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EEMNI - 15.05.2002   Retour à l'aperçu

Etats Unis: Oklahoma City: Les dirigeants religieux invités à dire: "la violence, ça suffit"

[Credits] Par Tom McAnally*

La décennie "Vaincre la violence", lancée par le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) en janvier, offre aux dirigeants religieux un temps pour "arrêter de parler des causes de la violence et être des témoins de paix et de justice".

Jan Love, de Columbia, Caroline du Sud, a appelé les membres de la Commission sur l'unité chrétienne et les affaires interreligieuses de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) à aider la dénomination à s'engager contre la violence croissante dans le monde.

Love est l'une des 40 membres de la commission, qui s'est réunie ici du 4 au 7 avril pour sa session semi-annuelle. Elle est également modératrice de ce programme prioritaire du COE contre la violence.

"A l'heure actuelle, ici aux Etats Unis, il y a un énorme éléphant dans notre maison; il s'appelle 'guerre' et nous devons en parler" a-t-elle dit. "Il devient de plus en plus grand et ne s'en va pas. … La liste des endroits où notre gouvernement mène une guerre s'allonge".

Evoquant les époques de l'histoire où les dirigeants religieux ont dit: "la violence, ça suffit", elle a demandé: "Est-ce qu'il y a déjà suffisamment de morts pour que nous disions 'ça suffit' ?"

En s'appuyant par la prière et le culte, les croyants doivent s'avancer et dire qu'il n'est pas juste de battre des femmes et des enfants et de laisser des bandes régir nos quartiers, a-t-elle ajouté.

La pasteure Kathryn Bannister, de Bison, Kansas, co-présidente du COE et membre de la commission, a expliqué que le programme de la décennie vise à "mener aux fondements spirituels qui nous aident à combattre la violence".

"La violence est un problème spirituel", a-t-elle dit. "Nous avons besoin d'une nouvelle conversion".

A la veille de leur session, les membres de la commission avaient rencontré des Américains autochtones de la région d'Oklahoma City, qui leur ont parlé de la violence dont leur peuple a été victime tout au long de l'histoire des USA.

L'espace d'un après-midi et d'une soirée, les membres de la commission ont interrompu leur réunion, logée dans un centre de retraites catholique romain, pour visiter le centre-ville d'Oklahoma City. Au Centre national du souvenir, ils ont été conduits à travers le drame du 19 avril 1995, jour de l'attentat à la bombe contre l'immeuble fédéral Alfred P. Murrah. Ils ont également participé à un dîner américain autochtone et ont tenu une réunion nocturne dans la Première Eglise Evangélique Méthodiste, située juste de l'autre côté de la rue. Sérieusement endommagée par l'explosion, l'église a depuis été rebâtie et réaménagée.

Une brochure distribuée au Centre proclame: "Que tous ceux qui partent d'ici prennent conscience de l'impact de la violence".

Au terme de leurs rencontres en ville, les membres de la commission ont célébré un culte au bord d'un bassin et d'un terrain occupé par 168 chaises vides, qui marquent l'emplacement de l'immeuble Murrah. Chaque chaise porte le nom d'une victime de l'explosion. Les membres de la commission ont un lien personnel avec ce lieu : l'une des victimes était Raymond Johnson, époux de Anne Marshall, une responsable exécutive du secrétariat de la commission.

Des rapports ont été présentés lors des réunions de travail concernant les mandats donnés à la commission par la Conférence générale 2000 et portant sur le racisme et l'homosexualité.

La commission avait été requise d'organiser une série de dialogues sur des questions relatives à l'homosexualité et l'unité de l'Eglise. La première des cinq "sessions d'écoute" jurisdictionnelle** sur le thème de l'homosexualité et l'unité, ouverte à tous, a déjà eu lieu. Une autre rencontre, réservée aux membres de divers groupes qui se sont fait les avocats des questions relatives à l'homosexualité, est programmée pour le 15 juin dans l'église communautaire de Hyde Park, à Cincinnati.

Love et le pasteur Greg Stover, co-présidents du groupe de travail, ont indiqué dans leur rapport qu'ils avaient enregistré un large éventail de réactions.

"Certaines personnes, qui soutiennent pleinement les positions et politiques actuelles de l'Eglise Evangélique Méthodiste, déclarent qu'au vu des résultats très clairs des votes lors de la Conférence Générale (CG) 2000, il n'y a absolument plus lieu de discuter plus avant la question de l'homosexualité. Ils expriment leur désarroi devant le fait que la Commission sur l'unité chrétienne et les affaires interreligieuses poursuive le débat sur ce sujet.

"Certaines personnes, qui sont opposées aux positions et politiques actuelles … expriment leur colère et leur ressentiment face au fait qu'on leur demande de participer à des débats qui aggravent leur souffrance et leur blessure. Elles expriment également leur désarroi devant le fait que ce sont des groupes composés en majorité d'hétérosexuels qui sont censés engager le dialogue sur la 'question' des gays et des lesbiennes"
.

Stover et Love ont indiqué que d'autres encore ont exprimé leur embarras quant au fait que l'on se concentre pareillement sur cette affaire, aux dépens de tant d'autres attentes urgentes adressées à l'Eglise.

"Au travers de toutes ces réactions, nous trouvons une gratitude sincère envers la commission qui continue à rechercher l'unité de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) tout en étant consciente de ce que les fidèles ont des positions très différentes sur cette question. Le groupe de travail va poursuivre sa route en vivant ces tensions".

En plus des "sessions d'écoute", des dialogues sont aussi programmés par le Conseil des évêques, le Conseil général des ministères, des organisations de jeunes et de jeunes adultes, ainsi que par un groupe inter-ethnique. Deux membres de la commission participeront à chacun de ces quatre dialogues.

