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EEMNI - 08.09.2005   Retour à l'aperçu

France, Mialet: Echo du rassemblement protestant du "Musée du désert"

[Credits] Hier, au coeur des Basses Cévennes, dans une région marquée par les guerres de religion, le pasteur Jean-Arnold de Clermont a donné le coup d'envoi d'un trimestre qui s'annonce chargé pour la Fédération protestante de France. Fondée en 1905, elle fêtera son centième anniversaire les 21, 22 et 23 octobre avec une série de manifestations. Son président compte aussi sur la montée en puissance des commémorations de la loi 1905 – jusqu'au mois de décembre – pour rappeler son souhait d'une rénovation du texte ou analyser la vague évangélique sur laquelle, selon lui, les médias surfent trop facilement.


Invité par les protestants du sud de la France qui commémorent le temps des persécutions chaque premier dimanche de septembre, Jean-Arnold de Clermont a ainsi présenté hier les «deux défis majeurs» que les protestants doivent relever aujourd'hui, dont celui «des caricatures de l'évangélisme venues d'outre-Atlantique (...) portées par une médiatisation le plus souvent ignorante des réalités religieuses».


Ce qu'il souhaite pour les protestants de France est loin de «l'impérialisme de la foi». Tout de même, une participation active aux débats publics sans qu'ils se laissent «impressionner par tous ceux qui au nom de la laïcité ne voudraient avoir en face d'eux que des citoyens spirituellement anonymes».


Conservateur du Musée du désert autour duquel quinze à vingt mille protestants se sont rassemblés hier, Denis Carbonnier confirme que «le protestantisme à un message à donner à la société : qu'il existe un christianisme alternatif au catholicisme, le protestantisme fondé sur la liberté». Denis Carbonnier – dont l'arrière-grand-père a cofondé le lieu de mémoire cévenol en 1910 – tient aussi à rappeler que «les protestants ont oeuvré à la rédaction de cette loi de 1905 par leur nombreuse présence dans les ministères concernés». «La littérature protestante, ajoute-t-il, témoigne depuis la XIXe siècle de sa volonté de séparation de l'Église et de l'État.»


Un point auquel tient particulièrement Jean-Arnold de Clermont qui a appelé, hier, à une «vigilance active» dans ce domaine et dénoncé des dérives administratives allant à l'encontre de la liberté de conscience. «Il ne faudrait pas que la laïcité devienne une religion qui exclurait les convictions religieuses», a-t-il mis en garde. En ce sens, il rejoint la position de nombreux responsables religieux catholiques. Mais il prend ses distances avec eux lorsqu'il demande une révision de la loi de 1905 qui, selon lui, entrave la liberté de culte. Dans le dernier numéro du journal Réforme, il dénonce ainsi les relations privilégiées entretenues par l'État avec l'Église catholique. Selon lui, parmi les différentes communautés de croyants, «les seuls qui trinquent sont les protestants puisqu'ils ne posent, en apparence, pas de problème».


Jean-Arnold de Clermont souhaite visiblement que change cet état de fait. «Être évangélique, c'est être ouvert au débat», affirme-t-il dans Réforme. Nul doute qu'en prenant ainsi les évangéliques conservateurs à contre-pied, il ne soit pris à la lettre au sein de sa propre Fédération.

05/09/05


Source: Le Figaro/Vox Dei

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