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EEMNI - 24.05.2003   Retour à l'aperçu

John WESLEY, les personnes qui l'ont influencé

[Credits] Vers la fin de sa vie, John WESLEY insista sur le fait que ses convictions étaient restées les mêmes depuis le début du réveil méthodiste. En regardant de plus près, nous découvrons qu'il les a précisées et accentuées tout au long d'une oeuvre de plus de cinquante ans. Nous remarquons également comment il les a mises en pratique. Plusieurs personnes y contribuèrent.

Tiré de la couverture du livre de l'auteur de cet article : Reluctant Saint ? A Theological Biography of Fletcher of Madeley, Epworth Press 2001.

Jean-Guillaume de la FLÉCHÈRE


L'influence la plus marquante sur WESLEY fut exercée par un homme francophone, Jean-Guillaume de la FLÉCHÈRE. Celui-ci naquit en Suisse romande, émigra en Angleterre et devint prêtre de l'Église d'Angleterre tout comme les frères WESLEY eux-mêmes. Dans ses traités théologiques, de la FLÉCHÈRE souligna l'étendue de l'oeuvre de la grâce divine autant dans l'histoire de l'humanité que dans la vie d'un individu. Il visa comme but de toute vie humaine d'être transformée par la grâce afin d'aimer Dieu et son prochain.

Susanna et Samuel WESLEY

D'autres personnes encore contribuèrent à façonner les convictions de base de John WESLEY. Les deux parents de John avaient des personnalités fortes et étaient d'un caractère très différent. Les deux, indépendamment l'un de l'autre, décidèrent de quitter le mouvement dissident et de réintégrer l'Église d'Angleterre qui était une Église d'État. Ils la considéraient comme la meilleure du monde. Les deux appréciaient la littérature spirituelle des puritains qui voulait amener l'homme à une vie qui plaît à Dieu. Ils exprimaient tous les deux des convictions théologiques claires: ils soulignaient l'importance de la réponse de l'homme face à la grâce divine qui lui est offerte et s'opposaient à la doctrine de la prédestination. Le père consacra plusieurs années à écrire un commentaire sur le livre de Job tandis que la mère insista davantage sur les conséquences pratiques de la doctrine chrétienne. C'est elle, Susanna WESLEY, qui s'occupa également de l'éducation religieuse de ses enfants. Il est intéressant de noter qu'elle s'y appliquait avec autant de soin pour ses filles que pour ses fils. Alors que John avait déjà quitté la maison parentale depuis un moment, il continuait une correspondance avec sa mère sur des questions de foi et de vie chrétiennes.

Trois auteurs de livres de dévotion pratique

Dans ses premières années d'études, John WESLEY décida de consacrer toute sa vie à Dieu. Il voulait mener une vie sainte, c'est-à-dire faire en sorte que toute sa vie appartienne à Dieu et soit remplie de la volonté divine. Une amie le mena sur ce chemin quand ils lurent ensemble des livres de dévotion pratique. Trois auteurs les stimulèrent particulièrement:
- l'évêque anglican Jeremy TAYLOR avec ses conseils pratiques pour une vie sainte qui ne fuit pas ce monde;

- le mystique catholique Thomas a KEMPIS par son appel à suivre le Christ en mettant l'accent sur une vie spirituelle intérieure en communion avec Jésus ;
- le contemporain William LAW avec sa redécouverte d'une vie menée dans la perfection chrétienne selon le modèle des premiers chrétiens.

John CLAYTON

Ainsi, la vie de John WESLEY fut scellée d'un but immuable: «La sainteté du coeur et de la vie».
Lorsque John WESLEY devint prêtre de l'Église d'Angleterre et enseignant à l'Université, il s'occupa particulièrement d'un meilleur accompagnement des étudiants. Suite à l'initiative de son frère cadet Charles, des groupes estudiantins se développèrent, se réunissant régulièrement pour l'étude et la pratique religieuse. Quand John reprit la conduite de ces groupes, il accepta des suggestions des participants. Un des étudiants, John CLAYTON, fut frappé de la misère sociale à Oxford et les étudiants commencèrent des initiatives sociales et diaconales dans des prisons, parmi des familles pauvres et en faveur des enfants illettrés. Ils étaient convaincus que le but d'une vie sainte doit se manifester par des actes concrets d'amour envers le prochain.

Les frères moraves et Peter BÖHLER

En route vers les colonies américaines, John et Charles WESLEY rencontrèrent des frères moraves qui les introduisirent à une foi luthérienne et piétiste. Les frères WESLEY furent étonnés de la force intérieure dans la piété de coeur des moraves qui chantaient des cantiques de louange au milieu de tempêtes affreuses. Pendant la courte période passée en Amérique, John reprit l'idée morave de se réunir en petit groupe pour échanger les expériences de chacun et progresser ensemble dans la foi. Il l'appliqua dans l'organisation d'une Église locale au sein de l'Église d'Angleterre en Amérique. Dorénavant s'y ajouta la conviction que le but d'une vie sainte ne peut être atteint qu'à travers un engagement des fidèles dans de petits noyaux communautaires.

De manière douloureuse, John et Charles WESLEY s'aperçurent que leurs meilleurs efforts ne menaient pas au but. De retour en Angleterre, le morave Peter BÖHLER les conseilla. Il souligna qu'aucun homme n'est juste devant Dieu à cause de ce qu'il fait, même s'il se donne énormément de peine pour être un homme de bien. Seul la confiance en la miséricorde de Dieu, révélée en Christ, peut le rendre juste et le réconcilier avec Dieu. Plusieurs entrevues furent nécessaires jusqu'à ce que John et Charles WESLEY reconnaissent que ce conseil est biblique et jusqu'à ce que l'acceptation intellectuelle devienne une certitude existentielle. Ils découvrirent alors une force jusqu'alors inconnue qui libère et renouvelle l'homme. Une conviction brilla en eux avec la clarté et la puissance du soleil: mener une vie sainte demeure un but magnifique. Il faut continuer autant qu'avant à s'engager dans ce monde par des actes d'amour envers le prochain et constituer des cercles pour tous ceux et celles qui sont sur le chemin vers ou dans la foi, mais la force de parvenir au but d'une vie sainte et joyeuse ne vient que de Dieu et par sa grâce. La porte qui permet d'y accéder est la foi en Christ.

Patrick STREIFF


Source: LE MESSAGER CHRÉTIEN - JUIN 2003

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