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EEMNI - 12.03.2005   Retour à l'aperçu

Suisse, Berne: Campagne 2005 Action de Carême/Pain pour le Prochain (PPP)

[Credits] >>La violence n'aura pas le dernier mot

La campagne œcuménique de Carême 2005 Pain pour le Prochain (PPP) et Action de Carême dénonce la violence à l'œuvre un peu partout dans l'hémisphère Sud. Les deux œuvres d'entraide protestante et catholique financent des projets de prévention. Deux actions de récolte de dons à travers 100'000 roses et une campagne SMS sont organisées en mars.

?»Nous croyons: la violence n'aura pas le dernier mot?», tel est le slogan de la campagne des deux grandes œuvres d'entraide suisse, PPP et Action de Carême, à laquelle participe Etre partenaires. Deux actions symboliques sont organisées pour sensibiliser les gens à la violence dans le monde et pour récolter des dons. Ces dons vont dans des projets de prévention de la violence, qui fonctionnent bien, en Indonésie, en Haïti, au Népal, au Soudan et ailleurs, comme en ont attesté les responsables des deux œuvres et leur invité haïtien, Annol Phylidor, responsable d'un centre culturel et d'une coopérative caféière en Haïti.

>>Des roses pour lutter contre la violence

100'000 roses Max Havelaar offertes par Migros seront vendues par des bénévoles recrutés par les paroisses, lors d'une journée d'action, le 12 mars dans tout le pays. Un geste au fort symbole, pour associer la rose au refus de la violence. Un calendrier tiré à 2 millions d'exemplaires distribué gratuitement dans les ménages "invite à la réflexion, à la prière et à l'action".

La campagne de Carême 2005 s'inscrit dans la Décennie Vaincre la violence (2001-1010) du Conseil Œcuménique des Eglises (COE).

Pour Reto Gmünder, Secrétaire général de Pain pour le Prochain: "Là où commence la violence s'arrête le développement". Il y inclut les victimes des conflits armés, les nombreux morts quotidiens, les réfugiés et déplacés. Et ajoute à ce tragique florilège les viols, les atteintes aux droits élémentaires, la misère, la famine.

Pour Antonio Hautle, directeur d'Action de Carême, "il y a chaque jour des tsunamis structurels" dont personne ne parle. "La mauvaise gestion et la corruption dans certains pays du Sud ainsi que des comportements traditionnels préjudiciables à de nombreux enfants, femmes, hommes, également la mondialisation des échanges, la politique des pays riches, y compris des organismes comme l'OMC et le FMI, servent encore et toujours les intérêts des pays riches. Une forme de violence qui amène la misère et la mort".

>>Afrique du Sud, un exemple de réconciliation et de non violence

Invitée de la campagne œcuménique de Carême 2005, Yasmine Sooka, experte Sud africaine a témoigné du vaste processus de reconstruction entreprise par le gouvernement d'Afrique du sud après la période de l'apartheid, dénommé Justice et Réconciliation. Connue internationalement pour son engagement dans les droits humains. Elle a siégé aux côtés de Mgr Desmond Tutu à la Commission V&R mise en place à la fin du régime d'apartheid. Elle s'est exprimée sur ce procédé de réconciliation nationale unique, qui génère des modèles dans d'autres pays touchés par des conflits internes, comme actuellement en Sierra Leone.

Sa venue s'inscrit dans la volonté des deux œuvres de promouvoir la non violence et de faire œuvre de mémoire, comme l'ont rappelé leurs responsables.

La Commission V&R a offert l'amnistie aux anciens bourreaux et persécuteurs "s'ils révélaient les violences qu'ils avaient commises et s'ils pouvaient 'prouver' qu'ils l'avaient fait au nom de l'Etat ou d'un mouvement de libération". C'est ainsi que de nombreuses personnes ont pu connaître la vérité sur leurs proches disparus. Les victimes ont pu parler de leur souffrance publiquement. Les faits incriminés, reconnus politiquement, ont permis à l'Afrique du Sud de construire une réconciliation nécessaire à son développement après 40 ans d'apartheid.

>>Quelques projets en Indonésie, au Népal, en Haïti

Indonésie: un projet Pain pour le Prochain se poursuit dans les îles des Moluques et de Sulawesi, touchées par une guerre civile lors d'affrontements entre chrétiens et musulmans, en 2000. Des milliers de personnes ont été victimes de violences et ont fui leur contrée. A Manado (région à majorité chrétienne) PPP et Mission 21 ont érigé un Centre de crise et de prévention des conflits. Un long processus dans lequel il faut surmonter les préjugés d'une communauté vis-à-vis de l'autre.

Au Népal, Action de Carême soutient un programme d'aide aux femmes en faveur des plus basses castes dans ce pays. Antonio Hautle, directeur d'Action de Carême, a expliqué le sort des femmes dans l'ouest du pays, "considérées comme des bêtes de somme" et qui se ruinent la santé aux travaux agricoles jusqu'au dernier jour de leur grossesse. Travaux qu'elles sont forcées de reprendre immédiatement après.
Dans l'Ouest du Népal, un quart des femmes gravement atteintes dans leur santé
Les conséquences en sont terribles pour leur santé. Dans l'Ouest, une femme sur 4 souffre de "prolapsus de l'utérus", descente de l'utérus, qui pend parfois à l'extérieur, occasionnant des souffrances sans nom. Les soins sont inexistants et il n'est pas possible de fixer l'utérus au stade où en sont les femmes. Les opérations sont rares et parfois les femmes meurent d'avoir voulu le faire elles-mêmes, ou des suites d'infections.

"C'est un symbole de la discrimination dont sont victimes les femmes". Les causes: sous-alimentation, accouchement dans l'étable, grossesses rapprochées, port de lourdes charges avant et après l'accouchement. Sur la pression d'Action de Carême, le gouvernement a inscrit le prolapsus de l'utérus parmi les problèmes de santé. C'est pourtant un sujet tabou dont les femmes n'osent même pas se plaindre, affirme Antonio Hautle.

En Haïti, Action de carême est partenaire d'une coopérative caféière et Centre culturel, à Carice. Un modèle de solidarité dans une société marquée par le chaos, comme l'a rappelé Annol Phylidor. Un Centre de résolution des conflits locaux y fonctionne et aide les habitants à retrouver des valeurs communes dans un pays marqué par une violence extrême. En 2004, lors de son absence du Centre, des bandes armées d'une ville frontalière sont venus à Carice, soi-disant pour chercher des anciens partisans d'Aristide. Sa propre femme et ses enfants ont été menacés Mais les habitants ont repoussé les assaillants, raconte-t-il, témoignant ainsi de la solidarité qui naît de l'action communautaire. millions

24.02.2005


Source: kipa-apic

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