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EEMNI - 15.03.2002   Retour à l'aperçu

Document de Monterrey: pas de solution pour éliminer la pauvreté

[Credits] Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) est inquiet. La prochaine Conférence internationale sur le financement du développement, qui doit se tenir à Monterrey, Mexique, du 18 au 22 mars 2002, risque d'être, une fois encore, complètement dominée par le programme néo-libéral de l'Organisation mondiale du commerce, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Le document de convergence de Monterrey, qui doit être adopté à l'issue de la réunion, ne contient en effet aucune critique du modèle économique néo-libéral. Dans la déclaration qu'il publie à l'occasion de l'ouverture de la conférence, le COE considère que «rien [dans ce modèle] ne permet d'espérer qu'on pourra éliminer ou même réduire la pauvreté, il continue plutôt de l'exacerber».

Le COE souligne également que le financement du développement doit impérativement partir d'une approche centrée sur les personnes. «Le COE rejette catégoriquement ces modèles car ils sont contraires à la notion de justice économique voulue par les chrétiens... Le document reste vague sur la question du contrôle des marchés financiers ou sur celle de la promotion de la justice et des droits de l'homme comme facteurs du commerce mondial.»

Le COE fait partie d'une équipe oecuménique de trente membres qui a suivi toutes les réunions des comités préparatoires à la conférence et qui sera présente à Monterrey.

Pour le secrétaire général du COE, le pasteur Konrad Raiser, la conférence de Monterrey sera un test décisif de la volonté politique des gouvernements des pays d'Europe et d'Amérique du Nord de mettre en oeuvre toutes les déclarations de bonnes intentions faites durant les dernières rencontres, y compris au dernier Forum économique mondial à New York. «Si la communauté internationale faiblit encore dans ses engagements et dans les mesures concrètes qu'elle doit prendre pour la réalisation d'aspirations pleinement justifiées, la gouvernance mondiale risque fort d'y perdre en crédibilité», a-t-il déclaré.

Le COE a critiqué l'approche des institutions financières internationales (IFI). Au cours du sommet mondial sur le développement social de juin 2000, le pasteur Raiser a adressé une lettre au secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, où il écrivait que, non seulement «les politiques [des IFI] n'ont pas réussi à combler le gouffre entre riches et pauvres en réalisant une plus grande égalité, mais elles l'ont au contraire élargi».

Pour la Conférence de Monterrey, le COE a appelé les Etats membres de l'ONU à considérer sérieusement ces trois points centraux:

- l'élimination des inégalités structurelles dans le système commercial international et l'introduction des princpes de réciprocité, de transparence et de participation publique lors des prochaines négociations;

- la recherche d'une solution permanente au problème de la dette pour les pays pauvres et les pays à revenus moyens, en commençant par l'annulation immédiate de la dette extérieure des pays pauvres et la mise en place, sous les auspices de l'ONU, d'un mécanisme d'arbitrage de la dette actuelle et future qui soit indépendant et juste, et qui défende des politiques de crédit éthiques;

- le renforcement du rôle de l'ONU dans le domaine des politiques économiques, financières, commerciales et sociales, en donnant à l'ECOSOC et à la CNUCED des moyens accrus pour intervenir efficacement sur ces questions.

Le COE et l'équipe oecuménique seront à Monterrey pour rappeler aux délégués que le financement du développement est une affaire de justice, chose qui n'a jamais été reconnue à ce jour. «Nous n'entendons parler que de politiques qui permettent aux sociétés transnationales d'occuper le devant de la scène», indique Rogate Mshana, chargé des questions économiques au COE. «Nous sommes opposés à la doctrine selon laquelle la meilleure solution pour éliminer la pauvreté est de créer des marchés plus grands encore, gérés par les sociétés transnationales ou les institutions financières internationales».

A côté des participants invités par le COE, l'équipe oecuménique compte des représentants du Conseil des Eglises d'Amérique latine, de la Communion anglicane, de la commission Eglise et société de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM), de l'Eglise Unie du Christ (Etats-Unis), de l'ordre religieux catholique romain, les Soeurs de charité... .

Le 14 mars 2002


Source: Conseil oecuménique des Eglises (COE)

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