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EEMNI - 04.01.2006   Retour à l'aperçu

CPDH: l'actualité du mois

[Credits] Liberté de conscience

EUROPE - DES PHOTOS QUI EN DISENT TROP.
L'exposition « La vie et les enfants en Europe », inaugurée le 16 novembre 2005 au Parlement européen à Strasbourg par les eurodéputés polonais du groupe Indépendance/Démocratie, également membres de la Ligue des familles polonaises, a provoqué un scandale retentissant. En effet, l'exposition comprenait une photo des enfants dans le camp de concentration d’Auschwitz qui suggérait que l’avortement pouvait être assimilé au génocide, accompagnée de la citation : « La plus grande menace pour la paix pour le monde d'aujourd'hui est l'avortement. Si l'on permet à une mère de tuer son enfant, qu'est-ce qui nous empêche de nous entretuer ? ». Outrées par l'exposition, des militantes pour l'avortement, Véronique De Keyser (Belgique, socialiste) et Ana Maria Gomes (Portugal, socialiste), se sont plaintes auprès des autorités du Parlement qui ont ordonné aux gardes de sécurité de retirer les photos et les posters. Depuis, une lettre a été adressée au président du Parlement européen, Josep Borrell, par plusieurs groupes (« Catholics for free choice », « Fédération internationale de la planification familiale » et d'autres réseaux de lobby pro-avortement) se décrivant comme étant des militants d’organisations à orientation religieuse, militants pour les droits des femmes ou pour les droits humains. Cette lettre demande au Parlement européen de se dissocier de l'exposition et affirme que « la culture politique du Parlement européen se dégrade si la présidence du Parlement et la majorité des députés ne se lèvent pour défendre les valeurs et les principes de l’Union contre les attaques d’extrémistes religieux ». Eurofam – 07/12/05


Don d'organes

CHINE - DES ORGANES A BON MARCHE.
Pékin vient de confirmer que la quasi totalité des organes transplantés en Chine provient de condamnés à mort et exécutés. Le vice-ministre de la Santé Huang Jiufe, a annoncé que la Chine préparait un projet de loi destiné à réguler le don d'organes qualifié par ses propres termes de « zone grise ». Un magazine économique précise que 5 % des organes greffés proviennent de dons libres et 95 % de criminels exécutés. Un véritable marché s'est d'ailleurs organisé dans lequel un hôpital prend contact avec la police lorsqu'il a besoin d'un organe. La transaction pour récupérer les organes s'effectue avec un tribunal. Un rein ou un foie peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros en raison des frais de "relations publiques". Officiellement les condamnés à mort ont donné leur accord à ces prélèvements, mais les conditions sont loin d'être claires. Depuis des années, le dissident Chinois Harry Wu dénonce ce scandale. En 2001, un ex-médecin militaire avait révélé devant le Congrès américain qu'il avait participé à deux reprises à des prélèvements de rein sur des exécutés qui respiraient encore. Ces « dons » d'organes visent à donner une façade plus présentable à l'usage de la peine de mort dont la Chine détient le record du monde. Gènéthique – 05/12/05


Clonage

FRANCE - AUDITIONS SUR LE CLONAGE.
L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques a organisé (le 22 Novembre 2005) des auditions pour rédiger un rapport relatif aux recherches sur les cellules souches. Ces auditions avaient en fait pour but d’obtenir les décrets d'application d'autorisation de recherche sur les embryons humains de toute urgence, de faire disparaître de la loi de bioéthique 2004 les quelques restrictions prévues (ne plus limiter à 5 ans les essais sur les cellules embryonnaires, ne plus limiter les recherches aux seuls essais thérapeutiques, et ne plus subordonner l'accord pour ces essais à l'absence d'alternatives éthiques), d’obtenir au plus vite l'autorisation de faire de la recherche sur les embryons rejetés à la suite d'un diagnostique pré implantatoire et enfin d’obtenir l'autorisation de clonage dans la loi française. Gènéthique – 11/05

