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EEMNI - 12.06.2006   Retour à l'aperçu

A l'origine du méthodisme: Dissiper les mythes entourant Wesley

[Credits] par John Singleton

Vu l'importante couverture médiatique donnée à John Wesley tout au long de l'année du tricentenaire de sa naissance, il n'est guère étonnant qu'un certain nombre de mythes relatifs au fondateur du méthodisme refassent surface.

L'historien britannique du méthodisme John Vickers a relevé qu'un certain nombre de malentendus remontent à Wesley lui-même. Par exemple, il a souvent été déclaré qu'il avait été baptisé "John Benjamin" en mémoire de deux de ses frères décédés peu après leur naissance. Wesley lui-même a apparemment dit à l'un de ses prédicateurs que cela lui avait été dit par son père, Samuel Wesley.

Dans une récente livraison du British Methodist Recorder, Vickers écrit qu'au début du 20e siècle, un ancien rédacteur de la revue, Nehemiah Curnock (lui aussi un spécialiste remarqué de Wesley) l'avait confirmé sur la base du certificat fourni par Samuel Wesley à l'évêque d'Oxford à l'époque des ordinations de John en 1725 et 1728.

"Le fait est que Samuel Wesley s'est trompé et qu'en conséquence, il a induit d'autres personnes en erreur", écrit Vickers. "Nous avons des preuves plus précises et plus fiables que la mémoire de Samuel".

Les registres paroissiaux d'Epworth avaient été détruits par l'incendie du presbytère en 1709. Mais il y a quelques années, l'historien américain du méthodisme Frank Baker a pu démontrer que les transcriptions de ces registres déposées à l'évêché de Lincoln montraient que John n'a reçu qu'un nom de baptême - et seulement celui-là. " Curnock était un chercheur et rédacteur renommé de son temps, mais aucun de nous n'est à l'abri de se voir démenti par des faits nouveaux", dit Vickers.

Un deuxième mythe est illustré par une plaque apposée sur la chaire de l'église paroissiale de South Leigh, près d'Oxford. Elle rappelle - à nouveau dans les termes de Wesley - qu'il a "prêché son premier sermon" ici. Ce "fait" a été fréquemment cité et semblait irréfutable, venant du journal personnel de Wesley. Mais, selon Vickers, c'est le travail de pionnier d'un autre historien américain du méthodisme qui, en déchiffrant les journaux de Wesley, a révélé une histoire toute différente.

Le Rév. Richard Heitzenrater a établi que le premier dimanche après son ordination comme diacre, Wesley n'a pas prêché du tout. Par contre, une semaine plus tard, il a lu des prières et prêché (sur Job 3:17), non pas une, mais deux fois: à Fleet Marston et à Upper Winchendon, deux villages situés à l'ouest de Aylesbury et proches d'Oxford.

"Que faut-il dès lors penser de la déclaration de Wesley faite 40 ans plus tard ?", se demande Vickers. "Elle était parfaitement exacte, mais contenait une ambiguïté trompeuse: son 'premier sermon' a bien été prononcé à South Leigh, mais pas avant le 12 février 1727, près de cinq mois plus tard, soit à un moment où il l'avait déjà prêché huit fois dans divers autres lieux".

Pour ce qui est du 20e siècle, Vickers écrit qu'un mythe a été créé en 1926 lorsque des méthodistes américains ont généreusement financé la restauration de ce que l'on pensait être les locaux occupés par Wesley en tant que chargé de cours au Lincoln College, Oxford - des pièces que l'on montre encore aujourd'hui aux visiteurs.

"Mais des recherches plus récentes…ont démontré que Wesley vivait effectivement du côté ouest de la cour de la chapelle", dit-il. "Dans ce cas, l'erreur remonte à John Morley, un politicien et écrivain du 19e siècle, qui prétendait qu'à l'époque où il était étudiant, il avait habité dans les même pièces que celles qu'avait occupées Wesley". Ce qui n'était pas le cas.

L'un des mythes les plus curieux remonte à 1784 lorsque, comme chacun sait, Wesley envoya Thomas Coke et deux pasteurs itinérants réorganiser le méthodisme américain après la guerre d'indépendance. "Pour marquer le 200e anniversaire de cet important événement, un tableau intitulé 'Offrez-les à Christ' a été peint", explique Vickers.

"Il montre Wesley disant au revoir aux trois voyageurs embarquant à Pill, près de Bristol. L'artiste s'est donné beaucoup de peine pour assurer scrupuleusement l'authenticité de la scène et a affirmé avoir consulté nombre de méthodistes britanniques éminents".

"Le tableau mérite des éloges. Mais il comporte une erreur capitale: nous savons de source sûre, simplement en lisant le journal de Wesley, que cette scène n'a jamais eu lieu !", affirme Vickers. Les priorités de Wesley étaient très différentes de celles qu'avait supposées l'artiste; en réalité, il faisait à cette époque une tournée de prédications dans une autre région.

Aucun de ces "mythes" n'altère l'importance de ce qui a été une remarquable année de célébrations et de souvenir. En fait, les mythes y ont contribué, car chaque grand personnage historique est entouré d'une aura au sein de laquelle faits et fiction se mélangent.

Le fait le plus important est que John Wesley est né il y a 300 ans et est devenu le moteur du mouvement méthodiste. Que ce mouvement s'étende désormais au monde entier aurait sûrement grandement surpris Wesley, qui se voyait tout simplement comme un serviteur du Seigneur.

Traduction Frédy Schmid


Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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