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EEMNI - 17.08.2006   Retour à l'aperçu

Agir ensemble: la réponse des organisations d’inspiration religieuse au VIH et au SIDA : quelques progrès, mais il faut faire plus

[Credits] Même si les organisations d’inspiration religieuse ont fait des progrès depuis le dernier Congrès international sur le SIDA qui s’est tenu à Bangkok en 2004, il leur faudra en faire bien plus si elles veulent atteindre les objectifs qu’elles s’étaient fixés il y a deux ans, affirment les leaders religieux réunis au deuxième jour de la Conférence internationale sur le SIDA de Toronto. Principaux points à l’ordre du jour : tendre la main aux personnes vivant avec le VIH ou le SIDA et le dépistage public des responsables religieux.

En République dominicaine, de nombreuses Eglises remplissent les engagements pris à Bangkok, selon Dulce Alejo Espinal, de la Mission baptiste évangélique indépendante. Aujourd’hui, elles ont des ministères qui accompagnent les personnes vivant avec le VIH et le SIDA et viennent en aide aux orphelins du SIDA. Cependant, une minorité d’Eglises a toujours de la peine à passer outre la stigmatisation des personnes touchées par la pandémie.

Au Népal, les comportements ont évolué vers le mieux depuis Bangkok, rapporte Bishnu Ghimire, qui travaille pour le Conseil interreligieux d’Asie du Sud. Les hindous, les chrétiens et les musulmans prennent conscience de l’impact du VIH et du SIDA sur leur communauté religieuse et les responsables religieux commencent à s’exprimer, à prêcher et à attribuer des ressources de manière à réagir à la pandémie. Le VIH est malgré tout toujours lié au péché et les responsables religieux privilégient encore les sermons à l’éducation.

Phramaha Boochuay Doojai, directeur de l’Université bouddhiste de Chiang Mai, évoque les initiatives éducatives menées en Thaïlande par des moines bouddhistes, qui cherchent entre autres à informer les novices sur le VIH et le SIDA et à offrir des conseils pastoraux à la fois dans les hôpitaux et dans les foyers. Il reconnaît cependant que des difficultés subsistent pour changer les attitudes qu’ont toujours eues les gens envers les personnes vivant avec le VIH ou le SIDA.

Selon le pasteur Mark Hanson, évêque de l’Eglise luthérienne évangélique d’Amérique et président de la Fédération luthérienne mondiale, les chrétiens commencent à avoir le courage de suivre Jésus Christ et de tendre la main aux personnes qu’ils ne rencontreraient pas en temps normal. Il appelle malgré tout les Eglises à se repentir et à admettre qu’elles ont été complices d’avoir permis à la stigmatisation et à la discrimination de perdurer et qu’elles n’ont pas su écouter et suivre les gens vivant avec le VIH et le SIDA.

Le professeur Farid Esack, fondateur de l’Association sud-africaine « Positive Muslims », se félicite d’une évolution des comportements au sein de la communauté musulmane mondiale, évoquant des avancées en Egypte, en Malaisie et au Maroc. Il fait pourtant remarquer que les musulmans n’en sont qu’à l’étape de ressentir de la pitié pour ceux qui sont touchés par la maladie et qu’ils ne sont prêts ni à leur donner voix au chapitre, ni à aborder les questions d’injustice, qui demandent une transformation des structures et des communautés.

Il ne suffira pas d’enseigner plus et de prêcher plus, si les prêches et les enseignements ne sont pas les bons, affirme le père Japé Heath, Secrétaire général du Réseau africain de responsables religieux vivant avec le SIDA ou le VIH ou personnellement touchés par eux (ANERELA+). Les croyants doivent réussir à accepter le fait que les personnes vivant avec le VIH ou le SIDA font partie de leur communauté et qu’ils doivent les intégrer pleinement.
Le pasteur Hanson appelle les responsables religieux à faire face à la stigmatisation et à la discrimination en passant un test de dépistage du VIH et en en dévoilant publiquement les résultats. Il affirme par ailleurs sa conviction que les communautés religieuses peuvent être des lieux de formation morale, même en y enseignant les pratiques sexuelles sans risque et en y acceptant les personnes vivant avec le VIH et le SIDA.
Par Juan Michel

Le 14 août 2006


Source: Alliance œcuménique « agir ensemble »

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