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EEMNI - 24.05.2001   Retour à l'aperçu

Interview d'Etienne et de Laurence KONING

[Credits] Etienne et Laurence KONING sont les heureux parents d'une petite Sarah-Line (un an et demi). Etienne termine en ce moment son année probatoire (année de stage) dans l'Église Évangélique Méthodiste (EEM) de Mulhouse, avant de partir faire ses études de théologie (à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine). Ils se sont aimablement prêtés à une petite interview.

Messager Chrétien (MC)
: Bonjour. Pouvez-vous dire à nos lecteurs d'où vous venez?
Laurence :
Née en 1973 à Privas, j'ai suivi mes parents dans leur ministère à Strasbourg (où nous étions paroissiens à Sion), puis à Landersen (dont mes parents ont été responsables pendant 12 ans);
Etienne:
Né en 1974, j'ai partagé mon enfance et mon adolescence entre Guebwiller et Buhl (Haut-Rhin), entre la Ligue pour la Lecture de la Bible et le Rimlishof: mon père a travaillé à la Ligue pendant 35 ans.
MC: Et ensuite?
Laurence:
Je suis montée en 1992 à Strasbourg pour mes études (musicologie, sciences de l'éducation, et formation des musiciens intervenants dans les écoles primaires). J'ai fait partie de l'équipe de responsable des Clubs Bibliques Lycéens (CBL) de la région.
Etienne:
Je suis arrivé à Strasbourg la même année que Laurence, pour la même raison (anglais, puis Institut Universitaire de Formation des Maîtres). C'est aussi là que j'ai fait partie des responsables des CBL. C'est là que nous nous sommes rencontrés.
Laurence et Etienne (LE):
Notre premier engagement commun a donc été le CBL. Il fut rapidement rejoint, dès 1993-94, par un projet qui nous a beaucoup marqué: celui de "Vivre, opéra rock". Initié par Michèle VAYTET, qui a écrit la quasi totalité des textes, ce spectacle musical devait, entre 1994 et 1997, encourager une quarantaine de personnes à s'engager dans une évangélisation, au fil des tournées et des concerts. Un grand souvenir pour tout le monde. Notre engagement s'est aussi traduit par un travail au sein du groupe de jeunes de Sion (avec Isabelle BALZLI, puis avec Paul-Emmanuel et Sandrine MARQUES): cet engagement nous a permis de nous rapprocher et de nous intégrer plus facilement dans la paroisse de Sion, de laquelle nous avons fait vraiment partie de 1997 à 2000. C'est aussi de cette paroisse que nous avons reçu le premier encouragement "officiel" à pousser plus loin notre désir de nous engager dans un ministère à plein temps pour Dieu.
MC: Parlez-nous de votre appel.
LE: Il est d'abord le fruit d'un cheminement personnel de chacun de nous. Longtemps avant de nous connaître, nous avions dit au Seigneur notre volonté de le suivre et de le servir, dans la mission qu'il choisirait pour nous. Sans être tombés à terre, sans avoir vu une "grande lumière" comme Paul, nous avons pu voir à quel point l'appel de Dieu se fait aussi au travers de petits engagements, de discrètes rencontres, d'encouragements divers, de textes de la Parole. Toutes ces choses sont comme des jalons sur notre chemin, qui viennent nous dire de la part du Seigneur: "J'ai entendu ta volonté de me servir, j'ai vu ta volonté d'être disponible". Ainsi, notre appel ressemble plutôt à la prière de Samuel, qui dit: "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute". Le "ton serviteur écoute" s'est souvent traduit par une attente, un apprentissage de patience: pour les études de théologie, cela ne devait pas se faire avant le Bac, ni avant les études d'anglais, ni même avant la formation IUFM. Il a fallu d'abord travailler. Sur le moment, il est parfois difficile d'attendre. Mais quand on se retourne, et qu'on regarde en arrière, on peut aisément arriver à la conclusion que c'est aussi très formateur. Ainsi, nous pouvons dire qu' "attente" n'a pas pour synonyme "passivité", ni "doute", mais plutôt "confiance" et "petits engagements" ; dans ce sens, une phrase nous a marqués:"Si tu te crois trop grand pour accomplir de petites choses, c'est que tu es trop petit pour en accomplir des grandes". En fait, il est très facile de se mettre, quelle que soit sa situation, dans une attente qui n'est qu'une projection sur un hypothétique avenir ou devenir. Nous aimerions toujours plus apprendre à vivre avec cette certitude que, quel que soit notre place, nous "sommes" le sel de la terre. C'est un présent, pas un futur. Voilà ce qu'est pour nous notre appel à ce jour.
MC: Comment vivez-vous cette année probatoire?
LE: Après la recommandation de l'Église de départ (soit pour nous Sion, à Strasbourg), le cursus normal dans l'Église Méthodiste est de passer ensuite une année, dite "année probatoire", dans une autre paroisse de l'union, afin de donner à "l'aspirant-pasteur" une autre confirmation de son appel au ministère pastoral. Cette année fut une mise en situation grandeur nature, avec pour tuteur de stage le pasteur de la paroisse (soit pour moi Bernard LEHMANN), et avec comme passages obligés un encouragement au ministère pastoral qui doit être voté par l'AG de l'Église, un entretien théologique qui concerne la vie de John WESLEY, ses principaux choix théologiques, mais aussi un partage sur deux ou trois points concernant certaines vues et choix doctrinaux du stagiaire, ainsi que la production écrite d'un message effectué en situation pendant l'année.

