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EEMNI - 31.08.2002   Retour à l'aperçu

Etats Unis, KANSAS CITY: La commission pan-méthodiste demande un cessez-le-feu en Terre Sainte

[Credits] Par Linda Green*

Les représentants de la commission pan-méthodiste demandent un cessez-le-feu et une solution pacifique au conflit entre Israéliens et Palestiniens.

Au cours de leur réunion, tenue du 10 au 12 avril, les membres de la commission sur la coopération et l'union pan-méthodiste ont adopté une résolution demandant aux dirigeants d'Israël et de l'Autorité nationale palestinienne de guider leurs peuples vers la fin de la violence. La commission représente plus de 12 millions de membres des Eglises Africaine Méthodiste Episcopale (AME), Africaine Méthodiste Episcopale Sion (AMEZ), Chrétienne Méthodiste Episcopale (CME) et Evangélique Méthodiste (EEM). Elles sont toutes héritières du mouvement méthodiste, créé au 18e siècle par le pasteur anglican John Wesley.

Dans sa résolution, intitulée "Appel à l'action", la commission relève que le conflit israélo-palestinien dure depuis plus de 50 ans. Les dirigeants pan-méthodistes appellent la communauté internationale à appuyer des efforts diplomatiques menant à la justice pour tous et offrant une garantie de survie et de sécurité, en particulier pour les enfants. Ils demandent aussi à ces gens "qui se sentent marginalisés, de chercher réparation au travers de canaux internationaux, plutôt que par la destruction et la terreur".

"Ce qui se passe en Terre Sainte est d'une nature telle qu'en tant que chrétiens, nous ne pouvons pas nous taire"
, a déclaré l'évêque Clarence Carr (AMEZ), de St. Louis. Bien qu'il semble que les Etats-Unis aient "un parti pris contre la Palestine", la violence des deux côtés ne saurait être excusée, a-t-il ajouté. "On ne peut nier qu'Israël a pris la terre" et que les requêtes des Nations Unies et de responsables gouvernementaux ont été ignorées par Israël.

La commission encourage les membres des quatre dénominations méthodistes de prier pour la fin du conflit, de la violence et de la perte de vies humaines des deux côtés et pour un règlement prochain et pacifique.

Le groupe souhaite également que le président George Bush, le secrétaire d'Etat Collin Powell, le secrétaire générale de l'ONU Koffi Annan et d'autres dirigeants s'attellent à atteindre huit buts "cruciaux". Il s'agit, entre autres, de lancer un appel international au premier ministre Ariel Sharon, afin qu'il mette fin à l'action militaire, aux bouclages et aux couvre-feux, ordonne le retrait des colonies et fasse cesser le développement de celles-ci dans tous les territoires occupés; il est demandé au président de l'autorité nationale palestinienne Yasser Arafat d'exiger que soit mis fin à la violence.

"Ne pas prendre position par une déclaration dans une situation de crise, signifie perdre une occasion d'élever une voix prophétique en tant que témoins du Christ", a encore dit Carr lors du débat au sein de la commission. "J'ai très fortement la conviction que nous devons encourager nos dirigeants à agir de manière à mettre fin à cette affaire colossale".

L'Eglise ne peut se tenir à l'écart et laisser se dérouler des événements de cette nature sans élever sa voix en faveur des sans-voix, a-t-il dit. "Que des gens en viennent à s'attacher des bombes au corps montre bien le désespoir qu'ils ressentent, qui les porte à vouloir se tuer eux-mêmes".

La commission de 36 membres a été créée en 2000 par la fusion de la commission sur la coopération pan-méthodiste, fondée en 1985, avec la commission pour l'union, formée en 1996. Le groupe travaille à promouvoir, entre les quatre dénominations méthodistes, une coopération réelle dans les domaines de l'évangélisation, de la mission, des publications, des affaires sociales et de la formation universitaire.

En mars 2001, la commission avait écrit une lettre au siège central de la compagnie "Waffle House" (Maison des gaufres), à Norcross, Géorgie, exprimant sa préoccupation au sujet d'un cas de discrimination raciale qui aurait eu lieu dans un restaurant de Tullahoma, Tennessee. Après avoir étudié l'affaire, les membres de la commission avaient exprimé leur "condamnation de toute violation des droits humains fondamentaux" et appelé tous les membres d'Eglises Méthodistes à refuser d'entrer dans tous les restaurants Waffle House jusqu'à ce qu'ils aient reçu l'assurance que tous les clients y étaient traités avec la même dignité et le même respect".

L'incident s'était produit après que quatre hommes Afro-Américains se soient rendus, à deux reprises, dans l'établissement de Tullahoma où, selon leurs dires, on a refusé de les servir. Lors d'une troisième tentative d'entrer dans le restaurant, l'un des hommes a filmé en vidéo un employé leur disant que l'établissement était fermé pour des travaux d'entretien, alors qu'on pouvait voir d'autres clients qui y prenaient leur repas. Par la suite, les quatre hommes ont déposé une plainte pour discrimination contre Waffle House, demandant une indemnité de US$ 230 millions.

Une délégation de Waffle House a rencontré le comité exécutif de la commission pendant sa session du mois d'avril. Les représentants de la compagnie prirent position sur le fait que plus d'une année s'était écoulée depuis que la commission avait envoyé sa lettre.

