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EEMNI - 09.02.2006   Retour à l'aperçu

Etats Unis, Washington: participation remarquée de Bono au petit-déjeuner de prière national

[Credits] Nous relevons deux articles de sources différentes portant sur l’intervention du chanteur irlandais Bono du groupe rock U2 lors du traditionnel petit-déjeuner de prière national. Il y évoque son combat inlassable contre la pauvreté et en évoque les fondements spirituels. D’abord Christianity Today (http://www.christianitytoday.com/ct/2006/106/12.0.html) et ensuite Religion News Service http://www.atu2.com/news/article.src?ID=4225 repris sur le site d’u2france (http://www.info.u2france.com/article.php3?id_article=8389). Le militant a demandé au gouvernement américain de s'engager à accroître le budget accordé à l'aide aux pays plus démunis. Ce n'est pas une question de charité, c'est une question de justice", a lancé la rockstar invitée à ce rassemblement de chrétiens du monde entier, où il a admis "ne pas se sentir dans (son) élément". Dans un discours adressé à George W. Bush, le leader de la formation U2 a déclaré: "M. le président, les membres du Congrès, les gens de foi, le peuple américain (...) l'aide étrangère a besoin que vous consacriez 1% de plus du budget fédéral pour aider les pauvres". Bono a fait du développement de l'Afrique son principal cheval de bataille. Voici ces deux articles.

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Les propos de Bono ont des accents 'prophétiques' - La Rock star et le militant sont inspirés par le Lévitique et le prophète Esaïe

Sheryl Henderson Blunt

Si chaque célébrité semble avoir une cause à défendre, peu de stars tirent leur inspiration de l’Écriture Sainte.
C’est ce qui met à part Bono, le chanteur du groupe irlandais U2. Avec ses lunettes de soleil de marque teintées, la rock star a parlé à un auditoire de plus de 3,000 personnes lors du Petit-déjeuner de Prière National le 2 février dernier. Il a imploré l’assistance de faire en sorte que les États-Unis assument de toute urgence ses responsabilités en faveur "des plus petits d’entre eux".

Deux passages ont guidé son message, relève Bono : l’appel en faveur d’une année jubilaire et la remise des dettes lancé dans Lévitique 25 et l’ordre donné dans Esaïe 58 à partager avec l’affamé et à pourvoir aux besoins des pauvres.

"Ainsi parle le Seigneur : loge les pauvres qui n’ont pas de maison, habille ceux qui n’ont pas de maison, ne te détourne pas de celui qui est ton frère. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et ta plaie se fermera vite. Tes bonnes actions marcheront devant toi, et la gloire du Seigneur fermera la marche derrière toi," une parole que Bono a citée (Esaïe 58 : 7-8).

"J'apprécie l’absurdité d’être une rock star citant l’Écriture Sainte," a plaisanté Bono avec une pointe de modestie en aparté avec quelques journalistes après son discours.
Le rocker Bono en jeans, veste en velours côtelée brune et chemise noire au col ouvert répond détendu aux questions des journalistes. Il leur explique son travail en Afrique, le rôle de l’église et certains de ses versets préférés.
"C’est absolument la parole prophétique pour notre temps," s’est-il exclamé en référence à Esaïe 58 : 7-8. "Cette parole suggère vraiment que si nous nous occupons des affaires de Dieu, Dieu sera davantage présent dans les nôtres. Pour reprendre une expression familière, Dieu protège nos arrières. Cela signifie littéralement que Dieu protège vos arrières !"

Raisons de Mourir


Selon Bono, un certain nombre de problèmes se posent quand une nation religieuse ignore les choses de Dieu en particulier à la lumière de l’antiaméricanisme qui gagne du terrain. "La religiosité de ce pays heurte de front beaucoup de gens en Europe parce qu’ils y voient de l’hypocrisie dans le cœur," a dit Bono. "Ils voient que dans toutes ces discussions, ces petits-déjeuners de prière et cette religiosité manifeste, les gens ne donnent que le minimum aux plus petits d’entre eux".

