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EEMNI - 28.05.2002   Retour à l'aperçu

Etats Unis, Covingthon, Ky: le portrait d'un pasteur parmi d'autres

[Credits] Tous les dimanches à 10h45, le pasteur Frank Horton donne son sermon à la "First United Methodist Church".

Quinze minutes plus tard, toujours dans sa robe pastorale, il rejoint à quelques kilomètres de là la chaire de la "Ninth Street Methodist Church" pour y apporter le même sermon.

Il en est ainsi depuis deux ans, depuis que Horton a entrepris de desservir deux communautés de la ville, toutes deux en nette diminution - l'une principalement blanche, et l'autre principalement noire. ...


Les deux Eglises tiennent en haute estime Horton, 64 ans, alors qu'il s'apprête à prêcher ses derniers sermons en juin, moment de son départ à la retraite.

"Mon mari appelle les services de Frank 'l'étreinte d'Horton' - parce qu'il étreint chacun au sortir de cette chapelle," disait Edna Donsback, membre de longue date de la "First United Methodist".

Horton, qui a a passé 20 ans de sa vie comme missionnaire en Afrique, est le premier pasteur noir à la "First United Methodist", quoiqu'il ne soit pas le premier à partager ce rôle avec la "Ninth Street Methodist". Les deux Eglises ont partagé un pasteur blanc dans les années 1970, quand il manquait des pasteurs noirs.

Horton a été engagé en 1999 pour recruter de nouveaux membres dans chaque Eglise. Les bancs des deux Eglises sont maintenant à moitié pleins, avec une moyenne de 35 participants chaque dimanche.

"En ville, la fréquentation des Eglises est partout en diminution," a dit Horton. "Les gens partent pour les Eglises de banlieue qui ont des groupes de jeunes et beaucoup d'activités. La plupart des Eglises urbaines, comme par exemple mes deux Eglises, ont une faible fréquentation, des gens plus âgés."

Les deux communautés sont les Eglises Méthodistes les plus anciennes de cette ville: le Président Ulysses S. Grant et ses parents étaient membres de la "First United". Horton encourageait ses oailles au cours de ses récents sermons à amener de nouvelles personnes dans l'Eglise.

"J'ai vu ces sièges occupés et je les ai vus vides," a dit Donsback. "Mais nous reprenons le dessus. Le pasteur Horton nous aide à prendre une nouvelle direction qui nous aide à recruter des membres."

Horton a dit que l'idée de fusionner les deux Eglises a été en l'air, mais il ne pense pas qu'on y parviendra. "Ce sont juste deux communautés différentes qui sont fières chacune de leurs Eglises et de leur histoire," a-t-il dit.

Originaire de Fairmont, W. Va., Horton était actif dans l'Eglise comme enfant; il a dit qu'il avait accepté Jésus comme son Sauveur lors d'un mouvement de réveil en Virginie Occidentale, quand il avait 17 ans.

A ses 18 ans, Horton s'est enrôlé dans la Marine. Quelques années plus tard, il a pris conscience que le temps qu'il passait en mer portait préjudice à son mariage; il a aussitôt quitté la Marine et s'est enrôlé dans l'Armée de l'Air. A son passage à Anchorage, Alaska, en 1960, il a décidé de s'engager dans le ministère pastoral.

"C'était ce sentiment - difficile à expliquer - c'était un sentiment d'insatisfaction par rapport à ma vie et à la tournure qu'elle prenait. J'ai eu besoin de prendre un nouveau départ,"x a-t-il dit. "J'ai eu l'autorisation d'exercer le ministère pastoral la même année."

Horton et sa femme, Carolyn, sont revenus en Virginie Occidentale, où il est devenu l'aumônier universitaire du campus de l'Université Marshall. En 1977, on lui a demandé de chaperonner trois étudiants du séminaire au Libéria pour l'été.

"Le séminaire a payé mes frais, aussi y suis-je allé bien sûr - et je l'ai bien aimé," a-t-il dit.

On a demandé, l'année suivante, à Horton de devenir le président en exercice du séminaire africain qu'il avait visité l'été précédent. Horton a assumé cette charge pendant trois ans et cela l'a amené à exercer un travail missionnaire et une carrière de deux décennies au Libéria.

"Au cours de ces 20 ans, je suis allé partout dans ce pays pour assurer une formation dans l'évangélisation et tenir des campagnes d'évangélisation," a dit Horton. "Nous avons vécu cinq coups d'état militaires. Mais Dieu était avec moi. Je savais qu'il me protégerait."

En 1999, le couple est revenu aux Etats-Unis après que Carolyn - qui était aussi missionnaire - soit tombée malade et ait dû se faire amputer d'un pied. L'évêque méthodiste a alors assigné Horton au nord du Kentucky.

Horton a déclaré que les sermons qu'il prêchait tous les dimanches étaient identiques pour les deux communautés, quoiqu'il admette des différences d'une Eglise à l'autre tant sur le plan musical que sur le plan du langage.

Il intègre dans ses services bien des choses qu'il a apprises en Afrique. La "First United Methodist" a ajouté à son orchestre des percussions bongo, un instrument traditionnel dans l'Eglise en Afrique; des paroissiens de la "Ninth Street" prient dans un groupe placé à l'avant de l'Eglise, comme beaucoup de congrégations africaines.

A sa retraite, Horton projette de partager son temps entre l'Afrique et les Etats-Unis.

"J'ai pris la décision il y a longtemps de travailler pour Dieu," a-t-il dit. "J'ai ressenti depuis une grande satisfaction et joie."

24 mai 2002


Source: Associated Press/The Washington Post

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