NDLR : Présentés comme des auditions sur les cellules souches, ces entretiens furent en réalité des auditions sur le clonage. Au lieu d’un débat permettant une réflexion humaniste sur ce sujet si grave, on a au contraire assisté à une alliance du scientisme et du business puisque tous les intervenants étaient des scientifiques favorables au clonage et des représentants de société de biotechnologie

COREE - UN "CLONEUR" EN DIFFICULTE. Le biologiste Hwang Woo-suk, spécialiste du clonage à visée thérapeutique, premier scientifique à cloner des embryons humains, a été accusé par un collègue américain d'avoir failli aux règles de l'éthique. Alors que Hwang Woo-suk, vient d’inaugurer (le 10 octobre 2005) un consortium mondial sur les cellules souches humaines (Voir l’article Ouverture d’un « centre de clonage humain »), les révélations de Gérard Schatten, présenté comme un proche du chercheur le place dans la tourmente. Selon celui-ci, durant l'année 2004, le chercheur aurait prélevé des ovocytes sur une ou plusieurs jeunes femmes travaillant sous son autorité, chacune aurait perçu 1 230 euros. Hwang Woo-suk qui a déjà reçu un prix en Californie, visait le prix Nobel de médecine et de physiologie. Mais les récentes accusations l’ont contraint à annoncé sa démission de toutes ses fonctions, alors qu’il avait déjà quelques jours plus tôt annulé sa participation à une remise de prix lors de la cérémonie des Victoires 2005 aux Folies Bergères ainsi qu’une conférence de presse qu’il devait donner avec Marc Peschanski sur « les vertus » et les perspectives du clonage humain à visée thérapeutique. Gènéthique – 12/05

Accueil de la vie


ANGLETERRE - QUAND LES BEBES AVORTES RESTENT EN VIE.
Un organisme gouvernemental britannique, le CEMACH (Confidential Enquiry into Maternal and Child Health), vient de rendre publique une enquête qui révèle que jusqu'à 50 bébés par an survivent à l'avortement. Alors que l'Université royale des obstétriciens et des gynécologues a commandité sa propre recherche, les résultats provoquent chez les cliniciens un certain malaise car ils pourraient être accusés d'infanticide. En effet l'enfant survivant d'un avortement meure parfois après la naissance par faute de soins. L'enquête révèle qu'à partir de 22 semaines de gestation, le f?tus doit être avorté par une injection de chlorure de potassium avant d'être expulsé mais que peu de médecins souhaitent ou sont capables de pratiquer une opération si délicate. Pour des foetus plus jeunes, la mort du foetus est causée par une injection de médicaments. Mais selon Stuart Campbell, ex-professeur d'obstétrique et de gynécologie à l'hôpital St-Georges de Londres, un certain nombre survivent : « A 19 semaines de gestation, ils peuvent naître en respirant et en criant ». « Je ne suis pas contre l'avortement mais d'après moi c'est de la médecine de seconde zone ». En Angleterre, le délai légal d'interruption volontaire de grossesse est 24 semaines de grossesse. En 1994, 5 166 avortements au delà de la 18ème semaine de grossesse étaient pratiqués, 7 432 en 2004. Dans cette même décennie, les soins portés aux enfants prématurés se sont beaucoup améliorés, près de 70 à 80 % des bébés nés entre 23 et 24 semaines de grossesse survivent. Pour Stuart Campbell, le délai d'IVG devrait être ramené à 18 semaines de grossesse. Le 6 décembre prochain, Giana Jessen témoignera devant le Parlement en tant qu'enfant ayant survécu à un avortement. Elle milite pour la réduction du délai de l'IVG. Atteinte d'une paralysie cérébrale, elle va courir le Marathon de Londres en avril prochain pour soulever des fonds destinés aux enfants survivants d'IVG. « Si l'avortement est un droit de la femme, quels sont alors mes droits? » interroge-t-elle. « Quand les gens parlent de l'avortement, c'est important qu'ils sachent que ces bébés peuvent naître et survivre ». Gènéthique – 04/12/05

