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EEMNI - 02.09.2002   Retour à l'aperçu

Afrique du Sud, Johannesburg: au Sommet de la Terre, des évangéliques méthodistes veulent des engagements et des actes

[Credits] Alors que les représentants américains étaient critiqués pour leur participation hésitante au Sommet de la Terre sur le développement durable organisé par l'ONU, une délégation évangélique méthodiste s'emploie à chercher à réduire la pauvreté dans le respect de l'environnement.

Onze évangéliques méthodistes - quatre membres de la Commission de la dénomination pour la Mission et la Diaconie et sept membres de la Commission Eglise et Société - font partie d'une équipe oecuménique de 80 membres formée par le Conseil Oecuménique des Églises (COE) pour suivre le sommet et le Forum Social Mondial réunissant en parallèle les organisations non gouvernementales et civiles. Jusqu'au 4 septembre, le sommet se tient à Johannesburg, en République sud-africaine.

"Nous devons présenter ici sur ces questions de développement durable un point de vue chrétien et donner la voix à ceux qui ont été marginalisés ou exclus du processus," dit John Hill, directeur du programme pour la justice environnementale au sein de la Commission Église et Société.

Comme l'Eglise l'a formulé dans une résolution "la Justice Environnementale pour un Avenir Durable," les évangéliques méthodistes tiennent à ce que le 'shalom' soit basé sur l'intégration de la justice environnementale, économique et sociale, explique Hill.

"Ces questions sont au coeur des discussions au sein de l'assemblée réunie ici et nous craignons que l'industrie et 'les possédants' ne détournent l'ordre du jour sans respect pour les personnes et 'les pauvres'. Les communautés religieuses lancent un appel, rendent un témoignage fidèle et assurent que ces discussions sont fondées sur les valeurs fondamentales de la justice."


...."La délégation américaine au sommet a promis de bloquer tout effort de financement supplémentaire pour le développement ou les nations devraient prendre des engagements spécifiques," explique Hanson, responsable de la Commission Eglise et Société.

Un aspect clef de la présence américaine à Johannesburg a été l'annonce d'un certain nombre d'initiatives américaines pour venir en aide à l'Afrique, relate Hanson. "Ces initiatives incluent de nouveaux programmes pour l'agriculture, les énergies renouvelables, l'eau potable, la sylviculture dans le Bassin du Congo et le combat contre la faim." Malheureusement, la délégation américaine a admis qu'à l'exception de quelques 200 millions de $ pour le programme agricole, les agences en charge de ces initiatives n'ont plus d'argent disponible à présent et il est improbable que le budget fédéral américain de l'année prochaine prévoie un financement complémentaire.

"Les Etats-Unis soutiennent des partenariats commerciaux, au lieu d'aider ... à financer des programmes de Nations Unies," dit-il. "Les spécialistes du développement croient ici que le développement de partenariats entre milieux d'affaires et nations plus grandes comme l'Inde, le Mexique et l'Afrique du Sud peut être très productif, mais ces milieux d'affaires ne sauraient répondre aux besoins des nations les plus pauvres du monde."

Hanson cite un homme d'affaires présent à la réunion qui a dit, "je suis dans les affaires pour faire de l'argent et je ne me vois pas en train de faire de l'argent dans certaines des nations les plus pauvres."

"Certains des partenariats proposés pourraient même faire vivre les plus pauvres,"
dit Hanson. Il explique que les partenariats qui privatiseraient la propriété de l'eau et feraient payer à chacun l'acheminement de l'eau pourraient nier ce besoin de base d'un grand nombre de fermiers pauvres. "Le commerce qui ne bénéficie qu'aux riches de ces nations pourrait même aggraver la pauvreté des gens les plus pauvres."

Andris Y. Salter du Carrefour Féminin (division de la Commission pour la mission et la diaconie) dit que l'Eglise doit lutter de pied ferme pour obtenir du Sommet des actes au-delà du débat - "des actes concrets qui répondent aux besoins, où l'on retrouve la part d'investissement dans des vies et où les engagements ne soient pas simplement des mots mais des actes. Et ces engagements doivent faire l'objet de mesures de suivi de même qu'il s'agit de suivre les groupes tenus responsables de ces engagements en cas de rupture d'engagement."

David Wildman, responsable du programme des droits de l'homme et de la justice raciale au sein de la Commission pour la Mission et la Diaconie, croit qu'on mesurera le succès de ces opérations dans ce travail de suite.

"Nous sommes venus nous rassembler pour nous engager en faveur du bien-être et de la plénitude de vie de tous les enfants de Dieu et travailler à la sauvegarde d'un monde où certains abusent des ressources et en consomment injustement tandis que d'autres en manquent," affirme-t-il.

Wildman annonce que plusieurs membres africains de l'équipe oecuménique, dans une rencontre préliminaire au Sommet, ont posé la question suivante: "Comment pouvons-nous parler de 'développement durable' quand tant de nos soeurs et frères ont du mal à survivre - sans eau potable sûre, sans aucun assainissement, avec seulement 1 $ par jour, et pas d'assez de nourriture pour leurs enfants?"

"Comme évangéliques méthodistes, en plus de notre appel au témoignage ici à Johannesburg," Hill fait cette remarque: "je crois que nous avons aussi la responsabilité de faire entendre chez nous les voix et les témoignages que nous avons entendus ici - d'échanger nos vues et nos expériences avec les résidants de Johannesburg et les citoyens du monde entier réunis ici et de partager ensuite ces messages avec nos propres communautés et congrégations."

Le pasteur Liberato C. Bautista, représentant principal de la Commission Église et Société auprès des Nations unies, note que les organisations non gouvernementales jouent un rôle critique dans le processus du Sommet par leur plaidoyer en faveur des questions phares du sommet, combinant le point de vue de la base et les expériences au niveau international. Presque tous les délégués évangéliques méthodistes ont suivi au moins une des réunions préliminaires tenues dans diverses parties du monde pour se préparer à cet événement mondial.

Il estime qu'environ 20,000 représentants de groupes non gouvernementaux suivent ici le Sommet et le Forum Social Mondial qui lui est associé.

Aux dernières nouvelles, plus de 100 présidents et premiers ministres sont attendus à ce Sommet. Bien que l'on attende les responsables de la plupart des nations européennes, le Président américain George W. Bush ne fera pas le déplacement de Johannesburg.

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Le 30 août 2002

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Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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