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EEMNI - 03.12.2001   Retour à l'aperçu

Un évêque écrit chaque année à Martin Luther King Jr

[Credits] Chaque année, l'évêque évangélique méthodiste Woodie W. White écrit une lettre à son ami et collègue, feu le pasteur Martin Luther King Jr., peu avant l'anniversaire de celui-ci, le 15 janvier. White, 66 ans, fut le premier secrétaire exécutif de la Commission religion et race de l'Eglise, où il a servi de 1969 à 1984. Il fut élu évêque en 1984 et dirigea la région de l'Illinois pendant 8 ans, avant d'être nommé à la région de l'Indiana en 1992. Nous reproduisons ci-après la lettre de cette année de White au leader des droits civiques:

Cher Martin,

Quelle année 2001! Depuis votre mort, aucun événement n'a produit un tel impact sur moi que celui du 11 septembre. J'écris cette lettre avec un grand trou dans mon coeur.

Martin, ce jour là, une attaque terroriste comme on n'en avait jamais vue a été lancée contre le Pentagone et le World Trade Center de New York; une attaque visant apparemment Washington échoua, quand un avion s'est écrasé en Pennsylvanie. Au total, plus de 5'000 personnes ont été tuées.

J'étais en train de regarder les informations matinales quand j'ai vu l'un des avions entrer en collision avec l'une des tours du World Trade Center. Rien ne m'avait préparé à une telle vision.

Je suis encore rempli de douleur au sujet de toutes les familles, les amis et les proches de ceux qui sont morts, parmi lesquels des centaines de policiers et de pompiers tués au début de l'action de secours.

Hélas, des milliers de corps, mêlés aux décombres du World Trade Center, ne seront sans doute jamais retrouvés.

L'horreur de tout cela et la réponse des Etats Unis qui s'en est suivie, ont encore accru la souffrance.

Dieu doit pleurer!

Cette tragédie est un rappel dramatique de la profondeur de la haine et de la malveillance dans le monde et dans les esprits et les coeurs de tant de gens.

Martin, je me souviens encore de la forte parabole de ton livre "Where do we go from Here?" (Et maintenant, où allons-nous?). Tu évoquais la trame d'un roman inachevé, trouvée dans les papiers d'un auteur décédé. Le thème: "Une famille profondément déchirée hérite d'une maison dans laquelle tous ses membres doivent cohabiter".

Martin, en bien des lieux et de bien des manières, la famille humaine reste divisée.
Divisée par des siècles de haine et d'hostilité, de préjugés et de sectarisme, de cupidité et d'exploitation. La réalité incontournable est que nous partageons une "maison commune", le globe, une nation, un état, une ville ou une communauté. Nous devons et voulons vivre ensemble.

Aux Etats-Unis, nous continuons à être confrontés au défi de savoir comment une famille si diverse et divisée pourra vivre ensemble. La race et, de plus en plus, la classe sociale sont les barrières divisant la "famille".

Les barrières institutionnelles de la discrimination raciale continuent à tomber. De multiples manières, nous sommes témoins de succès en matière raciale que nous n'aurions pu imaginer il y a trois décennies. Mais les barrières du coeur restent en place. Déplorablement, elles apparaissent avec chaque nouvelle génération. Si tu veux, de nouveaux racistes surgissent. Ainsi, les progrès et les succès sont pollués par un certain degré de rétrogression.

Martin, alors que l'anniversaire de ta naissance est fêté dans tout le pays -- cela constitue en soi un fait digne d'être célébré -- nous prenons conscience, de multiples façons, de ce que nous sommes devenus une Amérique meilleure. Mais malheureusement, les preuves sont nombreuses qui démontrent que dans la société et même dans l'Eglise, le "rêve" n'est pas encore pleinement devenu réalité.

Il n'y a sans doute pas de termes plus appropriés que les tiens pour conclure cette lettre:

"Malgré les tensions et les incertitudes de notre époque, quelque chose de profondément significatif est passe de se produire. D'anciens systèmes d'exploitation et d'oppression sont en voie de disparition; de nouveaux systèmes de justice et d'égalité sont en train de naître. Nous vivons véritablement dans un temps extraordinaire. Je ne suis par conséquent pas encore découragé au sujet du futur. J'admets que l'optimisme facile du passé n'est plus possible. J'admets que nous sommes confrontés à une crise mondiale, qui nous laisse souvent isolés au milieu de la rumeur montante de l'océan agité de la vie. Mais chaque crise a ses dangers et ses opportunités. Elle peut apporter soit le salut, soit la condamnation. Dans un monde sombre, en proie à la confusion, le Royaume de Dieu peut encore régner dans les coeurs des hommes."

Martin, je crois que nous allons vaincre, parce que vraiment, nous sommes en train de gagner!

Bon anniversaire!

Woodie

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21 novembre 2001


Source: Service de presse évangélique méthodiste (UMNS)

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