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EEMNI - 02.12.2003   Retour à l'aperçu

Macédoine, Montenegro/Serbie: Conférence Annuelle EEM du 15 au 19 octobre 2003 à Kisac

[Credits] "Celui qui ferme ses yeux sur le passé, devient aveugle au présent." Cette citation de Richard von Weizsäcker est un défi pour nous. Car nous vivons à une époque où les changements sont nombreux et rapides. Ce qui comptait hier, n'est plus valable aujourd'hui, et sera demain largement dépassé. Même si toujours à nouveau des voix se lèvent pour dire: la foi dans le progrès et les attentes pour l'avenir sont grandes. Tout en se réclamant de cette foi, on se focalise souvent unilatéralement sur la jeunesse et on mène une lutte pour la jeunesse éternelle. On veut être jeune, dynamique et dans le vent - et apparaître comme tels. En conséquence de cette attitude, on perd souvent de vue beaucoup d'hommes et de femmes. Egalement dans l'Eglise. Des personnes qui se sont mis au service des autres leur vie durant et qui leur ont transmis l'amour de Dieu en paroles et en actes. Des personnes qui ne veulent plus et ne peuvent plus marcher au rythme du temps présent pour des raisons d'âge ou de santé. Des personnes, enfin, qui se sentent déjà rappelées par Dieu.

- Les membres de la Conférence Annuelle (CA) EEM au Monténégro / Serbie et en Macédoine ont pris le risque de regarder en arrière lors de leur dernière Conférence au cours de différentes rencontres et, peut-être, réussi à garder justement de cette manière leurs yeux ouverts sur le présent.

LES COMMUNAUTES EN PLEINE ÉVOLUTION

L'EEM connaît une forte croissance en règle générale en Macédoine mais aussi au Monténégro / Serbie - et la croissance est non seulement numérique, mais elle est encore spirituelle. Cependant cette réalité très réjouissante se couple aussi de difficultés. Il est ainsi très difficile, par exemple, de louer, en Macédoine, des locaux à des fins religieuses, ce qui complique et rend même quasiment impossible l'organisation de réunions pour les nouvelles communautés. On pourrait résoudre de tels problèmes en construisant des bâtiments d'Eglise et en mettant à la disposition des communautés des locaux appropriés à leur mission. Mais les finances disponibles ne leur permettent que de faire de petits pas suivant les priorités de l’heure. Dans ce contexte, on préfère exprimer à Dieu sa reconnaissance à Dieu pour sa bonté plutôt que de se plaindre pour les restrictions financières et c’est réjouissant.

Un autre aspect de la réalité, ce sont les hostilités dont pâtit l'EEM: on écrit des graffiti sur les murs, où l'on souhaite par exemple la mort aux méthodistes, on casse des vitres ou on commet d'autres dommages de ce genre. Enfin on ne peut pas nier qu'un certain nombre de communautés causent du souci. Plusieurs prient ainsi pour que Dieu offre à ces communautés la grâce d’un renouveau - tout comme il l'a déjà fait ailleurs.

UNE FAMILLE SE COMPOSE DE DIFFÉRENTES GENERATIONS

La cohabitation entre différentes générations recèle une grande richesse. Quand, par exemple, plusieurs personnes s'engagent pour les enfants et les jeunes en Macédoine ou pour les enfants et les adolescents au Monténégro de Serbie, les communautés sont bénies en retour. Les rencontres et les camps interéglises ont été une expérience positive: en tout, plus de 500 enfants, préados et jeunes ont pu faire des expériences spirituelles précieuses. La même observations est valable pour le travail varié et encourageant entrepris parmi les femmes: grâce à ce travail, plusieurs s'investissent avec une conscience et une joie renouvelées dans leurs communautés respectives.

"L'EEM est en train de grandir en règle générale en Macédoine mais aussi en Serbie-Montenegro pas seulement sur le plan numérique, mais encore en profondeur."

