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EEMNI - 10.09.2001   Retour à l'aperçu

Le comité oecuménique présent à la Conférence de l'ONU sur le racisme lance un appel pressant à agir

[Credits] Les représentants de plusieurs Eglises et organisations religieuses ont publié leur propre déclaration en marge de la Conférence de l'ONU sur le racisme à Durban, Afrique du Sud.

En s'appelant le Comité Oecuménique de la Conférence, le groupe, où se retrouvent les représentants de quatre agences évangéliques méthodistes et d'autres organisations Protestantes et Catholiques, a commencé sa déclaration en ces mots: "le racisme est un péché." Il déshumanise, disqualifie, marginalise et appauvrit les êtres humains, écrit le comité.

L'Archevêque anglican Desmond Tutu, accompagné par d'autres membres du Comité Oecuménique, a présenté la déclaration le 5 septembre à Durban. Liberato "Levi Bautista", le directeur du Bureau de Nations unies de la Commission Eglise et Société de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM), a présidé le comité qui a rédigé la déclaration. L'évêque Mvume Dandala, de l'Église Méthodiste d'Afrique du Sud, était parmi les personnalités présentes à la conférence de presse avec Tutu. Dandala mène la délégation du Conseil Oecuménique des Églises à la Conférence.

Le Comité Oecuménique inclut des représentants du Conseil Oecuménique des Églises (COE), de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) (la Commission Église et Société, la Commission pour la Mission et la diaconie, la Commission chargée de la Religion et de la Race, la Commission chargée de l'unité chrétienne et du dialogue interreligieux), de l'Église Unie du Christ/Disciples de Christ, de la Fédération Luthérienne Mondiale, du "Church World Service and Witness/National Council of the Churches of Christ in the USA", du "Diakonia Council of Churches" (Durban), de l'Eglise d'Angleterre, des Soeurs de la Miséricorde, du Conseil Canadien des Eglises, de l'Eglise Presbytérienne des Etats Unis, de l'Eglise du Christ en thaïlande, des "Medical Mission Sisters", de l'Eglise Chrétienne Réformée du Canada et de l'Eglise Réformée Unie en Afrique du Sud.

Dans ce document, le comité a abordé les questions controversées de l'esclavage, des réparations et des relations tendues entre Israël et la Palestine. Vu son désaccord sur ces questions, la délégation américaine officielle du gouvernement américain s'est retirée de la Conférence de l’ONU contre le racisme le 3 septembre.

La Conférence Mondiale de l'ONU contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l'Intolérance qui lui est liée, a commencé le 31 août et pris fin le 7 septembre.

Tout en s'exprimant sur les sujets chauds de la Conférence, le Comité Oecuménique s'est aussi exprimé sur les sujets moins côtés, les gitans, par exemple, ou les systèmes de castes, les ouvriers immigrés et la globalisation, les réfugiés et les demandeurs d'asile, les indigènes, les enfants, les jeunes et l'intolérance religieuse.

"Il est temps maintenant de démanteler et de supprimer le racisme," déclare le comité. "Il est urgent pour nous et pour nos églises de reconnaître notre complicité avec le racisme et notre implication dans la perpétuation du racisme, l'esclavage et le colonialisme, sinon nous ne sommes pas crédibles."

Le démantèlement et la suppression du racisme exigent que l'on s'attaque à toutes ses manifestations et à toutes ses expressions historiques, que sont particulièrement l'esclavage et le colonialisme, ajoutait le comité oecuménique.

En conséquence, le comité invite "nos églises et gouvernements" à reconnaître qu'ils ont profité de l'exploitation des indigènes, des africains et des asiatiques ainsi que de leurs descendants par l'esclavage et le colonialisme.

"Nous faisons ensuite appel à nos Eglises, pour qu'elles abordent la question des réparations pour le mal commis comme une façon de le réparer; il s'agit aussi d'affirmer clairement que la traite des esclaves trans-saharienne et transocéanique (Asie, Afrique, Inde) ainsi que toutes les formes d'esclavage constituent des crimes contre l'humanité," écrivait le comité.

