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EEMNI - 12.04.2002   Retour à l'aperçu

> Israël/Palestine: le drame de l'affrontement et la réponse de chrétiens sans équivoque: il faut contrecarrer la violence des deux côtés

[Credits] Les responsables des Eglises chrétiennes de Jérusalem lancent un appel aux Israéliens : "Retirez tous vos instruments de guerre et rentrez chez vous"

Les représentants des 13 Eglises chrétiennes de Terre Sainte ont voulu se rendre en délégation dans Bethléem assiégée. Les soldats israéliens ont bloqué la délégation religieuse en provenance de Jérusalem au check point de Tantour, à proximité de Bethléem. A cet endroit, les responsables ont pris la parole:. "La paix ne peut être obtenue à travers la guerre, les chars ou les massacres surtout à Bethléem, où un ultérieur bain de sang n'est pas nécessaire. Ce matin, du sang a été versé mais nous refusons tout type de massacre, qu'il soit israélien ou palestinien, Bethléem ne peut demeurer un lieu de guerre"; telle fut leur déclaration.

La délégation a alors entonné l'hymne des noirs américains: "We shall overcome". Dorénavant, les cloches des églises sonneront jusqu'à la fin de la guerre "en signe de paix dans les cœurs et d'occasion de prière et de supplication".

Des Eglises américaines en faveur de la création d'un Etat palestinien

Plusieurs Eglises et groupes religieux des Etats-Unis, membres d'une coalition oecuménique - Les Eglises pour la paix au Moyen-Orient - approuvent la résolution des Nations Unies qui préconise la création d'un Etat palestinien. Encore faut-il reprendre les négociations pour que cette résolution ne reste pas lettre morte.

"Il existe un besoin désespéré de mettre un terme à la violence de tous côtés", a déclaré James Matlack, directeur du Bureau de Washington de la Commission d'entraide de la Société des amis (Quakers). "La façon la plus rapide et la plus sûre de le faire - le chemin qui peut conduire à la paix et à la sécurité pour toutes les parties - est qu'Israël s'engage à mettre fin rapidement à l'occupation de la Cisjordanie, de Gaza, et de Jérusalem-Est." Les responsables d'Eglise des Etats-Unis réclament depuis des mois une reprise des négociations et la fin de l'occupation des territoires palestiniens par Israël.

Déclaration du Conseil de la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse (FEPS)

Dans une lettre adressée au Conseiller fédéral Joseph Deiss (voir http://www.sek-feps.ch/fr/communiques/details.php?id=149), le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) a fait part de l'inquiétude de ses Eglises partenaires du Proche-Orient.

Le Conseil de la FEPS est déjà intervenu à plusieurs reprises publiquement pour faire part de son inquiétude face à l'escalade de la violence au Proche-Orient, en dernier lieu le 15 mars dernier. «Depuis, en raison de l'occupation militaire, la condition de la population palestinienne s'est détériorée à tel point que non seulement des personnalités politiques, mais des représentants des Eglises aussi, ont décidé de briser le mur du silence», écrit le Conseil.
Le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, Ishmael Noko, s'est exprimé pour réclamer le retrait immédiat de l'armée israélienne des territoires occupés et la levée du siège de Bethléem. En même temps, il déclarait que les attentats commis par des commandos suicides palestiniens étaient «moralement indéfendables et au-delà de toute justification.»

Auparavant, le Conseil œcuménique des Eglises (COE), au nom de ses Eglises membres - parmi lesquelles la FEPS - avait déjà protesté devant la Commission des droits de l'homme de l'ONU et fait part de sa consternation devant «l'intensification des violations systématiques et graves des droits de l'homme» et «les atteintes graves à la Convention de Genève sur la protection des populations civiles en temps de guerre» commises par Israël.

Les efforts des juifs en faveur de la paix

Le Conseil de la FEPS partage l'inquiétude de la Fédération des communautés israélites de Suisse (SIG) qui, dans une déclaration, «condamne toute forme de fondamentalisme et de violence et met son espoir en des politiciens animés d'une volonté de paix et recherchant une voie commune pour établir au Proche-Orient une paix durable et des conditions démocratiques».

Dans ce contexte, le Conseil rend attentif à l'action "Tables des mères pour un avenir dans la paix», lancée par l'ancien Conseiller national François Loeb et par l'Association Suisse-Israël. «Il est temps que les mères prennent l'affaire en main pour empêcher que le sang continue de couler!» Le Conseil de la FEPS considère cette volonté de femmes israéliennes et palestiniennes comme un signe d'espérance et demande au DFAE de soutenir cette action.