Autre expérience positive, le fait que certains jeunes acceptent d'être appelés au ministère pastoral à plein temps et suivent une formation théologique à Graz/Waiern (Autriche) ou à Banska Bystrica (République slovaque). C'est un signe d'espoir, si non seulement des jeunes se souviennent "de leurs professeurs", mais sont encore sont prêts à partager ensemble avec eux la bonne nouvelle de l'amour de Dieu. La transmission de l'évangile peut prendre des formes aussi différentes que la piété; au centre se trouve toujours la mission commune. Que ce souci reste central au cours des années prochaines, constitue un sujet de prières important.

UNE EGLISE QUI AIME CHANTER

Quand Ana Sanander, chargée aujourd'hui des statistiques dans le district EEM du nord, a déclaré il y a quelques années à son mari son intention de fréquenter une Eglise, elle a été surprise par sa réaction: qu'elle aille - si déjà elle veut y aller - qu'elle aille tout au moins dans la même Eglise que leur voisine; car là-bas, on y chante encore bien... La musique et le chant jouent un rôle important dans la vie religieuse, ce qui s'est traduit diversement lors de la conférence. On se pose des questions quant’au répertoire et à l'accompagnement musical et ces questions ne se posent pas seulement ici. Sous ce rapport, il existe divers projets plus ou moins aboutis jusqu'ici de publications de recueils de cantiques méthodistes en serbe ou en macédonien et la volonté de les ancrer dans les communautés, ces projets constituent un véritable défi. Avec ces recueils de cantiques, on aura aussi la chance de puiser dans la profondeur spirituelle des générations précédentes et d'affermir l'identité commune - par-delà les frontières linguistiques. Les chorales de France, de Suisse, d'Allemagne ou d'Autriche qui ne savent pas encore pour quel projet collecter des fonds à l'occasion de leur concert de l'Avent ont là une idée toute prête: soutenir ces projets de recueils de cantiques en langue serbe et macédonienne.

DEPART A LA RETRAITE EN FANFARE AU NIVEAU DE LA DIRECTION DE L'EGLISE EEM EN SERBIE/MONTENEGRO

Après avoir accompli son ministère de surintendant EEM dans toute la Yougoslavie ou seulement dans le district du nord pendant 31 ans, Martin Hovan est parti à la retraite. Son départ à la retraite fut salué dans le cadre d'une fête simple et chargée d'émotion - de même que celui du pasteur Mihajlo Olejar qui avait exercé son ministère fidèlement au cours de nombreuses décennies. Pour lui succéder, une femme pasteur Ana Palik - Kuncak désignée par l'évêque Heinrich Bolleter et élue à l'unanimité. Elle sera installée dans ses fonctions les 13/14 décembre 2003 dans le cadre d'une rencontre oecuménique et d'un culte à Novi Sad.

UNE VIE D'EGLISE DANS UN ENVIRONNEMENT DIFFICILE

Le taux de chômage dépasse la barre des 30%, beaucoup de jeunes ne voient plus aucun avenir dans leur propre pays, quelques 100000 réfugiés de la guerre attendent encore à Novi Sad et dans les alentours de pouvoir revenir dans leur pays natal, la moitié des récoltes des agriculteurs est volée, les tensions politiques ou ethniques menacent de faire plonger le pays dans l'abîme, il s'en suit que l'Eglise a des défis particuliers à relever. Divers projets ont été mis sur pied en faveur des faibles, des défavorisés, des nécessiteux dans les deux pays; c'est la preuve que les membres et amis de l'EEM ont non seulement accepté de relever ces défis, mais qu'ils le font aussi tout à fait dans l'esprit "de leurs maîtres". Pour l'EEM au Monténégro / Serbie et en Macédoine, regarder en arrière n'est pas un oreiller de paresse, mais un tremplin pour le ministère présent et futur. Ou, pour reprendre les paroles de Marija Virag, secrétaire EEM du district nord: "Nous sommes reconnaissants envers Dieu du simple fait d'exister, et nous avons vraiment envie de réaliser ce pour quoi nous sommes appelés.".

Urs Schweizer


Source: KIRCHE UND WELT

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