Sur la question de la Palestine et d'Israël, le comité en a appelé à "la fin de l'occupation colonialiste israélienne des territoires palestiniennes occupés, à la reconnaissance du droit à l'autodétermination pour les Palestiniens, y compris à leur droit au retour et pour l'établissement d'un état palestinien souverain."

Le comité a demandé que le dialogue soit poursuivi entre Juifs, Musulmans et Chrétiens pour promouvoir la paix, la tolérance et des rapports harmonieux.

Le groupe estime aussi prioritaire "que tous les ouvriers migrants aient droit à de justes conditions de travail, à des salaires convenables et le droit de s'organiser, à l'abri du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et des intolérances qu'elle induit, aussi bien dans les pays d'origine que dans les pays d'accueil.

"Nous pressons les gouvernements de légiférer contre le trafic de femmes et des enfants pour l'exploitation sexuelle et le travail domestique et les conjurons de le stopper,"
affirme enfin le comité.

"La Pauvreté et le fait d'être sans terre favorisent le racisme. il existe une relation entre l'immigration, la pauvreté et le fait d'être sans terre. Il convient d'analyser spécialement cette relation-là sous l'angle de la privatisation et de la globalisation."

Le comité a appelé à reconnaître que le racisme et ses manifestations sont à la racine de la discrimination contre les réfugiés, les immigrés, les demandeurs d'asile, les peuples déplacés, les sans papiers et les personnes déplacées.

Le comité a défié les Eglises et les gouvernements d’en finir avec la discrimination raciale inhérente aux systèmes de castes et demandé aux gouvernements comme aux Nations unies "d'interdire et de mettre un terme à toute discrimination sur la base du travail et des origines."

Les gouvernements doivent prendre des mesures "pour supprimer les discriminations, les persécutions, les stigmatisations et les violences" contre les gens du voyage Roms et Sinti, précise le comité. "L'Assistance publique, y compris le droit au logement, à l'éducation, aux soins médicaux et à l'emploi, aussi bien que la citoyenneté et la participation politique doivent leur être assurés."

Le comité a aussi invité au soutien des indigènes du monde entier. "Rejoignez toutes les instances au monde solidaires des peuples indigènes dans leurs luttes pour l'autodétermination et leurs efforts à construire des communautés paisibles et durables et à sauvegarder leurs connaissances, leurs ressources indigènes, leurs terres et leurs domaines héréditaires, à l'abri de toute discrimination et sur fond de respect, de liberté et d'égalité."

Le Comité Oecuménique veut la liberté religieuse et la liberté religieuse promue comme droits de l'homme. Dans sa déclaration, il a affirmé que n'importe quelle intolérance ou agression dans ce domaine "est une attaque contre la dignité humaine." Il a invité les Eglises à examiner leur complicité dans l'intolérance religieuse dans le passé et le présent et demandé qu'elles respectent la liberté de religion ou de croyance et protègent l'exercice de la religion.

"Nous devons reconnaître l'impact négatif de la religion, - l'utilisation non critique de textes sacrés aboutit à des excès, à l'affirmation de la supériorité d'un groupe sur un autre, sur les femmes en particulier -, et nous devons prendre immédiatement des mesures pour contrer cette violence provenant de tels impacts," écrivait pour finir le comité.

Le comité a aussi demandé que les enfants et les jeunes aient voix au chapitre et participent aux stratégies de lutte contre le racisme; il demande par ailleurs que soit mis en place tout un mécanisme de contrôle pour voir et vérifier si les valeurs et les objectifs de la déclaration de la conférence seront suivis de faits et d'effets. ....

"Comme hommes de foi, nous invitons tous les peuples, toutes les organisations non gouvernementales et tous les gouvernements à s'efforcer le plus sérieusement du monde de rompre les cycles de racisme et d’aider les opprimés à parvenir à l’autodétermination comme à établir des communautés durables, sans violer les droits des autres."

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5 septembre 2001


Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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