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EEMNI - 21.02.2003   Retour à l'aperçu

Pas de sanctification pour les chansons à boire

[Credits] Par Larry Witham
The Washington Times

Un conseiller en musicologie de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) a entrepris de réfuter la légende selon laquelle John et Charles Wesley, deux frères considérés comme étant les pères du méthodisme au XVIIe siècle, auraient basé la mélodie de certains cantiques parmi les plus populaires de la chrétienté sur des chansons à boire du XVIIIe siècle.

"Partout, tout au long de l'été, dans d'innombrables réunions, j'ai entendu répéter cette idée erronée selon laquelle les frères Wesley auraient utilisé des chansons à boire", a déclaré Dean McIntyre, un conseiller en matière de musique de la Commission pour la formation des laïques de l'EEM.
"C'est un mythe. Ce n'est tout simplement pas vrai".

John et Charles Wesley, pasteurs anglicans dont la prédication conduisit à la fondation de l'Eglise Méthodiste en Angleterre vers la fin des années 1700, ont composé nombre de cantiques très connus, chantés aujourd'hui encore dans toutes les dénominations chrétiennes. Interrogé par téléphone à Nashville, Tennessee, M. McIntyre a dit que de nombreux méthodistes actuels, inspirés par la manière d'évangéliser des Wesley, visant à toucher l'homme de la rue, veulent croire que pour sauver des âmes, ils ont sanctifié des chansons de tavernes braillées par des ivrognes en y insérant de nouveaux textes.

"Nombre de gens ont beaucoup aimé l'idée que les Wesley étaient animés d'un zèle évangélique tel qu'ils auraient pu faire une chose pareille", dit M. McIntyre. Ses premiers articles à ce sujet remontent à l'an passé; comme la légende perdurait, il a récemment envoyé une nouvelle note aux experts en musique d'église.

"Cette idée de chansons à boire peut servir à justifier l'utilisation actuelle de musique populaire pour atteindre nos contemporains. Je n'ai pas de problème avec cela", dit-il. "Mais l'histoire des tavernes est un mythe."

M. McIntyre participe souvent à des réunions consacrées à la musique d'église, p.ex. celles de la Société hymnologique des Etats-Unis et du Canada, où l'on fait fréquemment référence à l'origine séculière de la musique sacrée, qui a fait des emprunts à des chants d'amour, à des chansons populaires, à l'opéra et au théâtre. "Going Home", par exemple, un cantique souvent chanté lors de services funèbres protestants, utilise une ligne mélodique tirée de la Symphonie du nouveau monde, d'Antonin Dvorak. (Cela est vrai aussi d'autres genres musicaux: Francis Scott Key a écrit l'hymne national américain "Star-Spangled Banner" sur la musique d'une chanson à boire galloise).

Cet été, M. McIntyre a toutefois été surpris d'entendre si souvent le canard relatif aux cantiques tirés de chansons à boire, une théorie également appliquée aux cantiques du réformateur allemand Martin Luther.

"Il y a un peu plus de marge d'interprétation avec Luther", dit-il. "Mais les Wesley n'auraient jamais pensé à cela".

M. McIntyre, fils de pasteur, compositeur et titulaire d'un doctorat en musicologie, explique que la légende est probablement née, il y a des générations, d'une interprétation erronée des termes "bar tune" ou "bar form", qui font référence au nombre de vers répétés dans un chant.

Dans la "bar form" classique, par exemple, une ligne mélodique chantée deux fois est suivie d'une ligne de contraste et, parfois, du retour à la mélodie originale. "What a Friend I have in Jesus" aussi bien que "Kansas City", l'une de premières mélodies de blues, s'inscrivent dans le modèle de la "bar form". "Par ignorance, les gens ont commencé à dire que c'était une musique de bar ou une chanson à boire", dit M. McIntyre. "Mais si l'on étudie les notes des Wesley en marge de leurs cantiques ou de leurs préfaces, on n'y trouve absolument aucune trace de cela".

Dans la musique religieuse contemporaine, il y a débat pour savoir jusqu'à quel point des airs populaires ou séculiers peuvent être empruntés ou imités, en vue de modifier l'atmosphère du culte dominical ou d'attirer des générations d'Américains non intéressés par l'église et son message.

Dans le passé, on empruntait facilement de la musique, dit M. McIntyre, et l'Armée du Salut a excellé dans l'art d'adapter des airs de la rue afin de toucher les masses populaires d'Angleterre et des Etats-Unis. Mais les droits d'auteurs modernes ont imposé de sérieuses restrictions à cette pratique.

C'est ainsi que l'Eglise Evangélique Méthodiste avait mis les paroles d'un cantique sur une mélodie tirée de "Edelweiss", un air composé pour la revue musicale "The Sound of Music" de Rodgers et Hammerstein; les producteurs ont intenté une action en justice pour obliger l'Eglise à renoncer à utiliser cette mélodie.. "Ce que vous pouvez faire aujourd'hui, c'est imiter un style", dit M. McIntyre. Mais le copyright fait en sorte qu'une œuvre originale ne peut pas être modifiée et cela est très bien ainsi".

18.02.03


Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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