Bono fait remarquer que le Président Bush n’a relevé que de 0.5 % le budget du pays en faveur du tiers-monde depuis qu’il est entré en fonction, la raison en est que, selon des sondages, "les gens ne veulent pas augmenter l’aide étrangère, parce qu’ils sont convaincus qu’elle atteint déjà la barre des 15 ou 20 %. Mais cette aide ne représente en réalité qu’un dixième des évaluations les plus basses”, affirme Bono.

Ce n’est pas parce que les aides en faveur du tiers-monde font défaut de même que les médicaments antiviraux "qu’il est judicieux de mourir désormais," a-t-il ajouté.

Bono a visité en 2002 Soweto, Afrique du Sud ; il a parlé alors avec un jeune veuf hésitant à prendre pour lui les médicaments contre le sida ou à les donner à la femme qu’il venait d’aimer. "Il a dit: 'de deux choses l’une, soit je lui donne mes médicaments et mes enfants risquent de perdre leur dernier parent, soit nous partageons entre nous les médicaments et acceptons de mourir à petit feu, soit enfin je prends les médicaments et vais perdre, pour la deuxième fois, mon amour,'» s’est rappelé Bono. "J’ai pensé à ce moment-là que c’était barbare. C’est en réalité barbare".

Une affaire à ne pas négliger

Heureusement, a-t-il ajouté, l’église apporte une réponse. "Dans le passé, l’Eglise a été en retard sur quelques sujets, mais l’église n’a pas manqué le coche cette fois-ci," a dit Bono. "L’église est en première ligne. C’est étonnant. Si je m'étais entendu dire ce que je dis aujourd'hui, il y a de cela dix ans," déclare-t-il, "Je ne me serais pas cru moi-même".

Il y a 10 ans, Bono l’explique pendant son discours lors du petit-déjeuner, il ne pensait pas outre mesure à l’église, au christianisme, ou à témoigner publiquement de sa foi. "Vous voyez, j’ai évité les gens religieux la plupart du temps," a-t-il dit. "Peut-être que cela avait trait au fait que j’avais un père protestant et une mère catholique dans un pays où la ligne de séparation entre les deux confessions était, à proprement parler, une ligne de démarcation, un lieu de confrontation; où la ligne de séparation entre l’Église et l’État était… bel et bien, un peu floue et difficile à voir".

"Je me souviens de ma mère qui essayait de nous amener à la chapelle le dimanche. Et mon père avait l’habitude d’attendre à l’extérieur. Une des choses que j’ai apprises de mon père et de ma mère était que la religion était censée conduire à Dieu".

Sa foi, qu’il décrit comme étant "privée", repose en grande partie sur l’influence des paroles et des actions de Jésus, des Béatitudes et des Prophètes de l’Ancien Testament. Bono a dit au groupe de journalistes qu’il aimait lire le Message (dans le texte The Message), une Bible paraphrasée moderne "signée par un savant et poète vraiment doué, Eugenie Peterson". En contraste avec la musique chrétienne plus populaire, la musique religieuse qui lui parle le plus comprend les hymnes de Charles Wesley, le Messie d’Haendel, les chants Juifs et les chansons qui contiennent l’émotion "crue", ajoute-t-il.

Bono espère que les États-Unis répondront à son cri pour plus de justice en faveur de l’Afrique pauvre et opprimée, et pour ce faire, il fait appel à la responsabilité chrétienne et patriotique.
Imaginez une société soi-disant chrétienne parfaitement capable de sauver des vies en Afrique mais qui ne réussit pas à agir, dénonce Bono. "Vous pouvez toujours avancer des explications aux rapporteurs du budget, mais vous ne le pourrez pas devant Dieu. Il n’acceptera pas cette excuse et l’histoire non plus."