"Nous ne vous avons pas répondu parce que nous ne répondons à personne", a dit Ann Parker, vice-présidente de Waffle House et psychologue d'entreprise. "Notre directeur général est un homme très discret, et nous ne cherchons pas le contact hors de notre milieu". Pourtant, ajouta-t-elle, "nous savons prendre l'initiative. Nous avons une bonne compagnie et nous sommes partisans de la diversité".

La commission avait demandé à Waffle House de lui fournir des informations et des statistiques sur les franchises en mains de membres de minorités, en particulier des Afro-Américains, ainsi que sur le personnel et les emplacements de ces établissements.

La commission a ainsi appris que le restaurant de Tullahoma fonctionne sous le régime de la franchise et tous les établissements de la chaîne, appartenant à celle-ci ou sous franchise, sont sujets aux mêmes règles. Les représentants de la compagnie ont affirmé devant la commission que les gens de Waffle House à Tullahoma ont été sommés de rendre compte de leurs agissements.

La délégation a indiqué que bien que l'affaire soit toujours en attente de jugement, le siège central de la compagnie a été libéré de toute poursuite.

Au terme de la rencontre, les membres de la commission ont rédigé une lettre à l'attention de Waffle House, exprimant leur appréciation pour cet entretien personnel avec des dirigeants de la société. Ils se sont déclarés encouragés par les rapports reçus quant aux démarches entreprises par la compagnie pour donner suite à leur intervention. Ils ont également été encouragés par les rapports sur les efforts déployés par Waffle House pour mettre en place des mécanismes permettant d'éviter la répétition d'un tel cas.

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On trouvera ci-après le texte complet de la résolution sur le Proche Orient.


Appel à l'action de la commission sur la coopération et l'union pan-méthodiste
12 avril 2002


Nous, les membres de la commission sur la coopération et l'union pan-méthodiste, réunis à Kansas City, Missouri, du 10 au 12 avril 2002, représentants plus de 12 millions de membres de l'Eglise africaine méthodiste épiscopale, l'Eglise africaine méthodiste épiscopale Sion, l'Eglise chrétienne méthodiste épiscopale et l'Eglise évangélique méthodiste, recherchons l'unité plutôt que la division, la coopération plutôt que la compétition, la justice plutôt que l'oppression. Nous unissons nos cœurs dans la prière. Nous poursuivons notre quête des voies de la réconciliation et d'une communauté unie. Notre mission même et notre identité nous poussent à prendre la parole contre l'escalade du conflit entre nos frères et sœurs en Terre Sainte.

Nous recevons chaque jour des rapports sur la violence incessante et sur des morts en Terre Sainte. Le conflit se poursuit et s'envenime depuis plus de cinquante ans. En 1990, le Conseil de sécurité des Nations Unies a prescrit des mesures pour garantir la sécurité et la protection de la population palestinienne soumise à l'occupation israélienne. Il a également enjoint à Israël de reconnaître et d'appliquer les dispositions de la Quatrième Convention de Genève dans l'ensemble des territoires occupés par Israël depuis 1967. Bien que dans l'intervalle, certains progrès aient été accomplis de temps à autre, la récente escalade des tactiques de terreur et de mort nous oblige à clamer cette requête et cet appel.

Ayant pris conscience de ce que ni les Palestiniens, ni les Israéliens n'ont d'issue, nous appelons les dirigeants d'Israël et de l'Autorité palestinienne de guider leurs peuples vers la fin de la violence et de la destruction. Nous appelons la communauté internationale à appuyer des efforts diplomatiques menant à la justice pour tous et offrant une garantie de survie et de sécurité, en particulier pour les enfants. Nous demandons à ces gens qui se sentent marginalisés, de chercher réparation au travers de canaux internationaux, plutôt que par la destruction et la terreur.

Nous demandons au Président et au Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, au Secrétaire général des Nations unies et à d'autres dirigeants impliqués de s'atteler à atteindre les buts cruciaux suivants:

Un appel international au Premier ministre Ariel Sharon, à mettre fin à l'action militaire, aux bouclages et aux couvre-feux et de faire cesser le développement des colonies dans tous les territoires occupés

Un appel international au Président Yasser Arafat pour qu'il exige que soit mis fin à la violence

Une fin complète de l'occupation et le retour à l'ordre et à la stabilité, sur la base de la résolution 1402 du Conseil de sécurité de l'ONU, laquelle exige un cessez-le-feu, le retrait d'Israël des zones occupées et des négociations pacifiques

Un examen très attentif de la proposition de la Ligue arabe, offrant des relations normales avec Israël en échange d'un Etat palestinien dans les frontières d'avant 1967

Le partage de Jérusalem, sous un contrôle international garantissant et protégeant l'égalité et les droits d'accès, d'exercice du culte et d'activités des trois religions - Islam, Judaïsme et Christianisme

L'admission du fait que cette crise n'a pas de solution militaire - uniquement une solution fondée sur la justice

La création formelle d'un Etat palestinien viable, ainsi que les mesures nécessaires pour la reconnaissance d'Israël par toutes les nations arabes, y compris par les Palestiniens

Un effort international considérable dans le domaine des droits humains, afin de faire face aux menaces des forces extrémistes antisémites et anti-islamiques produites par ce conflit.

Nous appelons les membres de nos Eglises à prier avec ferveur pour la fin du conflit, de la violence et des pertes de vies humaines, des deux côtés de ce conflit et pour une solution pacifique prochaine.

Commission pour la coopération et l'unité pan-méthodiste

Signé: Evêque Charles Helton, président
16 avril 2002 *************************************


Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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