Les délégués à la Conférence Générale (CG) avaient également demandé à la commission de formuler des lignes directrices pour une étude sur le racisme, entreprise dans toute l'Eglise et utilisant un guide intitulé 'Des pas vers l'intégralité: connaissance et repentance'. La brochure traite du rôle de l'Eglise en matière de racisme et clôt sur un appel au repentir. Toutes les Conférences Annuelles (CA) sont invitées à vivre, elles aussi, une célébration liturgique de repentance.

Les pasteurs Joy Moore, de Wilmore, Kentucky et Jerry Ruth Williams, de Chesterfield, Missouri, ont signalé que divers programmes sont prévus en vue d'intégrer les évangéliques méthodistes noirs.

Après une célébration de repentance lors de la Conférence Générale 2000, certains évangéliques méthodistes ont estimé que "ceux qui étaient restés" - les Afro-Américains qui étaient restés dans l'Eglise au lieu de rejoindre les Eglises méthodistes noires historiques - étaient exclus de ce processus. Williams a annoncé la constitution d'une équipe chargée de préparer une consultation qui aura lieu conjointement avec la réunion annuelle des Méthodistes noirs pour le renouvellement de l'Eglise (BMCR), en mars prochain. Une consultation pan-méthodiste aura lieu en avril 2003.

Les membres de la commission ont aussi été informés de ce que Ruth Daugherty de Lancaster, Pennsylvanie, qui avait co-présidé le groupe de travail sur la célébration de repentance pendant le quadriennat 1997-2000, poursuit sa collaboration avec ce groupe en qualité de consultante.

Le pasteur Bruce Robbins, secrétaire général de la commission, a déclaré que "le racisme est désormais traité de manière nouvelle et décidée" depuis que le programme de repentance a été inauguré au cours de la Conférence Générale (CG) 2000. Une meilleure coopération a été établie entre la commission, le BMCR et le programme prioritaire de toute l'Eglise visant à "renforcer l'Eglise noire en vue du 21e siècle".

Les membres de la commission ont entendu des rapports au sujet des Eglises réunies en Christ (CUIC) récemment fondées, ainsi qu'au sujet d'une vidéo expliquant ce nouvel effort de coopération. CUIC remplace la Consultation sur l'union de l'Eglise, qui englobe neuf dénominations protestantes.

D'autres rapports ont fait état des dialogues bilatéraux avec l'Eglise Episcopalienne en Amérique, l'Eglise Evangélique Luthérienne en Amérique et l'Eglise Catholique Romaine.

Soucieuse de servir plus efficacement une Eglise globale, la commission a adopté la proposition d'envoyer ses membres rendre visite aux Conférences Centrales - les entités régionales de l'Eglise à l'extérieur des Etats Unis. De petits groupes de membres de la commission vont accompagner les représentants d'autres organes de l'Eglise appelés à se rendre auprès des Conférences Centrales cette année et l'année prochaine. Au lieu de se retrouver pour deux séances plénières en 2003, la commission ne se réunira qu'une fois, du 26 au 30 juin, à Daytona Beach, Floride.

Les fonds prévus pour la deuxième session seront utilisés pour les frais de voyage auprès des Conférences Centrales. Le fait d'annuler cette session permettra également à la commission de respecter le délai fixé pour l'envoi des projets de résolutions devant être soumis à la Conférence générale 2004. Cette date butoir a en effet été avancée, en raison de la nécessité de traduire ces textes en plusieurs langues avant la Conférence qui siégera à Pittsburgh.

Robbins arrivera en octobre au terme de son mandat de 12 ans en tant que secrétaire général. La commission a demandé que le Conseil général des ministères (GCOM) prolonge son mandat de deux ans, soit jusqu'à la Conférence générale de 2004. Le mandat des secrétaires généraux de toutes les agences de programmes est limité à 12 ans, mais peut être prolongé pour une année à la fois par un vote qualifié des deux tiers du GCOM, qui est présidé par l'évêque Fritz Mutti, du Kansas.

La commission a été saisie d'une proposition devant être remise le mois prochain au GCOM et qui demande que 12 des 14 commissions dirigeant les agences de l'Eglise soient fondues en un seul conseil. Aucune décision n'a été prise, mais les membres qui se sont exprimés à ce sujet se sont montrés peu convaincus. Les critiques principales portent d'une part sur la réduction de la diversité d'opinions dans un organe décisionnel plus restreint et sur l'accroissement de l'investissement en temps demandé aux membres.

Le pasteur évangélique méthodiste Robert Edgar, secrétaire général du Conseil national des Eglises (NCC), a rapporté aux membres de la commission qu'il espérait que cette organisation oecuménique sera en mesure de présenter, en juin, un budget équilibré.

En octobre 1999, le NCC avait affiché un déficit de 2 millions de dollars. La Commission sur l'unité chrétienne avait alors suspendu le paiement des contributions de l'EEM jusqu'à ce que des changements soient opérés. Le NCC a réduit son personnel de 102 à 38 unités et a procédé à des changements administratifs. Edgar est optimiste quant à l'avenir de l'agence et a mentionné que la création d'une nouvelle organisation oecuménique, incluant les principales Eglises protestantes, l'Eglise Catholique Romaine, les Pentecôtistes et divers groupements évangéliques, était accueillie avec enthousiasme.

# # #

* Mc Anally, qui était directeur du Service de presse évangélique méthodiste, a pris
sa retraite le 31 décembre 2001.

** Note du traducteur: Dans l'EEM des Etats-Unis, une 'jurisdiction' correspond aux
Conférences Centrales existant dans d'autres parties du monde.

9 avril 2002


Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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