Sheryl Henderson Blunt est journaliste au Christianity Today.

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Deuxième article portant sur l’engagement de Bono trouvé sur le site de U2 France tiré de Religion News Service

Bono, après des années de septicisme trouve un partenaire dans la religion


Kevin Eckstrom

Né d'un père catholique romain et d'une mère protestante dans le courant sectaire de l'Irlande des années 1960, Bono, le chanteur-leader de U2 a plus d'une raison de ne pas faire confiance à la religion organisée.

Bien trop souvent, Bono n'a pas vu son expérience de foi chrétienne reflétée dans ce qu'il voyait en tant que morale préchée qui en règle générale négligeait le pauvre et "suivait la voie qui mène à Dieu".

Aussi Bono a-t-il été tout autant surpris que n'importe qui de se retrouver orateur principal le 2 février lors du petit déjeuner national de prière. Sans compter qu'il sonnait le tocsin des églises et des communautés religieuses pour leurs efforts menés dans sa croisade internationale pour sauver l'Afrique de la maladie, des dettes et de la destruction économique.

"J'ai évité les personnes religieuses la majeure partie de ma vie," a déclaré Bono face à un parterre de plus de 3.000 personnes évangélisées. Plus tard, il admettait à demi-mots qu'il "commençait à apprécier ces gens d'église".

Après avoir fui des années durant la religion organisée, Bono affirme qu'il peut à présent l'embrasser, sans complaisance, en tant que partenaire pragmatique. Et tout particulièrement aux Etats-Unis, Bono comprend que tout effort en matière de changement social doit inclure un appel aux instincts résidant dans la foi des Américains.

Bono accorde aux groupes religieux le crédit des progrès de sa campagne humanitaire, et cette alliance toute neuve suggère que (en dépit de ses célèbres textes) peut-être il a enfin "trouvé ce qu'il cherche" -- un partenaire avec qui il peut travailler.

Au cours d'une rencontre avec une demie douzaine de journalistes après son allocution, Bono machônait des muffins tout en s'amusant du rôle de la foi chrétienne en général, et de la structure des églises plus particulièrement, en confrontant famine, maladie et pauvreté.

Sa stratégie semblait reposait sur trois critères.

Un, Bono met en avant sa propre foi, celle qui lui est intime et pas nécessairement taillée par les quatre murs d'une église. Il trouve l'espoir dans le sermon de Jesus sur la montagne, inspiré des prophètes hébreux et le réconfort dans l'idée d'une grâce non méritée.

Bien que les textes de U2 soient extraits explicitement et implicitement de l'imagerie chrétienne, Bono est parfois réticent à embrasser cette étiquette de "chrétien" qu'on voudrait lui coller, souvent en raison des ses propres défauts.
Et il est le premier à admettre qu'il n'est pas théologien. "J'apprécie l'absurdité d'être une rock star citant les saintes écritures," déclare-t-il.

Non seulement ; il est capable de citer des passages entiers des saintes écritures -- il a d'ailleurs utilisé la Bible de son enfance pour préparer son discours de jeudi -- et parle en termes nationaux d'aide à l'étranger, et de la seconde Bible, plus de 100 versets dédiés à la pauvreté.

"C'est la lèpre de notre génération," explique Bono, reliant le sida aux pestes de l'époque de Jésus, dans une chambre d'hôtel, après le petit-déj. "Ca ne pourrait être plus émouvant, du point de vue des écritures, que c'est à l'esprit de Dieu, que c'est le point de vue de Jésus".

Des années durant, nombre d'évangéliques -- l'auditoire cible de Bono jeudi -- n'étaient pas sûrs de savoir quoi faire de cet Irlandais buveur, noceur et jureur ni de son groupe de rock.