La cohabitation et la paix entre Israéliens et Palestiniens ne peuvent qu'être le résultat de négociations et non d'actes de terrorisme ou d'agressions militaires. Le Conseil écrit encore qu'il espère «qu'à cette fin, la Suisse prendra toutes les mesures dont elle dispose pour soutenir la volonté des deux parties en conflits de mettre fin à la violence, à l'occupation militaire et au terrorisme».

Des chrétiens de Terre Sainte envoient une lettre à Powell

Des communautés chrétiennes en Terre Sainte ont envoyé une lettre ouverte au Secrétaire d'Etat américain Colin Powell, où ils soulignaient la nécessité de résoudre d'urgence le conflit entre Palestiniens et Israéliens.

Parmi les signataires de la lettre, Bob May, un missionnaire évangélique méthodiste et la pasteure Mary Lawrence, pasteure évangélique méthodiste travaillant avec l'Équipe de Conciliateurs Chrétiens (the Christian Peacemaker Team). Principalement américains, les signataires étaient membres de communautés chrétiennes anglophones et ont vécu en Israël et dans les Territoires Palestiniens occupés pendant des périodes variables, de six mois à 20 ans.

Il est prévu que Powell rencontre le Premier Ministre israélien Ariel Sharon à Jérusalem le 12 avril et le leader palestinien Yasser Arafat le 13 avril.

"Tous les membres de nos communautés chrétiennes condamnent et rejettent explicitement le terrorisme et la violence comme moyens de faire avancer la cause politique des Palestiniens et reconnaissent entièrement aux Israéliens le droit de vivre dans la paix et la sécurité dans leur propre Etat," lit-on dans cette lettre. "Notre expérience ici nous aide aussi à comprendre pourquoi, dans leur désespoir, quelques jeunes Palestiniens ne voient pas d'autre option possible ni aucune raison de vivre."

La lettre ne recommande pas de solution militaire ni terroriste au conflit mais la solution déjà exprimée par Powell, le Président Bush, le Prince héritier Abdullah d'Arabie Saoudite ainsi que par les diverses résolutions des Nations Unies.

"Le gouvernement américain s'est exprimé en faveur d'une solution du conflit Israélien-palestinien qui favorise la formation de deux Etats," lit-on ensuite. "Il est maintenant temps pour le gouvernement américain d'agir dans le cadre des Nations Unies et de parvenir à un règlement de ce conflit conformément aux Résolutions 242, 338 et 1397."

Dans un message électronique du 9 avril, le pasteur Alex Awad, missionnaire évangélique méthodiste, a souligné que la poursuite du conflit pourrait accélérer l'exode des chrétiens hors de la Terre Sainte, en particulier après les destructions opérées à Bethléem et le siège de l'Église de la Nativité. La population chrétienne avait déjà fondu pour ne représenter plus que 17% de Palestiniens en 1948 et 2% de Palestiniens environ aujourd'hui.

"Les familles chrétiennes qui n'avaient jamais pensé à quitter le pays chercheront maintenant le moyen d'en sortir, compromettant ainsi la présence même du christianisme dans la ville qui avait été le témoin de la naissance de Christ," ajoutent les signataires de la lettre.

Awad, qui vit à Beit Safafa, mais officie comme doyen du Collège Biblique de Bethléem, a dit qu'il avait eu beaucoup de mal à prendre la mesure des dommages physiques subies à Bethléem.

"Il y a deux ans, des gouvernements européens ont contribué, par l'octroi de millions de dollars, à la rénovation de Bethléem et aux préparatifs des célébrations du millénaire," a-t-il noté. "Maintenant, les tanks israéliens ont rasé des maisons, des feux de signalisation, des voitures et tout ce qui tenait encore debout sur leur chemin. Un couple palestinien était dans leur voiture quand un tank leur est passé dessus."

Dans son courrier électronique, Awad a demandé à ses amis et à ses partenaires dans la prière d'appeler à un règlement pacifique de la crise de Bethléem, qui est une impasse à ses yeux, et de travailler diligemment pour la paix et la justice dans la région. "Si nous ne faisons pas notre part," a-t-il écrit, "Hérode et les bombes vivantes feront la leur."

