculté d’études islamiques de l’université Al Azhar du Caire. Toute fatwa émanant de ce centre islamique prestigieux fait autorité dans le monde musulman : ”ses décrets religieux sont très écoutés”, affirme au micro de Radio Vatican Camille Eid, journaliste et co-auteur d’un livre sur la situation des msusulmans qui ont demandé le baptême.

Dans ces conditions, Mohamed Hegazy est condamnné à vivre dans la clandestinité.

Le cas n’est pas unique

Son cas n’est pas isolé, fait remarquer Camille Eid : « Chaque année, il y a des nouvelles de ce genre, que je récupère dans la presse arabe ou islamique en général. Par exemple, la presse algérienne a insisté ces derniers mois sur la conversion au christianisme de milliers d’algériens, surtout dans la zone habitée par les Berbères de Kabilie. Il y a des cas semblables en Turquie, en Tunisie, dans les pays du Moyen Orient, et le cas de Hegazy n’est donc pas isolé ».

Le même auteur rend attentif aux dures conditions de vie des chrétiens en Egypte. S’ils sont « libres de pratiquer leur culte, d’aller à l’église, de célébrer les mariages, les funérailles », « ils rencontrent des difficultés dans la construction, l’édification de nouveaux lieux de culte, la restaurations de leurs églises » et, ajoute-t-il, « les Coptes subissent une discrimination dans l’attribution de charges institutionnelles ».

Il relève aussi la peur des prêtres coptes à accueillir les demandes de baptême des musulmans souhaitant embrasser la foi chrétienne par crainte de tomber ”dans un piège des services secrets pour les mettre à l’épreuve et voir s’ils accueillent ou non ces demandes”.

En Egypte, un chrétien n'a aucune difficulté à se convertir à l'islam. Environ 7000 l'auraient d'ailleurs fait entre 2000 et 2006.

En revanche, les musulmans de souche qui quittent l'islam n'ont aucun moyen légal pour changer leur religion sur leur carte d'identité. Les convertis de l'islam sont jusqu'à présent obligés de vivre une double vie, cachant leur foi, pour éviter la torture de la part de leur famille et de la police.

Tawfik Aclimandos (politologue, chercheur au CEDEJ, le Centre d’études de documentation économique, juridique et sociale, un centre basé au Caire) revient au micro de Radio Vatican sur les rudes conditions de vie des chrétiens en Egypte. A écouter : http://62.77.60.84/audio/ra/00085235.RM

Mardi 21 août 2007

article de zenit : http://zenit.org/article-15984?l=french


Source: zenit/radio vatican/Portes Ouvertes/eemni

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