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EEMNI - 07.02.2002   Retour à l'aperçu

Argentine: l'évêque d'Argentine attribue tous les maux à la dette étrangère

[Credits] Que le pillage opéré par des citoyens désespérés soit grave, que les faillites bancaires en Argentine soit grave, c'est entendu, mais l'est encore plus "le pillage systémique" de ce pays américain latin par des intérêts étrangers.

C'est l'avis de l'évêque Nelly Ritchie de l'Église Évangélique Méthodiste d'Argentine, qui a parlé de la crise de son pays pendant un échange le 5 février dernier avec les membres de la Commission pour la mission et la diaconie.

Les terres fertiles et les abondantes ressources naturelles de l'Argentine ont fait de ce pays "un marché juteux" pour des capitalistes étrangers qui n'ont aucun respect pour ses habitants, expliquait Ritchie par le truchement d'un traducteur.

Le crash économique a commencé l'été dernier, selon Umberto Shikiya, économiste et coordonnateur de projets pour l'Eglise Méthodiste en Argentine. Vers la fin de novembre, le retrait de 30 millions sur 35 millions de $ de l'Argentine par des investisseurs étrangers, couplé avec l'insistance du gouvernement à payer les intérêts sur sa dette étrangère, a mené à l'écroulement du peso et à la déstabilisation du système bancaire, a-t-il dit.

Depuis lors, le système financier du pays est resté instable, avec des partis politiques discrédités faisant face au chaos. "Nous allons être dans le Livre de Guinness des Records du monde," a raillé l'évêque. "Nous avions cinq présidents dans l'espace de 48 heures environ."

Mais le déclin sur de longues décennies dans l'appauvrissement, les problèmes actuels de chômage ainsi que l'échec fiscal ne sont pas matière à plaisanterie pour Ritchie, qui considère la dette étrangère endossée par tous les pays américains latins comme étant "non seulement impayable, mais illégale et immorale."

Une enquête récente menée au niveau des membres d'Eglises a établi qu'un tiers d'entre eux étaient au chômage, davantage que dans la moyenne nationale. Ritchie a noté que les personnes attirées dans l'Eglise ces dernières années représentaient plus souvent la classe des plus pauvres plutôt que sa base bourgeoise traditionnelle.

En plus de son adhésion, elle a relevé que "toujours plus de personnes viennent à l'Eglise pour demander de l'aide. Les gens doivent manger. Ils doivent travailler."

Un aspect positif de la crise fiscale actuelle, ajoute-t-elle, c'est qu'elle a poussé une classe moyenne autrefois satisfaite à agir; ils rejoindront des groupes comme les chômeurs qui avaient déjà essayé de faire entendre leurs voix. "Toutes les places de la ville sont devenues des espaces de libération," a-t-elle dit, expliquant que les gens essayaient d'infléchir leur destin au niveau local.

Ancienne institutrice, Ritchie a été élue comme le premier évêque femme de l'Église Évangélique Méthodiste de l'Argentine en 2001. Active dans le travail oecuménique, elle a vice-présidente du Comité Central du Conseil Oecuméniques des Églises de 1991 à 1998.

L'Église Évangélique Méthodiste d'Argentine est devenue autonome de l'Eglise mère des Etats-Unis en 1969, mais conserve toujours des liens avec elle.

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Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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