Allemagne: l'évêque Klaiber appelle les communautés EEM à la prière en faveur des Israéliens et des Palestiniens

Au regard de l'évolution de la situation au Proche-Orient, l'évêque Dr Walter Klaiber a appelé à la prière les communautés membres de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) en Allemagne. Dans une lettre du 2 avril, l'évêque déclare: "Je suis sûr qu'on a beaucoup prié ces derniers temps lors de nos cultes comme dans notre prière personnelle en faveur d'Israël et des Palestiniens. Les deux côtés se sont engagés dans la voie de la confrontation violente; à vue humaine, il ne semble pas y avoir d'issue. C'est pourquoi j'aimerais nous encourager à prendre encore plus à coeur cette situation dans la prière et à demander à Dieu qu'il montre là-bas aux gens le chemin qui permette aux Israéliens de vivre en sécurité et sans peur pour leur Etat et aux Palestiniens de fonder par des voies pacifiques leur propre propre Etat." Et l'évêque Klaiber d'ajouter: "Dans nos prières, nous devrions aussi penser aux chrétiens des deux côtés; en particulier aux chrétiens arabes en danger d'être complètement anéantis dans ce conflit. Prions que la haine et la violence ne prennent pas le dessus, mais que l'on trouve les moyens de se comprendre, de se réconcilier et de conclure la paix. Malgré le grand nombre d'espoirs déçus, nous voulons garder confiance qu'auprès de Dieu rien n'est impossible."

Visite d'une délégation du Conseil Oecuménique des Eglises (COE) à Jérusalem

En visite à Jérusalem du 2 au 4 avril 2002, la délégation du COE conduite par son secrétaire général, Mr Georges Lemopoulos, a recueilli le témoignage oculaire de familles palestiniennes confinées dans leurs maisons et astreintes à un couvre-feu total dans la crainte et l'humiliation. Les médicaments, l'eau, l'électricité et l'alimentation font cruellement défaut. Leurs maisons privées sont violées, leurs biens sont pillés et volés. Dans certains cas, quelques familles vivaient toujours avec le corps de parents défunts, car ils n'ont pas été autorisés de les inhumer. L'Église de la Nativité, un endroit sacré pour les chrétiens dans le monde entier, est sous la menace d'une attaque militaire. La délégation a entendu dire à plusieurs reprises que l'armée détruisait l'infrastructure civile sous prétexte d'arrêter "des militants et des terroristes."

La délégation a condamné la perte terrible de vies palestiniennes et israéliennes. Elle était aux premières loges pour ressentir la crainte extrême de la population civile israélienne et le haut degré d'intolérance des deux côtés. Elle a été découragée de voir de jeunes enfants juifs orthodoxes bombardant des voitures arabes avec des pierres, quand ils sont entrés dans Jérusalem Est. Elle a aussi entendu un rapport sur "la politique de transfert" du gouvernement israélien soutenu à la fois par des membres de la Knesset et des ministres membres du Likoud ou travaillistes. On y trouve en germe une politique raciste qui vise apparemment la purification ethnique et l'extension de la haine. La délégation croit que les responsables religieux juifs et les membres de la société civile israélienne engagés avec le COE et / ou des Eglises locales dans un dialogue interreligieux et des efforts de paix doivent prendre courageusement position et se prononcer contre une telle politique et de tels actes d'intolérance. Leurs voix sont désespérément nécessaires maintenant. Les erreurs de l'histoire ne doivent pas être répétées. À moins qu'ils ne rejoignent les Palestiniens modérés, y compris les responsables religieux chrétiens, dans l'appel à la résistance non violente pour mettre un terme à l'occupation, les seules voix qui se feront alors entendre seront celles des extrémistes des deux côtés.

La délégation condamne tous les actes de violence contre des civils, appelle à la cessation de toute politique raciste, toutes les provocations et tous les meurtres aveugles, y compris les actes désespérés des bombes vivantes.

La délégation répercute le message des responsables locaux des Eglises unis pour dire: ils reconnaissent le droit aux gens de résister à la violence que représente l'occupation militaire et de lutter pour sa fin par des moyens non violents. À cet égard, la délégation est d'autant plus convaincue de l'importance pour ses Eglises membres comme pour tous ses partenaires nationaux, régionaux et oecuméniques de se regrouper à l'appel du COE et des Eglises locales pour soutenir d'une seule voix la campagne oecuménique internationale de 2002 pour "En finir avec l'Occupation Illégale de la Palestine: Soutenir une paix Juste au Moyen-Orient".


Source: eemni/apic/protestinfo/eni/SEK · FEPS/umns/EEM Allemagne/COE

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