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EEMNI - 21.02.2003   Retour à l'aperçu

Allemagne: l'évêque Klaiber écrit EEM sur le président Bush et l'EEM

[Credits] Voici un texte rédigé par D. Walter Klaiber, évêque de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) en Allemagne, et disponible sur la page d'accueil de l'EEM Allemagne. L'évêque Klaiber écrit sur le rapport que le président américain George W. Bush entretient "avec son" Eglise, l'United Methodist Church -UMC- (Eglise Evangélique Méthodiste) dont il est membre.

"Certaines Eglises ont des problèmes avec leurs membres. C'est particulièrement le cas, si ces membres sont d'éminentes personnnalités. Dans le passé, un tel conflit se produisait du fait que l'Eglise était beaucoup plus conservatrice que les hommes publics avec la somme de leurs expériences et de leurs approches progressistes.

Aujourd'hui, le conflit prend des formes opposées: les Eglises cessent d'être les gardiennes de convictions du passé, alors que certains hommes politiques conservateurs voudraient les défendre. Illustration de cette évolution majeure, les relations tendues entre le président américain Bush et son Eglise, l'United Methodiste Church (en Allemagne/Suisse/France, l'Eglise Evangélique Méthodiste).

Déjà du temps où Bush Texas était le gouverneur du Texas se posaient des problèmes. Les Principes Sociaux de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) contiennent déjà depuis un grand nombre d'années la proposition suivante: "Nous exigeons l'abolition de la peine de mort dans le monde entier". Cette exigence, qui s'adresse également aux USA, a été reformulée dans de multiples résolutions adoptées par la Conférence Générale (CG) de cette Eglise. Bush n'a pas suivi ces résolutions au cours de son mandat comme gouverneur du Texas. Il y a eu plus d'exécutions capitales au texas que dans aucun autre Etat des Etats-Unis au cours de son mandat.

Tout aussi dramatique se présente le différend de Bush avec son Eglise sur la question de la guerre comprise comme instrument politique. Sur ce sujet, les Principes Sociaux déclarent: "Nous croyons que la guerre est incompatible avec l'enseignement et l'exemple du Christ.

Bien que la coercition, la violence et la guerre soient toujours utilisées pour influencer les différends existant dans les relations internationales, nous y sommes opposés car ils sont en contradiction avec l’Evangile et l’Esprit du Christ. Nous réclamons un droit international qui interdise et condamne la guerre, la violence et la coercition. ... Nous croyons que la guerre est inconciliable avec l’enseignement et l’exemple du Christ. Nousrejetons par conséquent la guerre en tant qu’instrument politique. Nous sommes convaincus que le plus important devoir moral de tous les Etats est de régler tous les conflits auxquels ils sont confrontés par des moyens pacifiques. Dans la détermination des priorités gouvernementales, les valeurs humaines doivent primer les exigences militaires."


Cette conception a été confirmée par la Conférence Générale (CG) et tout dernièrement aussi par le Conseil des évêques en particulier sur la prétendue nécessité d'attaques préventives.

Mais il n'y a pas manifestement pas de communication entre Bush et son Eglise, et d'après des sources sûres, Bush a aussi refusé depuis le début de la crise de l'Irak de parler de ce sujet avec des représentants officiels de son Eglise ou d'autres Eglises.

Celui qui analyse dans le détail les discours du président, reconnaîtra aussi immédiatement que le "méthodiste convaincu" Bush ne se réfère ni à l'enseignement de son Eglise ni en général à l'enseignement biblique. Son argumentation religieuse est plutôt à situer dans le cadre de la religion civile commune qui fonde la mission particulière des USA dans l'évolution historique de ces dernières années: grâce à quoi les USA sont devenus l'unique puissance mondiale et ont à assumer ainsi la responsabilité correspondante, l'Amérique s'identifiant quasiment au peuple élu de Dieu. La piété personnelle du président a beau être biblique, l'argumentation théologique de sa philosophie politique est loin de l'être. Elle s'enracine dans l'idée d'élection fortement sécularisée tout en ayant encore un fondement religieux.

Comment une Eglise foit-elle se comporter vis-à-vis d'un membre éminent qui refuse aussi ostensiblement les principes de base éthiques si importants de sa propre Eglise? En Allemagne, on entend toujours à nouveau des gens réclamer que l'United Methodist Church se sépare de son membre George W. Bush. Aux USA, on écoute cette demande avec étonnement. On est habitué là-bas que les membres de l'Eglise partagent d'autres vues que les organes chargés de formuler la position officielle de cette Eglise. Et ce principe ne devrait pas compter pour le méthodiste George W. Bush, uniquement parce qu'il est le président?

Cependant l'Eglise a le devoir prophétique de le contredire en public et de lui rappeler que l'enseignement de son Eglise fondé bibliquement demeure comme jamais valable. Les représentants du Conseil National des Eglises (NCC) des USA ont exprimé avec force une position semblable lors de la rencontre des dirigeants d'Eglise européens le 5 février à Berlin."

Le 12.02.2003


Source: EMKNI/D. Walter Klaiber/la page d'accueil de l'EEM Allemagne

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