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EEMNI - 12.05.2004   Retour à l'aperçu

Etats Unis, Pittsburgh: l'affaire Dammann - les homosexuels interdits de tout ministère dans l’EEM, décision majeure de la Conférence Générale

[Credits] Le mariage de personnes du même sexe fait actuellement surface partout dans le monde jusqu'en France. Déjà un Etat américain, l'Oregon, homologue les mariages homosexuels, malgré l’avis défavorable des instances fédérales américaines. Parmi toutes les Eglises historiques, l’Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) n’échappe pas aux remous que créent ces évolutions.

Tout en défendant les droits et les libertés des homosexuels, l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) avait jusqu’ici pris nettement position contre la pratique homosexuelle jugée contraire à l'enseignement chrétien. Cette formulation était-elle équivoque? Une juridiction locale américaine de Seattle, la commission de discipline relevant de la Conférence Annuelle (CA) de l’Oregon, n’était pas loin de le penser, puisqu’elle a maintenu dans ses fonctions pastorales une femme pasteur, homosexuelle déclarée, au terme d’un procès.

Karen Dammann, tel est le nom de cette pasteure de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) traduite fin mars devant un jury de 13 pasteurs après avoir déclaré vivre depuis neuf ans une relation homosexuelle contractuelle avec une partenaire, qu'elle venait juste d'épouser à Portland (Oregon).

A la surprise générale, ce jury a disculpé Karen Dammann de tout chef d'accusation et l’a maintenue à son poste, estimant que la clause d'incompatibilité n'avait pas force de loi et que la lutte contre toute forme de discrimination devait primer sur toute autre considération.

Cette nouvelle fit l'effet d'une bombe et l'émotion fut à son comble de par le monde. Le Conseil des Evêques de l’EEM est monté en première ligne pour défendre la ligne traditionnelle de l'Eglise: en aucun cas, cette décision juridique ne ferait jurisprudence dans les autres Conférences Annuelles. Il a enfin plaidé pour le primat de l'amour dans l'Eglise sur toutes divergences de vue.

La Conférence Générale (CG) de l'EEM, instance législative de la dénomination, réunie à Pittsburgh du 27 avril au 4 mai 2004, s'est saisie à son tour de la question. Ses délégués ont voté par 551 voix pour et 345 voix contre en faveur de la révision du procès de la pasteure Karen Dammann.

Quant à la plus haute juridiction de l'Eglise (the Judicial Concil), le Conseil Juridique, il a éclairci la position officielle de l'Eglise. Ses arrêts sont lapidaires:

Le Règlement de l'église ne souffre d’aucune ambiguité et a force de loi, quand il affirme que "la pratique de l'homosexualité est incompatible avec l'enseignement chrétien". Il s'en suit qu'un pasteur ne peut pas exercer de ministère dans l'EEM, quand il "vit une relation homosexuelle contractuelle avec un partenaire". C'est même une cause et clause suffisantes de destitution pour un pasteur. Cela revient à dire qu'un homosexuel actif se voit actuellement interdire tout ministère au sein de l'EEM: "des homosexuels "vivant une relation homosexuelle contractuelle avec un partenaire" ne doivent pas être acceptés comme candidats, ordonnés comme ministres ni appelés à servir dans l'Eglise Evangélique Méthodiste." De plus, la pratique de l'homosexualité est un nouveau motif de révocation pour un pasteur évangélique méthodiste.

A ce jour, nul ne peut préciser quelle "signification, application et effet" cette décision du Conseil aura sur l'affaire Karen Dammann et son verdict jugé irrévocable selon les termes du Règlement actuel, car les statuts de l’EEM ne reconnaissent aucune compétence au Conseil Juridique pour la révision du procès Dammann. On sait seulement que les décisions du Conseil Juridique n’auront pas de valeur rétroactive. Le même Conseil tient néanmoins à souligner qu'un évêque ne sera pas libre à l’avenir de nommer un pasteur dont un tribunal de première instance a dûment établi "l'homosexualité avérée."

Difficile donc dorénavant pour une Conférence Annuelle (CA), à travers sa commission de discipline, "de nier, ignorer ou violer le règlement de l'église”, difficile aussi pour un évêque confronté au cas d’un homosexuel déclaré de passer outre le Règlement explicité par le Conseil Juridique de l’EEM: un pasteur "vivant une relation homosexuelle contractuelle avec un partenaire" sera inévitablement révoqué de ses fonctions.

Une seule et même loi et règlement prévaudra dorénavant dans l’ensemble de l’EEM et aucune juridiction locale ne pourra s’y soustraire: "nous nous considérons comme une seule famille et nous devons nous soumettre à la même discipline," affirme le pasteur Maxie Dunnam de la délégation du Kentucky. "Je pense que nous avons fait là quelque chose de juste pour l'église. C'est historiquement et bibliquement correct pour l'église de dire que l'homosexualité est incompatible avec les enseignements du Christ," ajoute de son côté Tom Junk, un délégué de Tulsa, Oklahoma.

La dénomination forte de 8.3 millions de membres vient d’échapper de justesse à une division. "Je ne sais pas si nous avons avancé, mais nous avons en tout cas prévenu un désastre," a dit Mark Tooley, dirigeant du groupe Méthodiste UMAction au sein de l'Institut pour la Religion et la Démocratie.


Source: EEMNI/UMNS/presse américaine

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