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EEMNI - 30.05.2006   Retour à l'aperçu

France, Lasalle: Pastorale francophone 2006 «Servir dans la durée»

[Credits] Le regard empreint de fraîcheur et de lucidité de Marie Mo Costabella, stagiaire à Saint-Imier, sur le ministère pastoral aux lendemains de la pastorale francophone au château du Sôlier (FR 30 Lasalle).

Vous êtes-vous déjà demandé ce que fait votre pasteur 6 jours par semaine ? Et à plus forte raison, ce qu’il fait quand il s’absente 4 jours de suite avec une vingtaine de collègues ? Vous allez tout savoir ! En effet votre servante a pu s’infiltrer au Château du Sôlier, dans les Cévennes, lors de la dernière pastorale du 17 au 20 mai, et y jeter un œil neuf.

Au premier abord, les pasteurs sont des êtres bons vivants qui, lorsqu’ils se retrouvent entre eux, présentent un solide sens de l’humour. Ce qui est rassurant : notre Dieu est celui de la joie !

Servir dans la durée

Mais l’étonnement se fait lorsque le thème annoncé est « Servir dans la durée ». Se peut-il que le métier de pasteur soit difficile ? L’orateur, Jonathan Ward, présente alors toutes sortes de pièges dans lesquels est tombé plus d’un pasteur, et qui ont parfois détruit jusqu’à leur vie de famille ou leur santé.

L’annonce de la Bonne Nouvelle et la conduite d’une paroisse mettent les pasteurs devant des responsabilités énormes, et, la misère humaine n’ayant pas de fond, leur travail n’en a pas non plus. Ce sont des hommes et des femmes comme les autres, et le fait qu’ils aient choisi de mettre leur vie de manière particulière au service de Dieu n’en fait pas des surhumains. Ils doivent continuellement jongler entre les exigences du métier (cultes, prédications, accompagnement des paroissiens, études bibliques, groupes de prière, administration de la paroisse, vision…), leur vie de famille, leurs propres besoins et les forces qu’ils ont à disposition. A cela s’ajoutent les désirs formulés de leurs paroissiens, et surtout leurs attentes informulées. Il semblerait parfois que le pasteur, en plus des qualités nécessaires aux tâches citées plus haut, doive avoir le don de lecture des âmes, nécessiter moitié moins d’heures de sommeil qu’un autre, supporter qu’on le critique sans que cela le touche, avoir une famille parfaite et vivre d’amour et d’eau fraîche. Pardonnez la caricature ! Votre paroisse n’est certainement pas de celles qui ont amené à ce cliché, mais il semble néanmoins exister.

Mission non sans risques

Je m’interroge donc. Il est probable que la personnalité des serviteurs de Dieu puisse les rendre plus vulnérables à certains pièges, comme l’activisme. Il est probable aussi que, tombés dans ce piège, la première chose qu’ils soient tentés de négliger soit leur temps quotidien avec Dieu, origine de leur vocation et source de leurs forces. Mais comment se fait-il que tant de pièges guettent le pasteur et qu’il lui soit si difficile de mener à bien sa tâche sans s’épuiser sur le long terme ? Le métier n’est-il pas malade ?

La pression qu’endurent les pasteurs met souvent en opposition leur engagement paroissial et leur vie de famille. Or Dieu est le Dieu des Eglises et le Dieu des familles. Comment un pasteur pourra-t-il aimer son Eglise sans aimer sa femme comme le Christ a aimé l’Eglise, et inversement ? Comment justifier que servir le Dieu d’Amour implique ce dilemme ?

La mission d’un pasteur n’a pas de fin. Il n’a jamais fini son chemin de sanctification. Il n’a jamais fini de comprendre la Parole de Dieu, encore moins de l’enseigner. Il n’a jamais fini de répondre à la souffrance de ceux qui l’entourent. Il n’a jamais fini de répandre la Bonne Nouvelle du Royaume. Mais cela est vrai de chaque chrétien.

Mission partagée

Il est juste que nous attendions du pasteur une meilleure connaissance de la Bible, plus de temps au service de l’Eglise, d’être avancé sur le chemin de la sanctification. Il s’est formé pour cela, a été choisi comme guide et reçoit une rémunération pour en avoir le temps. Mais cela n’ôte rien au fait que la mission du pasteur est la mission de chaque chrétien, c’est à dire de chaque paroissien. Nous avons tous à nous désapproprier nos vies, puisqu’elles appartiennent à Jésus. Cela ne veut pas dire négliger notre travail ou notre famille. Cela veut dire réfléchir différemment. Ne pas chercher ce dont nous avons envie, mais ce dont Dieu a envie. Suis-je âgé ? J’aime les vieux cantiques. Mais l’annonce de l’Evangile veut que j’adapte la forme de mon culte à ceux que Dieu veut rencontrer. Suis-je jeune ? Je veux foncer. Mais la sagesse des aînés me sera un guide sûr : ce que je vis, ils l’ont vécu. Ai-je envie que la paroisse développe une activité ? Je vais m’y engager. Ai-je un don particulier ? (Tout le monde a un don particulier !) Je vais le mettre au service de la paroisse, pour la joie de tous et surtout la mienne. Mon don ne correspond à aucune activité actuelle de l’Eglise ? Quel bonheur d’initier avec l’aide de mon pasteur une nouvelle œuvre pour la gloire de Dieu.

Ainsi, lorsque la paroisse ne reposera plus sur un seul « gros » pilier, mais sur une multitude de petits, plus personne ne ploiera sous le joug léger de Jésus. Alors les pasteurs pourront « partir en vacances »


Source: EEMNI

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