Tout cela peut paraître, de l'extérieur, assez pesant à vivre, mais nous ne l'avons à aucun moment vécu ainsi. Ce système est très bon, parce qu'il nous a donné les moyens sérieux de recevoir une confirmation d'appel de la part du Seigneur. C'est aussi un privilège que notre union propose un stage "pré-études", que bien d'autres unions nous envient!

De plus, nous nous somme retrouvés dans une paroisse, Tabor, qui connaît une dynamique et un sens de l'accueil exceptionnels. Chaque classe d'âge y est largement représentée, et on s'y sent à l'aise. Ce qui fait aussi qu'on s'y sente bien est sa capacité à évoluer, à se remettre en question, à choisir des options tournées vers l'ouverture, l'accueil, la mission locale de l'Église... Elle sait ne pas se reposer sur ses lauriers, ne pas prendre seulement ses repères dans le passé, mais bel et bien dans la situation présente et future, pour en dégager des besoins spécifiques. Je vais m'arrêter là pour la présentation de Tabor, de peur de faire "gonfler ses chevilles"!
Il reste que nous avons pu profiter au mieux de cette situation très positive pour nous épanouir, progresser et servir.
MC: Que fais-tu, Etienne, dans la paroisse?
Etienne (E): J'ai pu découvrir bien des facettes qui font la richesse du ministère : réunions de prières, visites, études bibliques, prédications, interventions diverses à la maison de retraite Bethesda (prédication, visites, bricolages, etc.), catéchisme, groupe de jeunes (de Tabor, et de l'union - Groupe Travail Jeunesse), groupe de louange, mini-camp à Landersen (au mois de mai)...
Au fil de ces interventions, j'ai pu réinvestir les bagages que j'ai reçus dans mon enfance (amour de la Bible), mon adolescence (Clubs Bibliques Lycéens, animation biblique), ou dans ma formation professionnelle (pédagogie, didactique, etc.)
MC: Comment se passe la collaboration avec la famille LEHMANN?
Etienne: Excellemment bien, d'ailleurs, l'autre vecteur qui a permis que cette année soit très féconde est la présence bienfaisante d'Élisabeth et Bernard LEHMANN, qui portent ensemble, de fort belle manière, le ministère de Bernard. Lors de notre réunion hebdomadaire avec Bernard, faite de partage, de coordination des emplois du temps, de prières, j'ai pu largement découvrir sa profondeur, sa richesse, son énergie, sa solidité spirituelle et théologique. Nous avons appris - tout en arrivant très vite au constat que nous ne fonctionnions pas toujours de la même manière- comment nous compléter, comment aussi apprendre à nous porter mutuellement, à nous apprécier pleinement l'un l'autre pour un service commun, pour ce ministère au sein de l'Église de Tabor.
Nous sommes reconnaissants au Seigneur pour tout ce qu'il nous a donné cette année (et tout ce qu'il veut encore nous y apporter !). Confirmés dans notre appel au ministère, nous brûlons maintenant de nous lancer dans un approfondissement de la Parole de Dieu pour les quatre années à venir. Mes études de théologie ne vont pas commencer l'année prochaine, elles vont juste se poursuivre !
Merci de nous accompagner dans la prière, nous en avons besoin dans ce choix de vie, au service à plein temps du Seigneur.
MC: Avec toute notre affection, Laurence, Sarah-Line et Etienne KONING.

Propos recueillis par Christian BURY


Source: Le Messager Chrétien

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