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EEMNI - 17.12.2004   Retour à l'aperçu

Canada, Toronto: les Eglises rencontrent la ministre de l’immigration

[Credits] Lundi le 13 décembre, des représentants des Églises unie (composée en partie de méthodistes), anglicane, presbytérienne et unitarienne ont rencontré la ministre fédérale de l’immigration, madame Judy Sgro, pour discuter des solutions possibles pour cinq cas de sanctuaire en attente, ces personnes étant réfugiées dans des églises de Montréal, Ottawa et Vancouver. À l’issue de cette rencontre, certaines de ces personnes ont eu de bonnes nouvelles et les autres continuent de prier et de garder espoir.

Les Églises applaudissent l’initiative de la ministre d’accorder un permis de résidence temporaire à deux des familles ayant trouvé refuge dans des églises. Il s’agit de la famille Ayele qui vit présentement dans l’église Union United Church à Montréal, et Samsu Mia qui a trouvé asile dans l’église First Unitarian Congregation à Ottawa. Ces paroisses ont accepté de les soutenir pour une année encore afin d’assurer leur intégration et leur indépendance financière au Canada.

Citoyenneté et immigration Canada accélèrera aussi l’étude des trois autres dossiers de sanctuaire. Les Églises souhaitent qu’une solution soit trouvée pour ces personnes avant la fin janvier. Pendant ce temps, toutefois, ces familles devront demeurer dans les églises qui les ont hébergées, pour certaines jusqu’à 18 mois encore.

«C’est vraiment une journée d’émotions fort diverses. D’une part nous nous réjouissons pour les personnes qui vont finalement vivre l’accueil du Canada qu’elles méritent largement et, d’autre part, nous prenons durement conscience du désappointement que ce jour apporte à ceux et celles qui doivent demeurer à l’abri des sanctuaires», a commenté le pasteur Paul Fehely de l’Église anglicane du Canada.

«Nous prions pour que l’espoir suscité aujourd’hui par l’intervention de la ministre de l’immigration et sa décision humanitaire aide les dernières familles qui doivent demeurer dans les églises à supporter l’attente de la justice», explique Heather Macdonald, responsable des programmes pour les réfugiés et l’immigration de l’Église Unie du Canada.

Madame Macdonald ajoute que cette rencontre de lundi avec la ministre fait suite à une autre rencontre qui a eu lieu en septembre et consolide une longue histoire de collaboration des Églises canadiennes pour traiter des questions d’immigration et plaider la cause des réfugiés auprès du gouvernement.

Le pasteur Rick Fee, modérateur de l’Église presbytérienne au Canada, a fait la remarque que la décision de la ministre aujourd’hui constitue une rare et exceptionnelle intervention commandée par les circonstances, les personnes en cause ayant épuisé les ressources du système de requête à la disposition des réfugiés.

«Les Églises admettent que le sanctuaire est un dernier recours. Nous sommes heureux que la ministre ait reconnu cela en offrant une solution à court terme pour ces cas particuliers», a dit madame Macdonald. Elle a ajouté que les Églises étaient impatientes de voir des changements apportés au système, comme des appels basés sur le mérite, qui permettront de réduire le recours à des mesures aussi désespérées par des personnes qui n’ont nulle part où aller et qui craignent pour leur vie.

Avec ces bonnes nouvelles, l’Unité des ministères en français attire l’attention sur le fait que des cas qui nécessitent une intervention urgente, sont encore en suspens, en accord avec la Ligue des droits et libertés du Québec qui continue «de dénoncer les délais et les souffrances inacceptables que doivent encore subir la famille colombienne Vega et la famille palestinienne Ayoub toujours en sanctuaire et pour lesquels le gouvernement ne s’est toujours pas prononcé.»

De plus, la Ligue rappelle que le cas de Monhamed Cherfi toujours en détention aux États-Unis est lui aussi en suspens. Elle désire aussi interpeller la ministre «pour qu’une décision des autorités canadiennes soit rendue avant le 7 janvier dans la demande de parrainage collectif déposé pour Mohamed Cherfi».

Gérald Doré, le pasteur de l’église où Mohamed Cherfi avait trouvé asile, est du même avis. «La ministre de l'Immigration n'a pas mis à l'ordre du jour de sa rencontre avec les Églises le cas de Mohamed Cherfi. L'église unie Saint-Pierre se considère toujours comme un sanctuaire voué à sa protection, même s'il a été arraché par la force au refuge que nous lui avions offert. En juin, nous avons déposé une demande de parrainage collectif en faveur de Mohamed, et au début de juillet, le groupe de parrainage a été accepté par le gouvernement du Québec. Le dossier a aussitôt été transmis au gouvernement fédéral. Il a fallu attendre jusqu'au 10 décembre, avant qu'un responsable des services d'immigration du gouvernement canadien à Buffalo rencontre Mohamed dans la prison américaine où il est présentement détenu.»

Pour le pasteur Doré, «les autorités fédérales ont déjà en main toute l'information qui justifie le rapatriement de Mohamed. Nous ne comprenons pas qu'il ne soit pas inclus dans les bonnes nouvelles à propos des sanctuaires.»

La Ligue tient à rappeler qu’une décision erronée dans le jugement d’une demande de refuge «a des conséquences trop graves sur la vie des personnes concernées pour que la ministre continue de refuser la mise en place d’un véritable processus d’appel des décisions rendues par la section des réfugiés de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.»

16/12/04


Source: Église Unie du Canada

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