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EEMNI - 19.08.2005   Retour à l'aperçu

COE: la décennie vaincre la violence ne cesse de prendre de l’ampleur

[Credits] Par Walt Wiltschek et Catherine Aubé-Elie (*)

La Décennie Vaincre la Violence, maintenant presque à mi-parcours, est adoptée partout dans le monde

La Décennie Vaincre la Violence (DVV) a été lancée en 2001 au cours d'une célébration à Berlin (Allemagne), pour engager les Eglises sur le chemin de la recherche de la réconciliation, de la justice et de la paix. Le mouvement, initié par le Conseil œcuménique des Eglises (COE), met l'accent chaque année sur une partie du monde différente: en 2004, les Etats-Unis étaient au cœur du projet. Cette année, c'est l'Asie, et en 2006, ce sera l'Amérique latine, avec une participation prioritaire de la jeunesse.

Dans chaque région sur laquelle l'accent a été mis, les personnes qui se sont engagées rapportent qu'elles ont rencontré de l'enthousiasme et de la bonne volonté.

"L'enthousiasme grandit à mesure que davantage de gens et d'Eglises entendent parler de la Décennie", déclare la pasteure Bernice Powell-Jackson, présidente du COE pour la région nord-américaine et porte-parole de la Décennie durant "l'année américaine".

"Le plus difficile est de faire connaître la démarche. La plupart des croyants sont confrontés à la violence, et nous sommes tous appelés à nous en occuper. Quand on réalise qu'on fait partie de tout un monde de chrétiens qui travaillent avec cette réalité et prient à son sujet, on se sent largement encouragé" a-t-elle fait remarquer.

Durant son exposé au comité central le 15 février, le secrétaire général du COE le pasteur Samuel Kobia a fait allusion à la Décennie, qui est l'une des initiatives les plus visibles du Conseil : la Décennie "a fourni à un nombre grandissant d'Eglises un cadre pour répondre à la violence de façon globale, et pour trouver des moyens nouveaux de la surmonter."


> Un mouvement transformateur

La popularité de la Décennie est peut être due en partie au fait que ce n'est pas un programme du COE en tant que tel, mais plutôt un moyen de canaliser les nombreuses activités de promotion de la paix déjà mises en place par les Eglises, et de leur adjoindre celles qui débutent dans ce domaine.

Fernando Enns (Eglise mennonite en Allemagne), membre du comité central, affirme que c'était bien là l'idée de départ : c'est lui qui a rédigé la motion qui a donné naissance à la Décennie, au dernier jour de la 8ème assemblée à Harare (1998). "Je l'ai imaginée davantage comme un mouvement que comme un programme du Conseil. Nous rêvions d'initier un mouvement d'Eglises s'associant pour surmonter la violence. Ce que nous espérions, c'est que les Eglises s'y attachent, qu'elles le fassent-leur. Ouvrir un espace œcuménique où l'on puisse travailler la question".

Hansulrich Gerber, coordinateur de la Décennie pour le COE, confirme ce point de vue : "Nous ne gérons pas un programme pour vaincre la violence. Nous communiquons ce que font les Eglises dans ce domaine. Mais au-delà, nous essayons de leur faire découvrir le paysage élargi de la prévention de la violence et des stratégies pour la surmonter, tel qu'il se développe à l'extérieur des cercles ecclésiastiques. Nous sommes tous parties prenantes dans cette lutte."

Et il ajoute que "les Eglises et les communautés disposent d'une masse critique grandissante de pouvoir de transformation pour surmonter la violence. Nous avons l'énergie et le dynamisme nécessaires".


> Des Etats-Unis à l'Asie, puis en Europe en 2007


Le projecteur se déplace maintenant vers l'Asie ou, selon le Rév. Ahn Jae Woong, secrétaire général de la Conférence chrétienne d'Asie (CCA), la Décennie sera très utile pour les populations de cette partie du monde, et "une occasion de redonner vie à la sagesse asiatique sur le vivre ensemble". Le Rév. Wong ajoute que les ressources consacrées à promouvoir la paix ont été distribuées, et que le thème de la douzième assemblée générale en Thaïlande ce printemps sera "Construire des communautés de paix pour tous", dans la ligne de la Décennie.

En 2007 la décennie mettra l'accent sur l'Europe. Mme Marie-Christine Michau, représentant le pasteur Marcel Manoël, président de l'Eglise réformée de France, nous dit en quoi cette initiative du Conseil concerne les chrétiens de France :

"La Fédération protestante de France a organisé en octobre 2004 à Clermont-Ferrand une rencontre sur la Décennie, à laquelle j'ai participé. En tant qu'enseignante et parent d'élève, je me sens particulièrement concernée. La situation souvent difficile de l'enseignement en France est le reflet de celle de la société, et nous devrions nous sentir tous concernés - pas seulement les parents et les enseignants. Mais la montée de l'indifférence, de l'individualisme, la démission des adultes en général - pourquoi personne ne réagit-il quand un jeune est incivil dans les transports en commun ? créent une ambiance générale contre laquelle il faut lutter. L'initiative du Conseil œcuménique des Eglises a le grand mérite de provoquer une prise de conscience et de pousser à la réflexion, au niveau local comme à celui des institutions."


> L'avenir


Des projets sont en chantier. Fernando Enns a annoncé une importante conférence sur la Décennie à mi-parcours en Allemagne, pendant que les Eglises de la paix historiques (les Mennonites, l'Eglise des Amis, et l'Eglise des Frères) qui ont déjà organisé deux rassemblements ces dernières années en Suisse et au Kenya, en préparent un troisième, peut être en Asie.

La Décennie Vaincre la Violence sera aussi présente à la conférence sur la Mission et l'Evangélisation en mai à Athènes. Et une célébration sera organisée à Porto Alegre en février 2006 pour marquer le mi-parcours de la Décennie.

Le COE a également relié la Décennie pour Vaincre la Violence et la Décennie des Nations Unies pour une culture de paix et de non-violence pour les enfants du monde, en envoyant des représentants à la première Exposition internationale d'Initiatives de paix à Paris en juin 2004.

A l'automne 2004, pour la première fois, les Eglises ont été encouragées à faire de la Journée internationale de la paix des Nations Unies, le 21 septembre, une journée internationale de Prière pour la paix, "une bonne occasion de rejoindre par la prière toutes les communautés de foi du monde, en renforçant la dimension œcuménique et la dimension interreligieuse de notre travail", a encore affirmé le pasteur Samuel Kobia.

"Ce qui a commencé comme une étincelle d'espoir a grandi aux dimensions du monde, et nous avons encore plus de la moitié du temps devant nous" dit Fernando Enns. "Cela me remplit de joie et d'espérance. Nous avons assisté à de beaux développements en Afrique, en Tanzanie, au Ghana, en Inde, en Amérique latine - on pourrait citer bien des noms. Cela commence par être une simple lumière. Et même si c'est une petite lumière, si vous la placez sur une colline, les gens la remarquent".

(*) Walt Wiltschek est journaliste pour "Messenger", le magazine mensuel de l'Eglise des frères aux Etats-Unis. Catherine Aubé-Elie est secrétaire de rédaction de "Unite des Chretiens", une publication oecuménique basée à Paris.


30/03/2005


Source: Conseil oecuménique des Eglises (COE)

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