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EEMNI - 30.12.2002   Retour à l'aperçu

Commentaire: les Méthodistes sont appelés à témoigner en faveur de la paix

[Credits] Par l'évêque C. Dale White*

Nous sommes à nouveau une nation tourmentée par la malédiction antique de l'hystérie guerrière. Tout à nouveau en ces temps de fêtes, les disciples du Prince de la Paix sont appelés à témoigner courageusement en faveur d'une paix juste. Nous sommes les serviteurs du rêve cosmique de Dieu Créateur pour établir le shalom sur la terre.

C'est sûrement un moment favorable, le "kairos" pour des artisans de paix chrétiens. Depuis la fin de la guerre froide, il s'avère difficile de susciter l'intérêt de chacun pour les questions de guerre et de paix. Soudain se présente pour l'Eglise une occasion favorable "pour enseigner". Beaucoup d'évangéliques méthodistes ont demandé des conseils à leurs leaders. Ils veulent savoir: qu'est-ce que l'Eglise enseigne sur la guerre et la paix? Quel est l'héritage évangélique méthodiste?

Au cours des quatre premiers siècles de christianisme, les chrétiens étaient principalement des pacifistes. Ils refusaient de participer au meurtre, au service militaire comme à la guerre. Le pacifisme est un courant qui s'est perpétué au sein du méthodisme.

Le fondateur du mouvement méthodiste, John Wesley, a condamné toute forme de guerre comme l'exemple même de la dépravation humaine. Pendant des décennies, la Conférence Générale (CG), qui est l'instance législative la plus élevée de la dénomination et la seule entité autorisée à parler au nom de l'Eglise, a apporté un témoignage moral de premier ordre; elle a été claire et concise: "nous croyons que la guerre est incompatible avec les enseignements et l'exemple du Christ. Nous croyons que la guerre et l’effusion de sang sont contraires à l’Evangile et à l’Esprit du Christ. Nous croyons qu’il est du devoir des citoyens chrétiens de donner à leur gouvernement respectif force et orientation morales par une vie honnête et pieuse.
Bien que la coercition, la violence et la guerre soient toujours utilisées pour influencer les différends existant dans les relations internationales, nous y sommes opposés car ils sont en contradiction avec l’Evangile et l’Esprit du Christ. Nous réclamons un droit international qui interdise et condamne la guerre, la violence et la coercition.
Nous rejetons l’idée que l’Etat peut obliger des personnes à faire leur service militaire, ce qui est inconciliable avec l’Evangile. Nous soulignons qu’une telle obligation peut générer de graves tensions. Nous prions tous les jeunes confrontés à leurs responsabilités de citoyens de demander conseil à leur Eglise avant de prendre une quelconque décision. Les pasteurs sont appelés à rester disponibles pour tous ceux qui sont tenus d’accomplir leur service militaire, comme pour ceux qui s’opposent à leur ordre de marche. L’Eglise accompagne également tous ceux qui, obéissant à leur conscience, refusent la guerre en général ou s’opposent à une guerre en particulier et ceux qui rejettent non seulement le service militaire en soi mais aussi toute collaboration, sous quelque forme que ce soit, avec une administration étatique réglementant un tel domaine. L’Eglise offre également sa présence à ceux qui s’engagent consciemment pour le service militaire ou pour le service civil. Nous croyons que la guerre est inconciliable avec l’enseignement et l’exemple du Christ. Nous rejetons par conséquent la guerre en tant qu’instrument politique. Nous sommes convaincus que le plus important devoir moral de tous les Etats est de régler tous les conflits auxquels ils sont confrontés par des moyens pacifiques. Dans la détermination des priorités gouvernementales, les valeurs humaines doivent primer les exigences militaires. Il faut mettre un terme à la militarisation de la société. La production, la vente et la distribution d’armes doivent être réduites et contrôlées. La fabrication, la possession et l’utilisation d’armes nucléaires doivent être condamnées. C’est pourquoi nous prônons également un désarmement total, soumis à un contrôle international strict et efficace."


Certains disent à présent que le pacifisme est peu réaliste et que la théorie de la guerrejuste doit être la norme pour les chrétiens. La Conférence Générale (CG) 2000 a pour la première fois admis: "nous reconnaissons aussi que la majeure partie chrétiens se rendent compte avec regret qu'en cas d'échec de toute approche pacifique, le recours à la force peut être préférable à une agression incontrôlée, à une tyrannie et à un génocide."

Se souvenant des paroles de Jésus, "celui qui prend l'épée périra par l'épée," le méthodisme doute profondément de la légitimité de toute forme de guerre. Une fois que la bête de la guerre est lâchée, il devient très difficile de la retenir. Les guerres du siècle passé ont engendré un excès de barbarie. Elles ont mis à mal bien des exigences morales. Les nations ont employé des gaz toxiques, des bombes incendiaires, des armes nucléaires et du napalm contre indifféremment des civils et des militaires. Au cours de cinq décennies, le monde a vécu sous la menace nucléaire "du risque de destruction mutuelle."

Les chrétiens ont l'obligation sacrée d'être en première ligne dans la recherche d'une paix juste. La nouvelle Alliance nous impose, à nous qui sommes les membres du corps du Christ, des obligations on ne peut plus claires. Nous sommes les disciples du Prince de la Paix. Les artisans de paix sont particulièrement bénis, Notre Seigneur nous en donne l'assurance et cela nous rassure. Notre compassion chrétienne nous motive. Notre souci essentiel de justice et d'équité nous aiguillonne et nous pousse à agir. L'Esprit Saint nous guide et nous qualifie pour l'action.

Bien que nous puissions ne pas nous sentir compétents sur les questions complexes de géopolitique, nous devons nous rappeler le mandat que Jésus a confié aux 12 disciples, quand il leur a fait entreprendre le premier voyage missionnaire. Il leur a dit: "on vous traînera devant des gouverneurs et des rois à cause de moi, cela leur servira de témoignage comme aux païens. Quand ils vous arrêteront, ne vous inquiétez pas de ce que vous devez dire; ce que vous devrez dire vous sera donné à ce moment-là." (Matthieu 10:18.) Tout témoignage courageux sera guidé et béni par Dieu!

Dans sa lettre pastorale "Défense de la Création," le Conseil des évêques a demandé aux évangéliques méthodistes "de devenir des évangélistes du shalom, en prenant Jésus et son enseignement comme modèle de leur vie de disciples, prêts à embrasser tous les voisins de près comme de loin, tous les amis et ennemis et à défendre la bonne création de Dieu comme à prier enfin sans cesse en faveur de la paix pour notre temps."

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*White, maintenant à la retraite, était le président de commission lancée par le Conseil des évêques à la base de ce document "Défense de la Création".


Les commentaires publiés par EEMNI ne reflète pas nécessairement les positions officielles de l'Église Evangélique Méthodiste.

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Le 19 décembre 2002


Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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