ITALIE - L'OFFENSIVE POUR LA LEGISLATION DE LA PILULE ABORTIVE.
Une véritable offensive est aujourd'hui menée pour que le Ministre de la Santé autorise à nouveau la pilule abortive RU 486. Autorisée dans un premier temps, elle avait été suspendue fin septembre 2005 après une première expérimentation à Turin, mais des militants tentent à tout prix d’obtenir sa réintroduction. Ainsi, une association de consommateurs a recueilli 70 000 signatures pour la légaliser et la Toscane a autorisé ses hôpitaux à prescrire la RU 486 sans le feu vert du Ministère. Le Ministre de la Santé a déploré « qu’au moment où le projet de budget 2006 cherchait à encourager les familles à avoir des enfants, les régions soient entrées en compétition pour qu'elles n'en fassent pas ». Pour lui « cette compétition est un encouragement à l'avortement et, franchement, ce n'est pas un beau spectacle ». D'après un rapport parlementaire, les réticences sur l'interruption volontaire de grossesse, quelle que soit la méthode, sont nombreuses, y compris dans le corps médical. Malgré cette offensive, 83,3 % des gynécologues de la région Basilicate (au Sud de l'Italie) et 80,5% en Vénétie (Nord Est) refusent de pratiquer les interruptions volontaires de grossesse traditionnelles. Gènéthique – 29/11/05

MONDE- LES RISQUES DE LA PILULE RU 486. Un article scientifique du New England Journal of Medicine revient sur les risques liés à la prise de la RU 486. La Mifépristone (connue sous le nom de RU 486) est prescrite dans le cas d'une interruption volontaire de grossesse (IVG) sans hospitalisation et sans intervention chirurgicale avant le 49ème jour d'aménorrhée. On parle alors d'IVG médicamenteuse. D'abord commercialisée en Europe, la Mifépristone a été autorisée aux Etats-Unis en 2000 et sa distribution en Italie est sujette à une grande offensive (voir l’article Offensive pour la légalisation de la pilule abortive). La publication de quatre cas de décès survenus chez des jeunes femmes après une IVG médicamenteuse vient remettre en question les modalités de prescription de la molécule. En effet une autopsie et des recherches bactériologiques ont été réalisées sur les tissus prélevés post-mortem. Chez aucune de ces patientes, l’autopsie n’a retrouvé de « produits de conception » dans l’utérus, ce qui laisse entendre que cette complication n’est pas liée à un avortement incomplet. En revanche, les résultats ont montré une infection endométriale à Clostridium sordelli. Clostridium sordelli est une bactérie qui a déjà été impliquée dans 10 cas de syndromes de choc toxiques survenus dans le monde (après un accouchement dans 8 observations et après une IVG médicale chez une malade canadienne). Les auteurs de la publication et la Food and Drug Administration recommandent donc la vigilance aux médecins et préconisent de modifier la notice d'utilisation de la Mifépristone pour prévenir les patientes de la possibilité de cette complication gravissime. Généthique-12/05

ITALIE- UN BONUS GROSSESSE POUR EVITER L'AVORTEMENT ?
Alors que l’on assiste à une offensive pour l’introduction de la pilule abortive (lire les articles ci-dessus), la gauche italienne a proposé la mise en place d'un « bonus grossesse » destiné à aider les femmes en difficulté économique et sociale qui ne voudraient pas avorter. Présenté par des responsables des deux plus importants partis d'opposition, l'amendement prévoit pour les filles mères ayant un revenu annuel inférieur à 25 000 euros, une aide mensuelle de 250 euros à partir du troisième mois de grossesse. Et pour les femmes au chômage ou celles dont les revenus ne dépassent pas les 40 000 euros par an, le texte propose un versement de 350 ? par mois à partir du sixième mois de grossesse. Pour les initiateurs de cet amendement, ce « n'est pas une mesure « anti-avortement ». Ils veulent « soutenir la maternité des femmes qui choisissent librement d'être mères » et ne désirent pas « qu'une femme avorte parce qu'elle n'a pas les moyens d'élever son enfant ». Ils ne souhaitent pas que « le fait d'avoir un enfant devienne un luxe, comme c'est le cas aujourd'hui ». S'il est adopté, le texte sera inséré dans la loi de Finances qui doit être votée avant la fin de l'année. La Libre Belgique – 02/12/05



Source: CPDH Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine

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