Ces dernières années, la majeure partie de ce septicisme est tombé aux oubliettes. "C'est quelqu'un qui agit," de déclarer le président Bush à propos de Bono lors de ce petit-déj. "Le truc de ce bon citoyen du monde est qu'il utilise son statut pour faire en sorte que les choses se fassent».

Bono est à présent vu en gros comme assignant les chrétiens à un appel plus élevé. "Il est prêt à être utilisé par Dieu de la façon qu'il peut," affirme Richard Cizik, le directeur de la National Association of Evangelicals basée à Washington, "et si nous avions tous autant de volonté, le monde serait un bien meilleur endroit".

La foi personnelle de Bono a un impact et informe la seconde idée principale de son travail, qui est un appel au 21e siècle à ré-imaginer les fondements du christianisme. C'est un effort pour mettre de côté les problèmes qui divisent en matière de morale sexuelle et de partisanat politique pour un retour à se soucier des "moindre de ceux-ci".

Il a ouvertement critiqué les gouvernements de l'Ouest pour ne pas avoir consacré plus de budget à l'aide étrangère, et tout particulièrement pour les médicaments qui aident à traiter le sida, aidé à la scolarité des enfants africains ni fourni de filets antimoustiques responsables de la propagation de la malaria. "Dieu ne tolèrera pas ça," réprimandait Bono lors du petit-déjeuner de prière. "Tout au moins, le mien ne le fera pas. Qu'en est-il du vôtre ?"

Bono a eu la volonté de travailler avec la plupart de ceux qui écoutent -- catholiques, protestants, juifs, musulmans -- avec pour harnais le pouvoir des groupes de foi pour aider les pauvres.

"Il rappelle aux leaders des églises que, hey, il faut se réveiller, vous devriez mener ce combat," souligne l'auteur canadien Robert Vagacs (Religious Nuts, Political Fanatics : U2 in Theological Perspective, dingues religieux, fanatiques politiques : U2 en perspective thologique) publié en novembre dernier. "Ce n'est pas à une rock star de mener ce combat".

Mais Bono n'est pas une rock star comme les autres. Après tout, il n'a pas remporté son titre de Personnalité de l'année 2005, élue par le Times magazine, au côté de Bill et Melinda Gates, pour ses aptitudes musicales.

Le boulot de Bono avec les églises reflète simplement combien il est savoureux politiquement parlant et souligne son troisième but, qui est de s'harnacher au pouvoir de la religion américaine pour donner forme à la politique extérieure américaine, ou tout au moins à son budget.

Bono a bossé avec le républicain George W. Bush et le démocrate Bill Clinton, le conservateur Pat Robertson et le prêcheur progressiste Jim Wallis. La plus forte identité religieuse de l'Amérique a, en fait, fait en sorte qu'il soit plus facile de prêcher son évangile social ici plutôt qu'en Europe, qui est à présent largement séculaire, dit-il.

"L'église," déclarait-il après le petit-déjeuner, "possède un public largement plus important que ceux des stades où joue U2".

En même temps, pourtant, Bono a été ouvertement critique à l'égard de la foi américaine et de la "soit-disant société chrétienne" qu'il qualifie de captive de ses principes de bases et teintée de notions de pêché et de châtiment. Et pourtant, cela ne l'empêche pas de poursuivre sa quête de partenaires où qu'ils se trouvent.

"Je pense que c'était... une décision très stratégique que si nous voulons élargir le mouvement, nous ne pouvons nous permettre d'accepter que les seules personnes que nous apprécions," de déclarer Christian Scharen, un professeur en théologie à Yale Divinity School, auteur d'un livre à paraître sur U2.

Et, à un certain point qu'il avait cru inenvisageable, Bono veut bosser avec ceux qu'il ignorait autrefois.

"Si je m'étais entendu dire ce que je dis aujourd'hui, il y a de cela dix ans," déclare-t-il, "Je ne me serais pas cru moi-même".

mercredi 8 février 2006


Source: Christianity Today/Religion News Service/U2france/eemni

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